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Aïssatou Diallo Samia, de l’hôpital au César, un parcours qui bouscule les limites

Vingt ans dans le milieu hospitalier, puis une consécration inattendue au cinéma : Aïssatou Diallo Samia a emprunté un chemin loin des parcours classiques. Dans un entretien accordé le 17 octobre 2026, la comédienne revient sur cette transition, son rapport à la notoriété, la représentation des femmes noires dans le cinéma français et sa volonté de créer ses propres opportunités.

vingt ans dans le soin avant le grand saut vers le cinéma

Avant le cinéma, Aïssatou Diallo Samia a consacré vingt ans au milieu hospitalier. Une expérience qui a renforcé son sens de l’écoute et du dévouement.
« Je pense que c’est venu fortifier ce prendre soin qui vient à la base de ma maman clairement. […] Prendre soin des autres, être à l’écoute, donc il y avait quand même ce don de soi, quoi qu’on en dise, parce que l’hôpital, j’y passais carrément plus de temps que chez moi en définitive. »

Ce métier lui a aussi appris l’humilité face à la fragilité humaine. Pendant la deuxième vague du Covid-19, alors qu’elle continue de travailler à l’hôpital, l’envie de changer de voie se fait sentir.
« On est à la deuxième vague du Covid, donc moi, je ne suis pas restée chez moi, j’étais à l’hôpital. […] Envie de changer, envie de faire autre chose. Je commençais un peu à prospecter, à regarder. »

Des collègues lui parlent alors d’un casting recherchant du personnel soignant expérimenté aux urgences. Sans ambition particulière de devenir comédienne, elle finit par envoyer une photo.
« Je me suis dit : “Bah, tu sais quoi, vas-y. Tu n’as rien à perdre, tu es là, tu ne fais rien, vas-y.” »

Aïssatou Diallo Samia, de l’hôpital au César, un parcours qui bouscule les limites

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Un « César » inattendu, une consécration qui change surtout son regard sur elle-même

Venue initialement témoigner de son expérience aux urgences, Aïssatou Diallo Samia découvre le plaisir de jouer. Pour la première fois, elle se laisse porter sans trop réfléchir.
« Pour la première fois de ma vie, je n’avais pas peur. […] C’est comme s’il y avait deux petites mains dans mon dos qui me poussaient en mode : “T’inquiète, vas-y.” »
Cette expérience la conduit jusqu’au César. Lors de la cérémonie, sa joie se mêle à la pensée de ses proches qui suivent l’événement à distance.
« Franchement, un gros kiff, un gros kiff, un extrême… un extrême bonheur, une fierté. […] Je savais qu’il y avait toute la famille, mes amis, mes gens devant leur télé. »

Mais les félicitations ne sont pas ce qui la touche le plus.
« J’étais même plus touchée quand les gens venaient me dire “merci” que quand on me disait “bravo”. »
Pour elle, son parcours peut montrer à d’autres qu’il est possible d’accéder à des univers auxquels ils ne s’imaginaient pas appartenir.

Aïssatou Diallo Samia face à la notoriété : rester soi-même dans un milieu volatile

Malgré son César, la comédienne affirme être restée la même.
« Moi, je suis la même, je ne change pas en fait. Je suis la même du début à la fin. J’en parle rarement la première parce que, bah, j’y pense pas tout le temps. »
La récompense n’a pas bouleversé sa situation matérielle. Elle reconnaît cependant que cette distinction peut faciliter certaines démarches professionnelles.
« Maintenant que je me suis lancée un peu dans l’écriture, j’ai bien compris quand même, quand tu reçois un mail et que tu mets à côté “comédienne césarisée”, tu as plus de chances, pas forcément qu’on te réponde, mais que ton mail soit lu. »

Consciente de la fragilité de la notoriété, elle refuse de se fabriquer un personnage pour rester visible.
« Il faut faire attention à ce que ça ne redescende pas et que tu finisses pas aux oubliettes, parce que c’est très, très volatile. […] Mais tout en restant la même et alignée, en fait. »
Elle revendique aussi une responsabilité envers ses enfants et ceux que son parcours peut inspirer.

Vingt ans dans le milieu hospitalier, puis une consécration inattendue au cinéma : Aïssatou Diallo Samia a emprunté un

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

Femme noire dans le cinéma français, Aïssatou Diallo Samia choisit de créer ses propres portes

Un César ne garantit pas une succession de rôles. Aïssatou Diallo Samia s’est interrogée sur la place accordée aux actrices noires dans le cinéma français et sur les possibilités réellement ouvertes par sa récompense.
« Pendant quand même quelques années, j’avais un peu ce discours-là, en mode : “Oui, bah, tu vois, on m’a offert un César, mais au final, c’est un peu hypocrite parce qu’il n’y a pas forcément des rôles derrière.” »

Elle choisit finalement de ne plus attendre que les opportunités viennent à elle. L’écriture, qu’elle pratiquait déjà à l’adolescence, retrouve sa place.
« Je ne vais pas attendre qu’on propose des opportunités, je vais les créer. Et je pense que c’est comme ça que l’écriture est revenue dans ma vie. »

Désormais, elle veut explorer plusieurs disciplines sans se limiter au métier de comédienne.
« J’ai envie de tout faire, pardon, j’ai envie de tout faire ! J’ai envie d’essayer plein de trucs. J’ai envie de faire du casting, j’ai aucun problème avec ça, j’ai envie de coacher. Là, j’écris, enfin, je viens de terminer un bouquin, je suis en train de développer un long métrage, j’ai envie de faire du doublage. […] Nos limites, en fait, pourquoi on devrait se limiter à une seule chose ? »

Son César devient ainsi un levier pour créer ses propres possibilités plutôt qu’une récompense dont elle attendrait les retombées.

De comédienne césarisée à créatrice, une nouvelle liberté à conquérir

Diallo veut avancer sur plusieurs fronts : écriture, développement de projets cinématographiques, casting, coaching et doublage. Elle refuse de laisser l’attente de nouveaux rôles freiner ses ambitions.
« Tu décides de subir et d’attendre, de te mettre dans une position où tu attends. […] Ou soit tu te dis : “Bah, OK, j’attends les rôles, certes, mais à côté je fais d’autres trucs et ça m’apporte un équilibre.” Et franchement, je kiffe. »

Dans cet entretien accordé à Papot TV, Aïssatou Diallo Samia raconte un parcours qui l’a menée du soin au cinéma sans effacer ce qu’elle était auparavant. Son César demeure une fierté, mais aussi un point d’appui pour explorer d’autres voies et contribuer à élargir les possibilités offertes aux femmes qui souhaitent, elles aussi, sortir des cases.

Si cet article vous a interessé, n’hésitez pas à lire celui ici👇👇👇

Muriel yanga

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