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Imane Ayissi fait de  »Grande Couture » un plaidoyer pour l’excellence africaine

À travers « Grande Couture », son troisième ouvrage, Imane Ayissi ouvre les portes de son univers et partage sa vision de la mode, du luxe et de la création. Premier couturier d’Afrique subsaharienne admis au sein de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, le styliste camerounais s’est confié dans un entretien qu’il a relayé sur sa page Facebook ce 26 juin 2026. Entre transmission, identité africaine et réflexion sur l’avenir de la haute couture, il défend une industrie fondée sur le savoir-faire, le temps et l’authenticité.

Grande Couture, un livre pour raconter bien plus qu’un parcours

Avec Grande Couture, Imane Ayissi signe son troisième livre, après deux précédents ouvrages consacrés aux contes imaginaires. Cette fois, le créateur choisit un registre plus personnel. « Là, c’est la réflexion sur la mode et le luxe ». À travers cet ouvrage, il revient sur son parcours, son atelier, ses défilés, mais aussi sur les défis auxquels font face les créateurs africains dans une industrie encore largement dominée par les grandes maisons occidentales.

À travers "Grande Couture", son troisième ouvrage, Imane Ayissi ouvre les portes de son univers et partage sa vision de la

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« Le temps, c’est le luxe »

L’un des principaux messages que le couturier adresse aux jeunes créateurs concerne la patience. À rebours d’une époque où tout semble devoir aller vite, Imane Ayissi défend le temps long. « Le temps, c’est le luxe ». Pour lui, une carrière solide ne se construit ni dans la précipitation ni dans la recherche du succès immédiat. « Construire, ça prend du temps », invitant ainsi la nouvelle génération à accepter les étapes indispensables de l’apprentissage.

L’intelligence artificielle ne remplacera jamais la main de l’homme

Questionné sur l’essor de l’intelligence artificielle dans les métiers créatifs, Imane Ayissi reconnaît les possibilités qu’offre cette technologie tout en appelant à la prudence. « C’est à double tranchant ». Le styliste considère que les outils numériques peuvent accompagner la création, mais jamais remplacer l’humain. « On ne peut pas remplacer l’humain par les machines », insiste-t-il, convaincu que la sensibilité et le savoir-faire resteront les véritables fondements de la haute couture.

De Yaoundé aux podiums de Paris

Avant de devenir une référence mondiale de la haute couture, Imane Ayissi a connu une longue carrière de mannequin. Arrivé à Paris avec de grandes ambitions, il découvre une industrie où les créateurs africains restent peu visibles. Cette réalité nourrit sa détermination. « Je voulais que l’on voie des créateurs noirs tout le temps ». Son objectif était de démontrer que les stylistes africains pouvaient eux aussi bâtir des maisons capables de rivaliser avec les plus grandes signatures internationales.

« C’est d’abord aux Africains de donner de la valeur à leur histoire »

Pour Imane Ayissi, le développement du luxe africain dépend aussi du regard porté par les Africains eux-mêmes sur leurs créateurs. Il estime que le continent doit apprendre à mieux accompagner ses talents. « C’est d’abord aux Africains eux-mêmes de prendre les choses en compte, donner de la valeur à leur histoire ». Selon lui, sans un véritable soutien des consommateurs, collectionneurs et investisseurs africains, il sera difficile de construire de grandes maisons de couture durables.

Pourquoi le raphia incarne davantage l’identité africaine que le wax

L’un des passages les plus marquants de l’entretien concerne son rapport aux textiles africains. Contrairement aux idées reçues, Imane Ayissi refuse de faire du wax le symbole absolu de l’identité vestimentaire du continent. « Le wax devient un tissu africain à partir de certaines dates historiques ». Le couturier préfère mettre en avant les matières traditionnelles comme « le raphia », mais aussi les étoffes du Cameroun, du Ghana ou encore du Burkina Faso, qu’il considère comme le véritable héritage textile africain.

Une autre définition de la beauté

Au-delà de la mode, Imane Ayissi livre une réflexion plus philosophique sur la beauté. Pour lui, elle ne se limite pas à l’apparence physique. « La beauté de ce monde, c’est d’abord notre environnement ». Il évoque également la beauté intérieure, les relations humaines et la richesse culturelle comme autant de valeurs qui inspirent son travail et nourrissent chacune de ses créations.

Les défilés, l’instant de vérité

Malgré son expérience, chaque présentation reste un moment de forte émotion pour le créateur. « C’est beaucoup d’émotions, beaucoup de tension ». Derrière quelques minutes de défilé se cachent des mois de travail dont le succès dépend du regard des journalistes, des acheteurs et des clientes présents dans la salle. Pour lui, ces instants demeurent les plus intenses de sa carrière.

Avec son 3e ouvrage « Grande Couture« , Imane Ayissi ne se contente pas de raconter son histoire. Le couturier camerounais livre un véritable manifeste en faveur d’une mode africaine assumée, exigeante et ambitieuse. Un message d’espoir et de transmission destiné aux créateurs qui rêvent, eux aussi, de porter le savoir-faire africain au plus haut niveau.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire

Benjamin NOAH

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