La décision de l’Église Mission Faiseur de Disciples (MFD) de retirer Axel Lévi et son épouse Laurine Lévi de leurs fonctions ministérielles a provoqué de nombreuses réactions. Dans un communiqué, l’Église évoque des « faits très graves ». Axel Lévi a ensuite pris la parole dans une lettre publique, reconnaissant notamment avoir eu des relations sexuelles consenties avec certaines femmes de l’Église et avec des femmes extérieures, qu’il qualifie de « péché d’adultère ».
Alors que l’affaire suscite de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités telles que : Ks-Bloom , Emmanuelle Keita, Joshua DDy, Patrick Yoro appellent à regarder la situation sous différents angles.

Joshua DDY : « la souffrance ne doit pas devenir un spectacle »
Le pasteur et artiste Joshua DDY choisit la prière plutôt que le jugement public. Dans un message adressé à Axel Lévi, il affirme vouloir se tenir aux côtés de son frère dans cette période difficile.
« Mon expérience personnelle m’a appris que la souffrance de quelqu’un ne doit jamais devenir le spectacle de ma curiosité, et que l’amour du Christ, c’est décider de prier lorsque certains ont choisi de juger. »
Il adresse également ses prières à Axel Lévi, à son épouse et à l’ensemble de la communauté MFD.
« Que le Seigneur vous fortifie, vous garde, vous relève, et que Sa grâce parle plus fort que tout le bruit autour de vous. »

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KS Bloom : condamner l’acte sans condamner la personne
L’artiste KS Bloom adopte une position similaire, tout en affirmant clairement désapprouver les actes reconnus par Axel Lévi.
« Je condamne ton acte en tant que chrétien. C’est un péché, je ne peux pas soutenir ça. Mais je ne condamne pas ta personne. »
Pour lui, une faute ne devrait pas conduire à réduire une personne à ses actes.
« Le fait de poser une mauvaise action ne veut pas dire que tu es une mauvaise personne. »
L’artiste appelle également les fidèles à ne pas confondre leurs guides spirituels avec Dieu lui-même. Selon lui, la chute d’un serviteur de Dieu ne devrait pas entraîner l’abandon de la foi.
« C’est le pasteur, c’est le lévite qui a péché. Ce n’est pas Jésus qui a péché. Jésus reste le même hier, aujourd’hui, éternellement. »
KS Bloom invite enfin la communauté MFD à ne pas oublier l’impact qu’Axel Lévi a pu avoir dans certaines vies, tout en reconnaissant la gravité de la situation.

Patrick Yoro : penser aux victimes, mais aussi à la restauration
Dans une longue adresse publiée à l’attention d’Axel Lévi, l’enseignant de la Parole Patrick Yoro commence par se tourner vers les personnes directement touchées par cette affaire.
« Je vais premièrement m’adresser aux brebis blessées et aux familles brisées par cette affaire. J’imagine le choc, le dégât que seul le Saint-Esprit peut aider à réparer et nous prions sincèrement pour cela avec crainte et tremblement. »
Il plaide ensuite pour le pardon et la prière, tout en rappelant que les serviteurs de Dieu restent des êtres humains.
« Nous ne sommes que des humains, nous sommes des âmes du Seigneur ayant aussi nos défis à relever par la grâce et la miséricorde divine. »
Patrick Yoro affirme par ailleurs connaître Axel Lévi depuis plusieurs années. Il raconte avoir échangé avec lui, alors jeune prédicateur, au sujet de « luttes secrètes » qu’il cherchait déjà, selon son témoignage, à surmonter.
Pour lui, cette période doit désormais être celle de la reconstruction et d’un accompagnement plus rigoureux.
« Cet authentique appelé de Christ mérite maintenant un meilleur encadrement de ceux qu’il estime être ses pères et mentors. »
Et de conclure directement à son adresse :
« Cher AXEL, je t’écris ces mots en public pour te dire que je t’aime et je crois à l’authenticité de ton appel. Prends le temps qu’il faut, tire des grandes leçons, reconstruis-toi dans le silence avec ta petite famille et reviens-nous plus aiguisé. »

Emmanuelle Keita : « on les met sur un piédestal »
L’entrepreneure Emmanuelle Keita élargit le débat à la place accordée aux hommes de Dieu dans la vie des fidèles.
Selon elle, le problème ne réside pas uniquement dans la faute d’un serviteur, mais aussi dans la tendance de certains fidèles à les considérer comme des figures irréprochables.
« Il y a beaucoup qui n’arrivent pas à faire la différence entre un homme de Dieu, donc un serviteur de Dieu, et Dieu lui-même. »
Elle rappelle que les guides spirituels restent des êtres humains, susceptibles de faillir.
« Il faut que vous compreniez que ce sont des hommes. Ils vont vous décevoir. Ils feront des choses qui ne vous plairont pas. Mais en aucun cas, ça doit remettre en question votre foi. »
Emmanuelle Keita témoigne également de l’impact personnel que les enseignements de son propre guide spirituel ont eu sur sa vie. Pour elle, une défaillance humaine ne devrait donc pas automatiquement conduire à remettre en cause la foi elle-même.
L’entrepreneure soulève enfin une autre question, celle de la place de l’épouse dans cette affaire, après les demandes de pardon qui ont circulé publiquement.

Axel Lévi reconnaît ses fautes et demande pardon
Au milieu de ces différentes réactions, Axel Lévi a lui-même pris la parole. Dans une lettre rendue publique après sa suspension, le pasteur reconnaît des « fautes graves », notamment ce qu’il appelle le « péché d’adultère ».
« Je sais que mes actes ont eu des conséquences. Je ne cherche pas à les fuir. Je les assume devant Dieu, devant ma famille et devant toutes les personnes qui m’ont fait confiance. »
Il reconnaît avoir eu des relations sexuelles consenties avec certaines femmes de l’Église ainsi qu’avec des femmes extérieures à celle-ci. Il précise, dans sa lettre, qu’il n’a jamais agressé, violé ou exercé de pression sur les personnes concernées.
Axel Lévi demande également pardon aux personnes qu’il estime avoir blessées, déçues ou scandalisées.
« Je vous demande simplement de nous pardonner. Et si vous le pouvez, je vous demande aussi de prier pour nous. »
Dans cette même déclaration, il affirme que les membres et responsables de la MFD ne sont pas responsables de ses choix personnels et met également hors de cause, selon ses propres termes, le prophète Jonathan Gambela. Il annonce par ailleurs envisager des démarches juridiques contre certains contenus diffusés sur les réseaux sociaux, qu’il considère notamment comme relevant de la diffamation, de faux témoignages ou du cyberharcèlement.




Entre responsabilité, pardon et protection des victimes
Au-delà de la polémique, les réactions recueillies font apparaître plusieurs préoccupations : comment condamner des actes sans réduire une personne à sa faute ? Comment accompagner ceux qui ont été blessés ? Et quelle place accorder au pardon lorsqu’un responsable religieux reconnaît lui-même avoir failli ?
Une autre question demeure également : comment les communautés religieuses peuvent-elles mieux encadrer leurs responsables tout en évitant de les placer sur un piédestal ?

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Muriel Yanga








