« Je redéfinis pour moi ce que c’est que le bonheur. Il y a des jours avec et des jours sans. » Cette phrase, à elle seule, résume toute la profondeur de la vidéo publiée ce lundi 1er juin 2026 par Lydol sur ses réseaux sociaux. Dans une mise en scène sobre mais bouleversante, l’artiste camerounaise s’offre une conversation imaginaire entre la Lydol de 2016 et celle de 2026. Un échange intime qui replonge ses abonnés dans dix années marquées par des succès, des remises en question, des deuils silencieux et une reconstruction progressive loin du Cameroun.
De « l’Afrique a un incroyable talent » à une carrière internationale
Révélée au grand public en 2016 grâce à sa participation à l’émission « L’Afrique a un incroyable talent » à Abidjan, Dolly Sorel Nwafo dit Lydol est devenue au fil des années l’une des voix majeures du slam camerounais et africain. Dans sa vidéo bilan, la jeune femme revient avec émotion sur le parcours accompli depuis cette époque. « Je n’ai pas gagné le concours mais j’ai continué la carrière. J’ai sorti deux albums, deux EP et j’ai visité 18 pays », affirme-t-elle avec une fierté.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
« J’ai dû faire le deuil de beaucoup de choses »
Mais derrière les accomplissements se cachent aussi des renoncements. Lorsque la version 2016 d’elle-même lui demande où sont passées ses célèbres locks, la coiffure qui a construit son identité, Lydol répond : « J’ai coupé mes cheveux. Je me suis rasée toute la tête. J’ai dû faire le deuil de beaucoup de choses. » Une phrase lourde de sens pour celle qui, ces derniers mois, a traversé plusieurs périodes de turbulence personnelle et médiatique.
Son changement d’apparence avait déjà intrigué de nombreux internautes, mais cette vidéo semble aujourd’hui donner un éclairage plus intime sur cette transformation.

Une nouvelle vie au Canada
Installée désormais à Montréal au Canada, l’artiste évoque aussi sa nouvelle vie loin de Biyem-Assi, le quartier populaire de Yaoundé qui a longtemps façonné sa personnalité. « Je vis aujourd’hui au Canada. Ce n’est pas si mal ici, on s’adapte et on rencontre de belles personnes », confie-t-elle.
Titulaire d’un master 2 en sciences économiques option Ingénierie économique et financière obtenu à l’université de Yaoundé II, Lydol a toujours rêvé décrocher son doctorat. Malgré l’attente de sa soutenance toujours en cours, la jeune femme de 32 ans enseigne aujourd’hui le slam à l’Université de Montréal et anime plusieurs masterclass à travers le monde. Sur son actualité musicale, l’artiste prépare la sortie de son nouveau projet intitulé « Sans Garantie« , annoncé pour le 12 juin 2026.

Le poids du drame « bb Mathis » et des amitiés perdues en chemin
Depuis le drame autour du décès du petit Mathis, dans lequel son père Dagobert Nwafo est reconnu coupable, Lydol est restée associée à cette affaire. Dans sa vidéo, elle aborde brièvement les conséquences émotionnelles de cette tragédie. « Je suis affectée et je le serai pour le reste de la vie », déclare-t-elle avant d’ajouter qu’elle a déjà pardonné les commentaires désobligeants reçus sur les réseaux sociaux.

Au fil de l’échange fictif, un autre sujet revient avec beaucoup de mélancolie : les relations humaines. « On a perdu beaucoup d’amis », reconnaît-elle.
Une autre définition du bonheur
À la fin de cette conversation entre passé et présent, Lydol affirme être fière de son parcours. Dix ans après ses débuts sous les projecteurs, l’artiste semble avoir compris que le bonheur n’est pas forcément un état permanent, mais plutôt une quête personnelle faite d’équilibre, de cicatrices et de reconstruction. Les regards sont désormais tournés vers les 10 prochaines années pour découvrir ce qu’elle réserve à son public.

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Ève-Pérec N.BEHALAL








