Derrière le personnage d’Excalibur Sawa, il y a Kalatty Essame Martial Thierry, enfant de la région du Littoral, né d’une mère bassa et d’un père originaire de Nkongsamba. Danseur, humoriste et comédien, il a progressivement fait de l’art un langage à travers lequel il exprime ses émotions, raconte certaines réalités et construit son propre chemin. Contacté par la rédaction de Laura Dave Média le 1er octobre 2026, l’artiste revient sur l’homme qui se cache derrière le personnage, le déclic qui a transformé sa passion en activité et les sacrifices qui accompagnent cette trajectoire.
Avant Excalibur Sawa, il y a Kalatty
Le personnage public peut parfois finir par prendre toute la place. Pourtant, derrière Excalibur Sawa, Kalatty Essame Martial Thierry revendique une identité construite autour de valeurs, de rêves et d’expériences personnelles.
« Derrière le personnage Excalibur Sawa, il y a un homme qui a grandi avec ses valeurs, ses rêves, ses difficultés et ses envies de créer. Un homme assez simple ; j’aime apprendre, surtout transmettre et transformer ce que je vis pour toucher les autres. »
La danse, l’humour et la comédie sont devenus ses principaux moyens d’expression. Trois disciplines qui lui permettent aujourd’hui d’explorer différentes facettes de sa personnalité, mais aussi de questionner sa propre place.
« Malgré tout, je suis un homme qui cherche à comprendre sa place et à donner un sens à ce qu’il fait. »
Cette recherche de sens semble ainsi accompagner son parcours artistique autant que ses différentes expériences de vie.

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp
Quand le corps et le rire disent ce que les mots ne peuvent pas dire
Pour Excalibur Sawa, l’art ne consiste pas uniquement à divertir. Il peut également devenir un langage lorsque les mots atteignent leurs limites.
« Parfois les mots seuls ne suffisent pas pour exprimer certaines émotions. Une danse parfois suffit à exprimer une joie, une douleur ou une colère. »
L’humour lui permet, lui aussi, d’aborder des réalités qui dépassent le simple divertissement.
« On peut faire rire tout en présentant une situation plus sérieuse au fond. »
Derrière une chorégraphie ou une séquence humoristique, il voit donc la possibilité de transmettre une émotion, une expérience ou même une réalité sociale.
« Pour moi, c’est la force de l’artiste : transformer ce qu’il vit ou fait en émotion que les autres pourront comprendre. »
De la passion à un moyen de construire sa vie
La danse n’a pas immédiatement été pensée comme un métier. Au départ, elle était simplement une activité qu’il pratiquait par plaisir. Le déclic est venu lorsqu’elle a commencé à produire des effets très concrets dans sa vie.
« Au départ, je dansais parce que j’aimais danser, mais quand j’ai commencé à payer mon année universitaire, c’est de là que tout est parti. J’ai compris que je pouvais faire beaucoup de choses avec la danse. »
Cette expérience lui fait progressivement entrevoir les possibilités offertes par son art. L’humour et la comédie viennent ensuite compléter ce parcours, avec l’impression de voir certains rêves prendre forme à travers les projets réalisés.
« J’ai compris que mon art pouvait me permettre de créer, de me construire, de travailler et surtout de faire de belles rencontres. »
Le chemin n’a toutefois pas été linéaire. Il évoque des périodes de doute et de difficulté, mais aussi une création devenue un moyen de continuer à avancer.
« J’ai connu des moments de doutes, de difficultés, mais la création me permettait d’avancer. »
Aujourd’hui, il ne considère plus la danse et la comédie comme de simples activités parallèles.
« Aujourd’hui, la danse et la comédie font partie intégrante de moi. »

Derrière les scènes, le travail que personne ne voit
Le public découvre généralement l’artiste une fois le spectacle terminé, la vidéo publiée ou la prestation réalisée. Les heures de répétition et les périodes d’incertitude restent, elles, largement invisibles.
Excalibur Sawa évoque les répétitions, les galères, les échecs et les sacrifices qui accompagnent son parcours.
« Les répétitions, les galères, les échecs, les sacrifices, les moments où tu travailles sans certitude. »
Mais parmi toutes ces difficultés, il identifie une forme de sacrifice plus silencieuse : celui qui touche à la confiance en soi.
« Le sacrifice mental, parce que parfois personne ne croit en toi et ne voit ce que tu veux construire. »
Une réalité qui accompagne de nombreux parcours artistiques : continuer à travailler sur une vision dont les autres ne perçoivent pas encore nécessairement le potentiel.
Après Excalibur Sawa, transmettre Kalatty
S’il devait un jour perdre le personnage, les titres ou les disciplines qui le définissent aujourd’hui, l’artiste estime qu’une chose resterait : l’homme derrière le personnage.
« Il resterait Kalatty, celui qui fait Excalibur Sawa. »
Cette distinction entre le personnage et l’homme ouvre également sur la question de l’héritage. Ce qu’il souhaite transmettre dépasse finalement la simple performance artistique.
« Je voudrais continuer à enseigner, à transmettre et partager mes expériences, contribuer à la valorisation de notre culture. »
Son ambition est de laisser derrière lui davantage qu’une succession de prestations ou de personnages.
« Je voudrais laisser derrière moi une histoire humaine, qu’on se dise : il a utilisé son art pour inspirer, transformer et inspirer d’autres à croire en eux et en leur identité. »
Derrière Excalibur Sawa, il y a donc Kalatty : un artiste qui a découvert progressivement que la danse pouvait devenir un métier, que l’humour pouvait porter des réalités et que la création pouvait surtout devenir un moyen de transmettre.
Au-delà du personnage, reste finalement une volonté : faire de son parcours une histoire capable d’encourager d’autres personnes à croire en leur potentiel et en leur identité.

Si cet article vous a interessé n’hesitez Pas a cliquer ici
Muriel Yanga








