Contacté par la rédaction de Laura Dave Média ce 2 juin 2026, Marc Ivan Nguidjol évolue aujourd’hui dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la transformation des organisations. Ingénieur de formation, il fait partie de cette génération de Camerounais qui construisent leur parcours loin de leur pays d’origine tout en gardant un regard tourné vers l’avenir du continent. Au cours de cet échange, il revient sur les choix, les sacrifices et les rencontres qui ont marqué son aventure, depuis les bancs du Lycée Classique d’Edéa jusqu’à son immersion dans l’univers de l’innovation technologique.
Une phrase qui a bouleversé sa manière de voir le monde
Certaines rencontres changent une vie. Et pour Marc Ivan, tout remonte à ses années de terminale au Lycée Classique d’Edéa.
À l’époque, son professeur de philosophie partage avec ses élèves une réflexion qui va profondément marquer le jeune homme. « Les petits esprits parlent des gens, les esprits moyens parlent de politiques et les grands esprits parlent d’innovations et d’impact. Dans quelles catégories vous mettez-vous ? »
Une interrogation qui agit comme un déclic. « Depuis ce jour, j’ai changé ma façon de penser, de voir, de comprendre et de faire les choses », confie-t-il. Bien plus qu’une simple citation, cette phrase devient une ligne directrice qui influence encore aujourd’hui ses choix personnels et professionnels.

Un détour par le management avant de revenir à sa passion
Si Marc Ivan travaille désormais dans le domaine de l’intelligence artificielle, son parcours n’a rien d’un chemin tout tracé.
Passionné depuis toujours par le fonctionnement des technologies, il reconnaît pourtant ne pas disposer, à l’époque, des compétences nécessaires pour se lancer directement dans l’informatique. Il fait alors un choix stratégique : commencer par des études en management. « J’ai choisi de faire d’abord des études en management pour mieux comprendre comment créer, gérer et développer une entreprise avant de revenir dans l’informatique. »
Une décision qui ne fait pas immédiatement l’unanimité auprès de ses proches. « Cet alignement de choix n’était pas très apprécié par mes parents, mais avec le temps ils ont su l’accepter et m’encourager. » Avec le recul, il considère aujourd’hui ce détour comme une étape essentielle dans la construction de sa carrière.

Quand l’étranger devient une école de vie
Partir vivre loin de son pays d’origine a également joué un rôle déterminant dans son évolution. Pour Marc Ivan, l’expérience de l’expatriation va bien au-delà des opportunités professionnelles. « Vivre à l’étranger peut te propulser ou te détruire. » Selon lui, tout dépend de plusieurs facteurs : l’état d’esprit, l’environnement, la vision personnelle et les objectifs que l’on se fixe.
Confronté à l’autonomie totale, il apprend à gérer seul les responsabilités du quotidien, les difficultés financières, les échecs comme les réussites. « Le fait de vivre seul m’a complètement transformé et formé. » Une expérience qui lui permet de développer une conviction forte : les limites sont souvent moins nombreuses qu’on ne l’imagine. « Grâce à tout cela, j’ai compris que tout est possible. »
Les sacrifices derrière les réussites
Derrière les accomplissements visibles se cachent souvent des efforts que le grand public ignore. Marc Ivan ne cache pas les sacrifices consentis pour atteindre ses objectifs. « Il m’arrive encore de passer des nuits blanches à travailler pour résoudre un problème dans mon travail. » À certaines périodes, son investissement est tel qu’il oublie parfois de manger ou doit mettre ses relations sociales entre parenthèses.

À cela s’ajoutent les longues heures d’apprentissage, les erreurs et les échecs qui accompagnent tout processus de progression. Pourtant, il ne nourrit aucun regret. « Aujourd’hui je peux dire que ça en valait la peine. » Animé par la volonté d’honorer les sacrifices de sa famille et de ceux qui ont cru en lui, il continue d’avancer avec la même détermination.
« J’aimerais que les gens voient que c’est possible de quitter de rien pour les plus hauts sommets, mais il faut de la patience, de la foi et bien entendu travailler dur. »
À l’heure où de nombreux jeunes cherchent encore leur voie, le parcours de Marc Ivan rappelle que les grandes ambitions naissent parfois d’une simple idée, à condition d’oser la poursuivre.

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Muriel Yanga








