Contactée par la rédaction de Laura Dave Media ce 24 juin 2026, la commissaire d’exposition Raïssa Njoya présente « L’Autre Crie » comme une démarche artistique et citoyenne consacrée aux violences qui traversent la société camerounaise. À travers des photographies, des vidéos d’art et des installations, l’exposition ambitionne de susciter une prise de conscience collective et d’ouvrir le débat sur un phénomène jugé préoccupant. Fruit de plusieurs mois de recherche et d’observation, le projet entend également encourager chaque citoyen à devenir acteur du changement.
Trois interrogations au cœur du projet
L’exposition s’articule autour d’une problématique centrale : comprendre les mécanismes de la violence sociale afin de mieux y répondre. « L’Autre Crie est bâti autour de la thématique de la violence sociale au Cameroun avec trois interrogations : d’où vient la violence ? Que faire face à la violence sociale ? Et comment enrayer ce phénomène de violence sociale ? » Selon Raïssa Njoya, cette réflexion ne découle pas d’une expérience personnelle, mais d’un travail de recherche approfondi mené sur plusieurs mois. Les réflexions autour de la condition féminine ont notamment permis de mettre en lumière certaines réalités sociales préoccupantes.


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Des constats nourris par des réalités sociales alarmantes
L’équipe du projet explique avoir été marquée par la recrudescence de faits de société liés aux violences. « La femme fait face véritablement à des enjeux de violence sociale », souligne Raïssa Njoya, évoquant également « les cas qui allaient croissants de féminicides et d’infanticides ». Ces observations ont renforcé la pertinence du thème et nourri l’approche artistique développée dans l’exposition.

Des œuvres entre mémoire et performance
Le public découvre un ensemble de neuf œuvres mêlant photographies, vidéos d’art et installations. « On a offert un catalogue de neuf œuvres qui comprenait aussi bien des photographies que des vidéos d’art et des installations. » Parmi elles, les vidéos d’art occupent une place centrale dans la démarche artistique. « L’œuvre la plus symbolique ou l’emblématique, ce sont les vidéos d’art parce que c’est la mémoire la plus vivante et la plus vibrante des performances qui se sont déroulées sur les marchés. »
Ces performances ont été réalisées dans plusieurs espaces publics de Douala.
« C’est-à-dire marchés de Kulunoung, au niveau du rail du marché de Ndokoti également jusqu’à Ono et enfin au rond-point Deïdo. » À travers ces interventions, l’équipe artistique a souhaité ancrer sa réflexion dans le quotidien des populations et conserver la mémoire de ces actions de terrain.
Une démarche appelée à se prolonger
Pour Raïssa Njoya, « L’Autre Crie » s’inscrit dans une dynamique artistique appelée à se poursuivre au-delà de l’exposition. « Les projets qu’on envisage, c’est toujours continuer sur cette lancée. » Active dans la curation et l’édition d’art, la commissaire souhaite également élargir ses activités.
« Jusqu’à présent, on est dans la curation, dans l’édition d’art. »

Elle évoque également la volonté de proposer de nouvelles expériences au public. « On évolue également sur les souvenirs que les gens peuvent emporter. »
Parmi les perspectives annoncées figure la préparation de la prochaine saison culturelle. « On va préparer la rentrée artistique de 2027 et continuer aussi à proposer des sujets de société, des débats, des conversations. »
Enfin, cette démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur le développement du secteur artistique. « Alimenter aussi toute la réflexion autour du marché de l’art. » À travers « L’Autre Crie », Raïssa Njoya entend faire de l’art un espace de dialogue, de sensibilisation et d’engagement citoyen, au-delà du cadre strict de l’exposition.

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Muriel Yanga








