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Du Cameroun au monde : Sylvain Foppa rêve d’une industrie cinématographique africaine puissante

À travers le « Congrès des Exploitants Africains », l’entrepreneur camerounais Sylvain Foppa ambitionne de transformer durablement l’industrie cinématographique du continent. Invité d’une émission ce 30 mai 2026, il a dévoilé les contours d’un projet panafricain destiné à structurer le marché, attirer les investisseurs et connecter les professionnels africains aux grands acteurs mondiaux du secteur.

Un projet né d’un constat : l’Afrique a besoin d’un véritable marché du cinéma

Pour Sylvain Foppa, cofondateur du « Congrès des Exploitants Africains« , le continent regorge de talents, de créativité et de savoir-faire. Pourtant, une pièce essentielle manque encore à l’écosystème.
« Ce qui manque à l’Afrique aujourd’hui, c’est le volet business du cinéma. » Selon lui, de nombreux créateurs produisent des œuvres de qualité, mais peinent à les transformer en succès commerciaux. « Il y a de la créativité, il y a de la compétence, il y a du savoir-faire, mais il n’y a pas assez d’argent. » Avec son associé, également issu du secteur de l’exploitation cinématographique, il a donc imaginé une plateforme capable de réunir tous les maillons de la chaîne de valeur du cinéma africain.

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Faire comprendre que le film est aussi un produit à vendre

Au cœur de sa réflexion, une conviction forte : le cinéma ne peut se développer durablement sans une approche économique solide. « Un film est un produit, comme un téléphone ou comme un biscuit. Ce produit doit être vendu. » Pour Sylvain Foppa, l’une des erreurs les plus fréquentes consiste à produire un film avant même de réfléchir à sa commercialisation. « Les gens font des films et après ils cherchent comment les vendre. » Il plaide ainsi pour une meilleure collaboration entre producteurs, distributeurs, exploitants de salles et diffuseurs dès les premières étapes de création. « Un distributeur doit être impliqué dès l’écriture du projet parce qu’il apporte des inputs commerciaux qui rendent le film vendable. »

Structurer le cinéma camerounais et africain

Au-delà de l’organisation d’un événement professionnel, le « Congrès des Exploitants Africains » se veut un outil de structuration pour toute l’industrie. L’objectif est de permettre aux différents acteurs du secteur de mieux comprendre leurs rôles respectifs et de créer davantage de synergies. « Il faut que chacun sache ce qu’est un distributeur, un exploitant, un diffuseur, un producteur ou un réalisateur. » Pour le promoteur camerounais, cette structuration est indispensable afin de permettre aux productions africaines d’atteindre un niveau de compétitivité internationale.

Du Cameroun au monde : Sylvain Foppa rêve d’une industrie cinématographique africaine puissante

Le FESPACO 2027 comme point de départ d’une révolution

La première édition du Congrès des Exploitants Africains se tiendra en marge du FESPACO 2027 à Ouagadougou. Pendant cinq jours, professionnels africains et internationaux se retrouveront autour de tables rondes, masterclass, ateliers juridiques et rencontres d’affaires. L’ambition affichée est claire : « Nous avons prévu qu’au moins 100 contrats soient signés. » Accords de coproduction, contrats de distribution, partenariats entre scénaristes, réalisateurs et producteurs : les organisateurs veulent générer des opportunités concrètes pour les professionnels du continent.

Changer le regard porté sur les films africains

Pour Sylvain Foppa, le cinéma africain doit sortir des frontières nationales et adopter une vision continentale et internationale.
« Nous ne voulons plus qu’on dise film camerounais, film ivoirien ou film sud-africain. Nous voulons qu’on dise simplement un film. » Cette ambition passe notamment par le développement du doublage, de la postproduction et de la diffusion multilingue. « Nous voulons encourager les producteurs à proposer leurs films en français, anglais, arabe, espagnol ou portugais. » Une stratégie qui permettrait aux œuvres africaines de toucher un public beaucoup plus large et d’accéder à de nouveaux marchés.

Faire de l’Afrique un acteur majeur du cinéma mondial

Avec plus de 1,4 milliard d’habitants et plusieurs millions de spectateurs fréquentant les salles chaque année, l’Afrique représente selon lui un marché encore sous-exploité. « Il faut montrer au monde le potentiel du cinéma africain et le potentiel du public africain. » Le projet vise ainsi à repositionner le continent comme un acteur incontournable de l’industrie mondiale du cinéma. Après le Burkina Faso pour la première édition, les prochaines rencontres pourraient se tenir au Nigeria puis au Maroc afin de renforcer les connexions entre les espaces francophones, anglophones, arabophones et lusophones.

Un appel à la diaspora africaine

Sylvain Foppa a également insisté sur le rôle crucial que peut jouer la diaspora dans le développement du cinéma africain.
Pour lui, les communautés africaines installées en Europe et ailleurs doivent devenir les premiers ambassadeurs des productions du continent. « Si un film africain sort dans une salle en France ou en Belgique, il faut aller acheter son ticket et aller le regarder. » Un soutien qui pourrait contribuer à renforcer la visibilité internationale des œuvres africaines et à ouvrir davantage de portes aux créateurs du continent.

Une vision ambitieuse pour l’avenir

À travers le « Congrès des Exploitants Africains« , Sylvain Foppa porte une vision claire : faire émerger une industrie cinématographique africaine mieux structurée, plus rentable et davantage connectée aux marchés mondiaux. Une ambition qui dépasse le simple cadre d’un événement professionnel et qui pourrait, à terme, contribuer à redessiner l’avenir du cinéma camerounais et africain. « L’Afrique possède les talents. Il est temps désormais de construire un véritable marché capable de les faire rayonner dans le monde entier. »

Diane Laure MISSEKOU

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