Les blessures émotionnelles peuvent influencer la manière dont une personne perçoit les autres, réagit aux situations et construit ses relations. Lors d’une interview accordée le 28 septembre 2026, Jean-François Yuman, coach et consultant, s’est ouvert sur son parcours, notamment sur une épreuve personnelle qui l’a conduit à s’intéresser aux blessures intérieures et à leur impact sur la vie quotidienne.
Une épreuve personnelle à l’origine de son cheminement
Derrière son intérêt pour les blessures émotionnelles se trouve également une histoire personnelle. Jean-François Yuman raconte comment la perte de son frère l’a confronté à une blessure qu’il ne soupçonnait pas jusque-là. son témoignage revient notamment sur la découverte de la blessure de l’abandon et sur les recherches personnelles qui ont suivi cette prise de conscience.
« Je découvre vraiment pour la toute première fois cette réalité-là et je commence à m’intéresser au sujet, à boire le sujet, à manger le sujet et à faire mon auto-coaching. Je fais vraiment mon auto-coaching. Donc je cherche déjà à comprendre c’est quoi la blessure de l’abandon, c’est quoi ses caractéristiques, comment ça se manifeste, quels sont ses relents dans la vie de tous les jours et je comprends tellement de choses que je vivais dans cette traversée-là. »
Cette expérience devient progressivement un point de départ pour mieux comprendre ses propres mécanismes. Il explique avoir cherché des réponses à travers la formation et l’accompagnement, tout en poursuivant son travail personnel.
« J’ai trouvé des réponses à mes questions et ce travail de guérison se met en place progressivement. Puis je me pose cette question : si moi, en tant que coach, j’ai pu être frappé de plein fouet par une blessure aussi profonde que celle-là…les autres ne pourront etre epargnés »
Pour Jean-François Yuman, cette expérience lui fait également comprendre que le fait de disposer d’outils ou d’une expertise ne dispense pas nécessairement d’un travail personnel.

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« Ce n’est pas ce qui nous arrive, c’est ce que nous en faisons »
À partir de son expérience, Jean-François Yuman développe une réflexion plus large sur la manière dont chacun interprète les événements de sa vie. Selon lui, un même événement peut être vécu différemment selon la perception de la personne qui le traverse.
« C’est pas ce qui nous arrive qui est le problème, c’est ce que nous faisons de ce qui nous arrive. une chose n’est grave que parce que toi tu as dit que c’est grave. »
Il estime également que les blessures non travaillées peuvent avoir des répercussions sur l’entourage, notamment dans la sphère familiale.
« Une personne qui n’a pas fait le travail sur elle-même est capable de transmettre ses blessures aux enfants, ce qui se passe, et aux petits-enfants. »
cette lecture l’amène à placer la relation à soi au centre de son approche.
« La première relation qui doit être rétablie », c’est celle avec soi
Pour le coach et consultant, le travail intérieur constitue une étape préalable dans la construction de relations plus équilibrées. Il considère que vouloir améliorer ses rapports avec les autres sans s’interroger sur soi-même peut laisser certains mécanismes intacts.
« Nous ne serons des personnes meilleures dans la vie des autres qu’à la condition que nous ayons réglé le problème avec nous-mêmes et que la première relation qui doit être rétablie, ce n’est pas la relation avec les autres, c’est la relation en soi. »
il détaille également les différentes étapes qu’il associe à ce cheminement.
« Alors le process pour guérir, il est en trois étapes. La première étape c’est identifier sa blessure. […] La seconde étape vraiment l’étape de la reconstruction. Donc on va reconstruire trois aspects. On va reconstruire le mindset de la personne les blessures changent aussi notre perception. Notre perception totale change notre façon de voir, notre façon de réfléchir. […] Et puis le dernier aspect, on va vraiment amener la personne à travailler sur sa capacité à se tenir responsable de sa vie et de ses réalités, prendre ses responsabilités. »

Les blessures peuvent aussi se manifester au travail
Cette réflexion ne s’arrête pas à la sphère personnelle. Jean-François Yuman estime que certaines blessures peuvent également influencer les attitudes dans le milieu professionnel, au-delà des compétences techniques.
Il insiste notamment sur la nécessité de reconnaître sa propre part de responsabilité, même lorsqu’elle paraît minime.
« La toute première chose c’est l’honnêteté. L’honnêteté, c’est-à-dire avec soi-même. Faut être honnête avec soi au point de reconnaître que oui, j’ai ma part de responsabilité dans ce qui se passe là. »
Il illustre cette idée avec ce qu’il présente comme la « loi de 1 % ».
« Comprendre que même si ma responsabilité est à 1 %, je dois reconnaître cette responsabilité et savoir que mes 1 % peuvent constituer le facteur de blocage dans ma relation professionnelle. 1 %, Mon besoin de validation, je dis pas c’est rien du tout, non c’est important, ta posture, ton attitude etc »
Reprendre la « télécommande » de sa vie
Pour Jean–François Yuman, cette prise de responsabilité passe également par une autre attitude : réduire les attentes envers les autres. Il estime que les attentes peuvent nourrir frustrations et déceptions.
« La deuxième des choses, c’est de se dire personne ne me doit quoi que ce soit. Là c’est vraiment le choc, c’est un peu l’hypercute que j’envoie souvent dans mes conférences, mais personne ne te doit rien bien sûr. Et dès lors que tu comprends que personne ne te doit quoi que ce soit, à ce moment précis-là tu as commencé à lâcher prise et à ne plus justement être quelqu’un qui s’attend à un retour. »
Cette idée conduit à l’image de la « télécommande », qu’il utilise pour parler du pouvoir que chacun peut laisser aux autres sur ses propres réactions.
« Je pense que le moment est venu pour que chacun réalise qu’il doit reprendre la télécommande de sa vie et pouvoir mettre sa vie sur le channel qui correspond en fait. Voilà, la chaîne qui correspond à ce qu’il veut vraiment, à sa fréquence, et que chacun comprenne qu’à partir du moment où tu comprends ces choses-là, tu peux faire du reste de ta vie le meilleur de ta vie. »
Il résume finalement son approche autour de plusieurs repères :
« La première chose, etre honnête vis-à-vis de soi-même. Très important, avoir ce regard critique vis-à-vis de soi. Deuxième chose, ne pas avoir d’attente. Les attentes c’est facteur de frustration et de déception. […] »
Jean-François Yuman s’est ainsi ouvert sur son parcours, la perte de son frère, les blessures émotionnelles et sa conception de la guérison intérieure lors d’une interview avec Nabou Fall, diffusée sur la chaîne Nabou Fall Officiel.

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Muriel Yanga








