Peu de personnalités camerounaises peuvent se vanter d’avoir laissé leur empreinte dans autant de disciplines artistiques. Chanteuse, illustratrice, auteure de bande dessinée, peintre, comédienne, danseuse et promotrice culturelle, Jeki Joëlle Esso fait partie de ces figures rares qui ont bâti leur carrière loin du bruit médiatique, mais avec un impact considérable sur la culture africaine. En mai 2026, elle a d’ailleurs reçu un « Award of Appreciation » au Consulat général du Cameroun à Lagos, au Nigeria, en reconnaissance de trois décennies consacrées à la promotion de la culture camerounaise à travers le monde.
Des débuts entre Douala, Abidjan et Paris
Née le 17 janvier 1968 à Douala, Joëlle Esso grandit au Cameroun avant de passer une partie de son adolescence en Côte d’Ivoire. Passionnée par les arts dès son plus jeune âge, elle s’installe ensuite à Paris où elle suit une formation en arts graphiques ainsi qu’un cursus en histoire de l’art. Cette double formation lui permettra de développer à la fois son univers visuel et sa sensibilité artistique.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Une voix qui accompagne les plus grandes stars
Sa carrière professionnelle débute à la fin des années 1980. D’abord illustratrice et choriste de studio, elle devient rapidement l’une des voix les plus sollicitées de la scène musicale francophone. Au fil des années, elle accompagne sur scène ou en studio de grandes figures internationales comme Céline Dion, Yannick Noah, Manu Dibango, Jean-Michel Jarre, Kassav’, Dee Dee Bridgewater ou encore Carole Fredericks. Cette expérience lui ouvre les portes des grandes scènes internationales et forge sa réputation dans le milieu artistique.

Une carrière musicale personnelle affirmée
Après plusieurs années passées dans l’ombre des plus grands artistes, elle décide de développer sa propre identité musicale. En 2005, elle sort son premier album intitulé « Mungo! », un projet mêlant blues, gospel et traditions camerounaises. La même année, elle signe également la bande originale du film « Les Saignantes » du réalisateur camerounais Jean-Pierre Bekolo, œuvre qui sera remarquée dans plusieurs festivals internationaux.

Une pionnière africaine de la bande dessinée
Mais limiter Jeki Esso à la musique serait réducteur. L’artiste s’est également imposée comme l’une des pionnières africaines de la bande dessinée. En 2010, elle publie « Petit Joss, école urbaine mixte« , une œuvre inspirée de son enfance au Cameroun post-indépendance. L’album attire l’attention du monde de la BD francophone et révèle une artiste capable de raconter l’Afrique autrement, loin des clichés habituels.


Les projets marquants et l’univers de l’illustration
Son travail dans l’illustration et l’édition jeunesse s’enrichit ensuite de nombreuses publications. Elle illustre plusieurs ouvrages destinés aux enfants et au grand public avant de signer des projets personnels marquants. Parmi eux figurent notamment « Hanibal@Pushkin », consacré à l’histoire du général Abraham Hannibal.
Une femme engagée dans la transmission culturelle
Parallèlement à ses activités artistiques, Jeki Esso développe un important travail de transmission culturelle. Elle dirige depuis plusieurs années le Centre culturel Akanga, un espace panafricain installé à Porto-Novo au Bénin. Cette structure est dédiée à la promotion des arts, de la lecture, de la création et de la formation des jeunes générations. Elle y organise régulièrement des ateliers, expositions, rencontres littéraires et projets éducatifs.

Une reconnaissance internationale méritée
Peintre reconnue, muraliste, formatrice et conférencière, elle poursuit aujourd’hui ses activités entre l’Afrique, l’Europe et les États-Unis. Son engagement pour la valorisation de l’histoire africaine, la transmission du patrimoine culturel et l’éducation artistique lui vaut le respect de nombreux acteurs culturels du continent.
La distinction reçue en mai 2026 à Lagos vient ainsi couronner plus de trente années d’une carrière exceptionnelle. De Douala à Paris, de Porto-Novo à Lagos, en passant par Harvard, Saint-Pétersbourg, Jeki Joëlle Esso a construit un parcours singulier où musique, littérature, illustration, peinture et transmission culturelle se rejoignent. Une trajectoire qui fait d’elle l’une des ambassadrices les plus discrètes mais aussi les plus influentes de la culture camerounaise sur la scène internationale.
Bonne continuation chère ambassadrice de la culture Camerounaise !

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Ève-Pérec N.BEHALAL








