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LUTTONS CONTRE LE CANCER DU SEINspot_img

« Si le règlement ne te plaît pas, change d’école », la mise au point du Prof Babi Ahmed

Alors que de nombreux parents s’indignent de voir leurs enfants sanctionnés, refoulés au portail ou privés de cours pour des coiffures jugées « non conformes », le récent drame du Lycée Technique Bilingue de Nsam-Efoulan à Yaoundé a porté la tension à son comble. C’est dans ce climat électrique que Babi Ahmed, enseignant d’espagnol, est sorti du silence. Contacté par la rédaction de Laura Dave Média, il livre un recadrage sans langue de bois.

Sanctions pour cheveux longs, l’analyse de Babi Ahmed

Pour beaucoup de parents d’élèves, l’intransigeance du personnel d’administration scolaire sur la coupe de cheveux est perçue comme une rigidité abusive, voire un obstacle injustifié au droit à l’éducation. Pourquoi priver un garçon de cours ou le laisser sur le trottoir sous le soleil pour quelques centimètres de cheveux en trop ? Face à cette exaspération croissante des familles, Babi Ahmed pose un diagnostic lucide :
« Il n’y a pas de lien direct entre les cheveux courts, les études ou encore l’intelligence. Tout est une question de choix. C’est par souci de conformité ou de conformisme que certains établissements imposent ce règlement pour uniformiser les apprenants ».

Cependant, si l’enseignant reconnaît volontiers que la coiffure n’a aucun impact sur les capacités intellectuelles d’un enfant, il recadre fermement les parents et les élèves sur la notion de contrat et de discipline :
« Le règlement intérieur n’est pas imposé parce que tout est un choix. Si un élève ou un parent décide d’inscrire son enfant dans un établissement, il devra se soumettre au règlement intérieur. Sinon, désister, aller ailleurs, trouver mieux en fonction de ce qui sied le mieux à son éducation, à sa culture, à ses comportements ».

« Si le règlement ne te plaît pas, change d’école », la mise au point du Prof Babi Ahmed

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Quand une fausse rumeur fait basculer un lycée dans le chaos

Cette sortie médiatique intervient dans un climat particulièrement tendu à Yaoundé. Le 21 octobre dernier, le Lycée Technique Bilingue de Nsam-Efoulan a été le théâtre d’actes de vandalisme suite au décès de Junior Feudjo Kitio. L’élève en classe de Première F3, a tragiquement été fauché dans un accident de la circulation.

Persuadés à tort que le jeune homme avait été victime de l’accident juste après avoir été refoulé de l’établissement pour une coiffure non conforme, des centaines d’élèves en colère ont laissé éclater leur fureur. La journée a basculé dans le chaos : destruction de la cantine, saccage des bureaux administratifs, dégradation de la salle informatique et projectiles lancés contre le véhicule de la proviseure et sur les forces de maintien de l’ordre.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

Entre discipline et sécurité, le débat national est relancé

Ce malentendu tragique remet en lumière le fossé grandissant entre l’intransigeance des règlements intérieurs et la perception des apprenants. Si le Ministère des Enseignements Secondaires a rapidement apporté une mise au point officielle pour dissocier la sanction disciplinaire du tragique accident survenu sur la voie publique, l’événement a ravivé le débat sur la rigidité des règles vestimentaires dans les établissements au Cameroun.

Entre la nécessité de maintenir l’ordre au sein des écoles et l’urgence de protéger les élèves contre les dangers de la rue, le monde éducatif se trouve à la croisée des chemins. Le message de Babi Ahmed sonne comme un rappel à la maturité et au sens des responsabilités. L’école n’est pas un terrain d’affrontement entre élèves et administrations. En réaffirmant que le respect des règles est le premier pas vers la citoyenneté, l’enseignant invite la jeunesse à privilégier le dialogue et le bon sens, afin que la quête du savoir ne soit plus jamais entachée par la violence ou la désinformation.

En ramenant le débat à la responsabilité individuelle et au respect des engagements, Babi Ahmed apporte un éclairage indispensable au milieu de la tempête. Une mise au point qui sera sans doute saluée par de nombreux parents et éducateurs, qui rappellent que la discipline reste le socle sur lequel se bâtit l’avenir de la jeunesse.

Eddy Senga

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