Derrière les millions de vues, les grandes scènes et l’image rayonnante qu’elle affiche aujourd’hui, Yilim cache un parcours marqué par le deuil, la précarité et la résilience. Invitée sur un plateau télé, l’artiste ivoirienne a livré un témoignage poignant sur les combats qui ont forgé la femme qu’elle est devenue. Un témoignage poignant qui rappelle que le succès est souvent précédé de combats invisibles.

« À 13 ans, j’ai perdu la personne qui comptait le plus pour moi »
Née dans un univers où la musique et la culture occupaient une place centrale, Yilim voit sa vie basculer lorsqu’elle perd sa mère à seulement 13 ans. « Je me suis couchée devant l’autel et j’ai dit à Dieu : tu m’as enlevé la personne qui comptait le plus pour moi. » Une douleur immense qui aurait pu la détruire, mais qui renforcera au contraire sa foi et sa détermination à avancer.
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De maison en maison, puis seule à 16 ans
Après ce drame, la jeune fille est accueillie chez plusieurs proches. Fatiguée de dépendre des autres, elle décide très tôt de prendre son indépendance. « J’ai dit à mon père : je vais vivre seule. » À seulement 16 ans, elle choisit de voler de ses propres ailes malgré les difficultés qui l’attendent.
« On mangeait une fois par jour »
Avec sa meilleure amie, devenue plus tard sa manageuse, Yilim traverse une période de grande précarité. « On mangeait une fois par jour. » Les deux jeunes femmes vivent avec très peu de moyens et tentent de préserver les apparences malgré la réalité de leur quotidien. « On avait 1 000 francs. On achetait un peu de viande, un peu de riz et on essayait de tenir. »
L’arnaque qui aurait pu tout briser
Parmi les souvenirs les plus douloureux figure une arnaque immobilière. Son père, installé aux États-Unis, leur envoie ses dernières économies pour payer une caution. « Mon père a choisi de rester dormir dans sa voiture pour nous envoyer l’argent. » Mais à leur arrivée, elles découvrent qu’elles ont été victimes d’une escroquerie. « On s’est rendu compte qu’on nous avait arnaquées. »
Un choc qui restera gravé dans sa mémoire.

« Les gens me jugeaient sans connaître mon histoire »
À la pauvreté s’ajoutent les critiques et les moqueries. « On me disait que je n’étais pas belle, que je n’étais pas propre. » Face aux jugements, Yilim développe un caractère combatif avant de comprendre que sa véritable force se trouve ailleurs.
La lecture comme arme
Déterminée à changer son destin, elle se tourne vers la lecture et le développement personnel. « J’ai commencé à lire. J’ai travaillé ma manière de parler, ma diction et ma façon de m’exprimer. » Pour celle qui n’a pas suivi de longues études, le savoir devient un outil d’émancipation et de confiance.
« Je serai une très grande artiste »
Aujourd’hui, Yilim affirme avoir appris à reconnaître sa valeur. « Je serai une très très grande artiste parce que j’ai appris à connaître ma force de caractère. » L’ancienne membre du groupe Nafasi refuse également de vivre avec la rancune et revendique désormais le droit de penser à son propre bonheur.« Aujourd’hui, la personne pour qui je peux tout donner, c’est moi-même. »

La famille comme moteur
Très émue lorsqu’elle évoque sa mère, Yilim se réjouit lorsqu’on lui dit qu’elle lui ressemble. Elle rend aussi hommage à son grand frère, Didi B, qu’elle admire pour son travail et sa résilience. « Je suis fière de lui. C’est un énorme travailleur. »
« Je ne me sens pas chanceuse, je me sens graciée »
Pour l’artiste, son ascension n’est pas uniquement une question de chance. « Je me sens graciée. Mais je provoque aussi ce que je suis en train de vivre. » Son ambition est claire : conquérir les plus grandes scènes du continent et au-delà.
Son message à la jeunesse
Avant de conclure, Yilim a adressé un message fort aux jeunes confrontés aux difficultés : « Sois la personne que tu veux devenir, pas celle que les autres veulent que tu deviennes. » « Si tu abandonnes, les gens vont parler puis retourner à leur vie. Toi, tu auras perdu la tienne. »
Une leçon de résilience
Du décès de sa mère à la précarité, en passant par les humiliations et les désillusions, Yilim a transformé chaque épreuve en force. Une trajectoire inspirante qui rappelle qu’avant les projecteurs et les succès se cachent souvent des combats invisibles.

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Diane Laure MISSEKOU








