L’humoriste camerouno-belge de 24 ans Sarah Lélé, qui évolue aujourd’hui sur la scène parisienne, s’est confiée sur ses racines camerounaises et sur les expériences racistes vécues durant son enfance. Des souvenirs qui, selon elle, continuent d’avoir des répercussions sur sa confiance en elle.
Sarah Lélé n’oublie pas d’où elle vient. À 24 ans, l’humoriste camerouno-belge, qui s’est fait une place dans le milieu de l’humour à Paris, reste attachée à ses origines camerounaises. Lors d’une récente interview, elle a notamment présenté l’un des objets qui symbolisent ce lien avec sa terre d’origine : un morceau de ndop.
« Ça c’est ce qu’on appelle le ndop, N-D-O-P », explique-t-elle. Elle précise que, dans sa culture bamiléké et bandjounaise, ce tissu est traditionnellement associé aux élites bamilékés.
Pour l’humoriste, sa valeur dépasse largement son aspect culturel. Ce ndop lui a été rapporté par ses parents, avec l’intention de lui permettre de ne jamais perdre de vue ses origines.
« Ce sont mes parents qui sont allés me le chercher, pour que jamais j’oublie d’où je viens », raconte-t-elle.
Son attachement à la ville de Bandjoun au Cameroun est étroitement lié à son histoire familiale.
« Je viens de Bandjoun, mon père et ma mère viennent de Bandjoun », souligne la jeune femme. Elle dit ainsi vouloir conserver ce tissu auprès d’elle « partout dans ma vie et dans ma carrière ».

Des souvenirs racistes qui restent
La jeune femme s’est ensuite livrée sur une autre partie de son histoire, beaucoup plus douloureuse : les remarques racistes auxquelles elle a été confrontée lorsqu’elle était enfant.
Elle se souvient notamment de paroles entendues en maternelle.
« On me disait beaucoup que j’étais moche parce que j’étais noire », raconte-t-elle.
Des propos qui, selon elle, ne se sont pas simplement effacés avec les années. Sarah Lélé explique qu’ils ont contribué à fragiliser sa confiance en elle et peuvent encore influencer sa manière d’interpréter certaines situations.
Elle prend l’exemple des relations amoureuses. Lorsqu’une personne a grandi en entendant que sa couleur de peau constitue un défaut, un rejet peut facilement être interprété à travers ce prisme.
« Quand tu tombes amoureuse et qu’on te rejette, t’as l’impression que c’est parce que t’es noire et pas parce que, par exemple, ça ne te matche pas », explique-t-elle.
Pour l’humoriste, ces expériences peuvent conduire à rechercher constamment l’approbation des autres, mais aussi à développer un rejet de soi et de sa propre couleur de peau.
« Ça t’emmène à te détester toi-même et détester ta couleur de peau et du coup aussi ceux qui ont cette couleur de peau-là », confie-t-elle.

« L’impact du racisme est énorme »
Lorsqu’on lui demande ce qu’elle aimerait dire aux personnes racistes, Sarah Lélé préfère ne pas leur adresser directement la parole. Son message vise davantage ceux qui assistent à ces situations, particulièrement les plus jeunes.
Elle veut surtout rappeler que certains actes ou certaines paroles peuvent laisser des traces bien plus profondes qu’on ne l’imagine.
« L’impact du racisme est énorme », insiste-t-elle.
Sarah Lélé estime qu’il faut s’intéresser aux racines historiques de ce phénomène. Pour elle, « les racines sont dans notre histoire, dans la colonisation, dans l’esclavage ».
Comprendre cette histoire serait, selon elle, nécessaire pour mieux comprendre les mécanismes du racisme encore présents aujourd’hui.

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Ève-Pérec N. BEHALAL








