AccueilCulture« Un spectacle ne s'improvise pas », le cri du cœur de...
CLIQUEZ ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img

« Un spectacle ne s’improvise pas », le cri du cœur de Jabar pour sauver les promoteurs de la faillite

Organisé les 28, 29 et 30 septembre 2026, l’atelier de formation consacré au montage, à la production et à la monétisation du spectacle musical s’est achevé sur une prise de conscience majeure. À l’origine de cette initiative, Richard Eboa, plus connu sous le pseudonyme de Jabar, dresse un constat sans concession face à la précarité des organisateurs.


Arrêter de faire des concerts, commencer à créer des spectacles, selon Jabar

Pour Jabar, le nœud du problème réside dans une confusion fondamentale entre deux concepts trop souvent confondus dans le paysage culturel local.
« On fait très peu de spectacles chez nous, on fait beaucoup plus de concerts qui sont pour moi une exécution simple des chansons qu’on fait l’une après l’autre. Mais un spectacle, c’est beaucoup plus que ça : c’est un univers qu’on crée, c’est une émotion qu’on vend, c’est une expérience que les gens sont censés venir vivre ».

« Un spectacle ne s'improvise pas », le cri du cœur de Jabar pour sauver les promoteurs de la faillite »

Pour lui, la majorité des événements échouent à offrir une certaine dimension supérieure parce que les organisateurs n’écrivent pas les spectacles. Ce manque de préparation amont est également souligné par les participants, à l’instar d’Ena la Gloire, journaliste et entrepreneure sociale, qui résume la règle d’or désormais assimilée :
« Un spectacle, ça se pense, ça s’écrit, ça se répète ».

Pour ne rien rater sur l’actualité people, abonnez-vous à notre chaîne WhatsApp.

L’ingénierie financière, sortir du piège de la passion ruineuse

L’un des messages les plus percutants de Jabar touche à la santé économique des promoteurs. Trop d’acteurs de l’événementiel agissent sous le seul prisme de l’enthousiasme artistique, au détriment du réalisme financier. Il décrit ce piège récurrent en des termes saisissant de vérité.
« Beaucoup d’entrepreneurs culturels sont plus des passionnés que des businessmen… Vous allez voir un gars qui va s’investir avec toute la passion, s’endetter même sur un projet de 20 millions de francs CFA. Le spectacle est une réussite artistique, mais lui-même le lendemain n’a pas 10 000 francs ».

Pour enrayer cette spirale d’endettement, il propose une feuille de route structurée autour de quatre piliers méthodologiques indispensables pour se poser les bonnes questions :
L’ancrage administratif, définir la structure légale porteuse du projet; la conception artistique, clarifier la promesse et ce que l’on souhaite vendre au public; La logistique et la technique, associer les bons partenaires pour garantir le confort d’accueil et la qualité d’écoute; L’ingénierie financière, modéliser la rentabilité en se demandant explicitement : « Qu’est-ce que j’ai sécurisé ? Qu’est-ce que je suis sûr de gagner ? ».

À l'origine de cette initiative, Richard Eboa, plus connu sous le pseudonyme de Jabar, dresse un constat sans concession face à la précarité des organisateurs.

Vers une véritable industrialisation de la musique

L’ambition de Jabar lors de cette session est de rassembler l’ensemble des corps de métiers qui concourent à la réussite d’un événement. Une démarche de professionnalisation qui répond à un besoin pressant, particulièrement dans le secteur du gospel. Venue chercher des outils pragmatiques pour élever les standards locaux face aux méga-productions internationales, Ena la Gloire témoigne :
« Je suis venue ici pour apprendre comment organiser les événements culturels. Pendant longtemps dans le monde du gospel où j’évolue… en termes de concerts et de spectacles, c’est pas toujours trop ça Après l’événement proprement dit, il y a un feedback qu’il faut aussi en tenir compte et garder dans les archives ».

Cette transmission s’appuie sur la solide trajectoire de Richard Eboa (Jabar), qui est bassiste, arrangeur et chef d’orchestre (notamment lors du concert de l’artiste Ben Decca à l’Olympia de Paris). Également directeur artistique (festival Douala Fiesta), coordonnateur du festival Makossa et consultant, il a récemment co-rédigé la conclusion d’un ouvrage collectif du Conseil Camerounais de la Musique intitulé “Introduction à l’industrialisation de la musique au Cameroun”.

Alors que le milieu culturel s’interroge sur les critères d’attribution des Canal 2’Or, Richard Eboa Jabar, préfère saluer la montée en puissance de jeunes talents camerounais. Le talent brut est bien présent, mais il ne pourra s’épanouir durablement que si les structures de production sont solides, rentables et méthodiques.

Si cet article vous a interessé n’hesitez Pas a cliquer ici

Eddy Senga

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nous recrutons
Notre Newsletter

Les plus Populaires

Téléchargez Notre Application

Commentaires recents

CLIQUER ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img