Alors que de nombreux créateurs misent désormais sur les plateformes numériques pour diffuser leurs œuvres, Simon William Kum estime que cette stratégie ne suffit pas à garantir la survie du cinéma indépendant au Cameroun. Dans une publication partagée le 25 juin 2026 sur Facebook, le producteur, réalisateur et acteur camerounais a livré une analyse sans détour des défis économiques auxquels sont confrontés les professionnels du secteur. Pour lui, l’avenir de l’audiovisuel national passe avant tout par la structuration d’un véritable marché local capable de soutenir durablement la création.
YouTube, une vitrine plus qu’un modèle économique
Pour Simon William Kum, YouTube constitue aujourd’hui un excellent outil de visibilité pour les créateurs de contenus et les producteurs de films. Cependant, il considère que la plateforme ne permet pas encore aux producteurs camerounais de rentabiliser efficacement leurs investissements. « YouTube peut être un outil de visibilité, de promotion et de diffusion. Mais il ne peut pas, à lui seul, sauver la production indépendante camerounaise ». Une position qui va à contre-courant de l’idée selon laquelle le numérique pourrait résoudre à lui seul les difficultés de l’industrie audiovisuelle locale.

📺𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Le défi de la rentabilité des longs-métrages
Le réalisateur s’interroge notamment sur la capacité des productions camerounaises à générer des revenus significatifs grâce aux seules diffusions en ligne. Selon lui, les coûts de production restent élevés tandis que les recettes générées par les vues locales demeurent limitées. « Je mets quiconque au défi de citer une production indépendante camerounaise ayant généré plus de 10 000 euros de revenus YouTube grâce à un long-métrage ». À ses yeux, produire un film de qualité nécessite aujourd’hui des investissements importants que les revenus numériques peinent à couvrir.
Des séries coûteuses à produire
Simon William Kum élargit également sa réflexion aux séries télévisées. Il estime qu’une série respectant les standards professionnels exige des moyens financiers considérables, souvent incompatibles avec les revenus issus exclusivement de YouTube. Pour le cinéaste, la question n’est donc pas seulement celle de la diffusion, mais aussi celle du financement et de la valorisation des œuvres.

La faiblesse du marché publicitaire local
L’un des principaux obstacles identifiés par le producteur concerne la faible monétisation des audiences africaines sur les plateformes numériques. Même lorsqu’un contenu enregistre un nombre important de vues, les revenus générés restent souvent insuffisants pour couvrir les coûts de production. Une réalité qui pousse de nombreux créateurs à multiplier les sources de financement ou à revoir leurs ambitions à la baisse.
Plaidoyer pour un écosystème audiovisuel plus solide
Face à cette situation, Simon William Kum appelle à une mobilisation plus large des différents acteurs du secteur. Selon lui, les chaînes de télévision nationales, les plateformes de diffusion locales, les annonceurs et les pouvoirs publics doivent jouer un rôle plus important dans le développement de l’industrie. « La véritable solution passe par la structuration d’un marché local fort ». Pour le producteur, la pérennité du cinéma camerounais dépendra de la capacité du pays à créer un environnement économique favorable à la création.
Le risque d’une disparition progressive des productions indépendantes
Au-delà du débat sur YouTube, Simon William Kum exprime surtout son inquiétude pour l’avenir des producteurs indépendants. Il redoute qu’en l’absence de mécanismes de soutien efficaces, de nombreuses initiatives disparaissent progressivement faute de rentabilité. « Sans cela, nous risquons d’assister progressivement à la disparition de nombreuses productions indépendantes au Cameroun ».

Valoriser les œuvres d’abord au Cameroun
Le réalisateur conclut son analyse en appelant à une plus grande consommation des productions locales. Selon lui, les films et les séries camerounaises doivent d’abord trouver leur public sur le marché national avant d’espérer conquérir l’international. « Nos films et nos séries méritent d’être diffusés, consommés et valorisés chez nous avant de conquérir le reste du monde ». Un message qui relance le débat sur les modèles économiques capables d’assurer l’avenir du cinéma camerounais.
Simon William Kum avec cette réflexion, met en lumière les défis structurels auxquels reste confrontée l’industrie audiovisuelle camerounaise. Pour le cinéaste, le numérique représente une opportunité, mais il ne remplacera jamais un véritable écosystème local capable de financer, diffuser et valoriser durablement les productions nationales.

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Benjamin NOAH








