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Epane Mateke, jeune musicien, fait de la langue duala un marqueur de son identité

La langue est bien plus qu’un moyen de communication : elle peut être un lien avec ses origines, un repère et un véritable marqueur d’identité. Contacté par la rédaction de Laura Dave Media le 22 septembre 2026, le jeune musicien Epane Mateke s’est confié sur son attachement à la culture duala, son choix de chanter dans cette langue et sa volonté de contribuer à sa préservation. Héritier d’une culture transmise par ses grands-parents et nourrie par son enfance à Deïdo, il estime que les langues locales doivent continuer à vivre, notamment à travers la jeunesse et la musique.

Une identité culturelle héritée des grands-parents

L’attachement d’Epane Mateke à la culture trouve ses racines dans son histoire familiale et dans son environnement.
« L’attachement à la culture me vient de mes grands-parents et du milieu dans lequel j’ai grandi. L’attachement à la culture est un legs de mes grands-parents paternels qui ont su me laisser le verbe, la langue. »
À cet héritage familial s’ajoute le cadre dans lequel il a grandi.
« Je suis et j’ai grandi à Deïdo, qui est un fief culturel et artistique. Il faut dire qu’à Deïdo, tout le monde parle duala, les natifs tout comme les allogènes. »
Pour lui, cette transmission a participé à construire une identité qu’il revendique aujourd’hui à travers son expression artistique.
« La langue duala représente un repère et un socle identitaire pour le Sawa que je suis, et c’est le moyen d’expression qui me sied le plus. »

Epane Mateke, jeune musicien, fait de la langue duala un marqueur de son identité

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Préserver une langue qui compte de moins en moins de locuteurs

Son choix de mettre la langue duala en avant s’inscrit également dans une réflexion sur sa préservation et sa transmission aux générations futures.
« Dans un élan de préservation de nos langues, qui comptent de moins en moins de locuteurs, je pense qu’il est impératif de les promouvoir, afin que nos cadets et nos enfants ne s’en éloignent davantage, au mieux qu’ils s’en imprègnent. Et de plus, la richesse linguistique de nos langues n’est plus à démontrer, notamment la langue duala. »
Le musicien considère donc la promotion des langues locales comme une responsabilité qui dépasse sa seule pratique artistique.

Chanter en duala, un choix artistique et culturel

Pour Mateke, le choix de chanter en duala répond aussi à une volonté de transmettre des émotions et des messages dans une langue qui lui ressemble.
« Effectivement, j’ai choisi de chanter dans cette langue parce qu’elle traduit au mieux les émotions et les messages que je veux véhiculer au grand public. »
Un choix qu’il assume pleinement, en faisant le parallèle avec d’autres peuples qui utilisent leurs propres langues pour valoriser leur culture.
« De même, c’est un choix assumé. Les Français, les Anglais, les Chinois, etc., font la promotion de leur culture à travers leurs langues, ce qui est un bel exemple à suivre. Alors, en tant qu’Africain, j’ai le devoir de m’exprimer dans ma langue en toute occasion, et la musique est le moyen que j’ai choisi. »

De la quête d’authenticité à l’identité artistique

Cette démarche trouve également son origine dans son parcours personnel et dans la recherche d’une expression artistique qui lui soit propre.
« Comme je l’ai mentionné plus haut, mes grands-parents ont forgé l’homme que je suis. Ils ont su semer cette graine en moi, et le milieu dans lequel j’ai grandi a plutôt bien forgé cette identité. Je dirais aussi que ma quête d’authenticité m’a vite amené à comprendre que ma maîtrise des langues duala et Bankon serait un atout pour ma musique et mon identité artistique, et j’en suis fier aujourd’hui. »
Cette identité linguistique ne l’empêche pas de chercher à toucher un public plus large. Il explique notamment comment il tente de créer un lien avec ceux qui ne maîtrisent pas nécessairement la langue duala.
« Je dirais que la recette réside dans la simplicité de mes textes, qui sont plutôt très accessibles, même pour les non-initiés à la langue duala. Voilà, à mon humble avis, comment j’arrive à fédérer les jeunes et les moins jeunes autour de mon univers musical. »

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« La langue est le véhicule par excellence de la culture »

Au-delà de son propre parcours, Epane Mateke adresse un message aux jeunes qui pourraient s’éloigner de leurs langues ancestrales.
« Je lui dirais d’abord que la culture est tout ce qui nous reste lorsque tout semble perdu. Il faudrait aussi qu’il sache que la langue est le véhicule par excellence de la culture. C’est le moyen par lequel on se connecte véritablement à sa culture. »
Il insiste également sur la nécessité d’assumer cet héritage sans complexe.
« Je lui dirais aussi qu’il ne devrait pas avoir honte d’apprendre à parler sa langue, qui est tout aussi belle que le français ou l’anglais, et qui a tout intérêt à s’approprier celle-ci. »
Puis il utilise une image pour illustrer le risque de perdre le lien avec sa propre langue :
« Imaginons un chien qui miaule dans une meute de chiens : il va se faire huer par les autres chiens de la meute. C’est pareil avec un Duala qui ne s’exprime pas dans la langue de ses ancêtres. »
À travers la musique, le jeune artiste entend ainsi prolonger un héritage reçu de ses grands-parents et rappeler que la langue peut encore être un espace de transmission, d’identité et d’authenticité.

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Muriel Yanga

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