AccueilPeopleFabiola Batchayo, l'interprète en langue des signes, qui œuvre depuis vingt ans...
CLIQUEZ ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img

Fabiola Batchayo, l’interprète en langue des signes, qui œuvre depuis vingt ans pour l’inclusion des personnes sourdes

Après vingt ans d’engagement, l’interprète en langue des signes et promotrice du concours Miss JMSC, Fabiola Batchayo s’est ouverte sur son parcours, son combat pour l’inclusion des personnes sourdes et son désir de faire évoluer le regard de la société sur le handicap. Pour Fabiola Batchayo, la langue des signes est bien plus qu’un métier : c’est une mission. À travers son engagement, elle souhaite non seulement briser les barrières liées au handicap, mais aussi faire connaître une communauté encore largement incomprise.

Une passion née d’une rencontre il y a vingt ans

Le parcours de Fabiola Batchayo commence grâce à une rencontre qui bouleversera sa vie. Une amie de sa mère lui fait découvrir un enseignant sourd qui dispense des cours de langue des signes. Ce qui devait être une simple découverte devient rapidement une véritable vocation.
« J’ai découvert la langue des signes via une amie à ma mère il y a de cela 20 ans… Au début c’était juste pour découvrir, pour voir, mais après ça s’est transformé en passion. »

Aujourd’hui encore, elle résume son métier par une phrase qui traduit toute la singularité de son rôle : « Je parle avec la voix et les gestes. » Contrairement aux idées reçues, elle estime que cette langue reste accessible à tous : « Ça paraît peut-être difficile mais en réalité ce n’est pas difficile. Pour apprendre la langue des signes, il faut avoir ces dix doigts… faut être sûr de vous et c’est tout. »

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre

 »On ne doit pas voir pitié des sourds  » : un plaidoyer pour une véritable inclusion

Au fil de son expérience, Fabiola Batchayo a été confrontée aux nombreuses difficultés que rencontrent les personnes sourdes dans leur quotidien, notamment dans les hôpitaux où l’absence d’interprètes peut avoir de lourdes conséquences. « On ne doit pas voir pitié des sourds. Il y a des sourds qui meurent comme ça parce qu’ils n’arrivent pas à expliquer aux docteurs ce qu’ils ont. »

Pour elle, la langue des signes représente bien plus qu’un moyen de communication : elle peut sauver des vies. Elle regrette également qu’aucune langue des signes officielle n’existe encore au Cameroun. « Ici au Cameroun, nous n’avons pas encore de langue des signes. C’est vrai que les sourds du Cameroun essayent de créer mais ce n’est pas encore officiel. » À travers son travail, elle souhaite surtout changer le regard porté sur cette communauté et rappeler que le handicap ne doit jamais être synonyme d’exclusion.

Du bénévolat à la reconnaissance professionnelle

Avant d’être sollicitée dans de grands événements, Fabiola Batchayo a longtemps exercé son métier sans aucune rémunération. Un choix qu’elle n’a jamais regretté. « Honnêtement, c’était du bénévolat. Je savais qu’un jour le Seigneur allait se souvenir de moi. » Son engagement finit par attirer l’attention du public et de nombreuses institutions. « Le fait d’être un pont pour les personnes entendantes, pour moi, c’est une grâce parce que je parviens à passer l’information, je parviens à aider ceux qui sont dans le besoin. » Aujourd’hui, elle reconnaît que cette visibilité lui a ouvert plusieurs portes professionnelles, tout en renforçant sa volonté de poursuivre cette mission.

Miss JMSC, un concours pour changer les mentalités

Au-delà de son métier d’interprète, Fabiola Batchao porte également un projet qui lui tient particulièrement à cœur : le concours Miss JMSC, destiné aux jeunes filles sourdes et malentendantes. « Miss JMSC, c’est un concours qui concerne les sourds et les malentendants qui a pour but de promouvoir la jeune fille sourde. » À travers cette initiative, elle souhaite démontrer que les personnes sourdes ont toute leur place dans la société. « C’est possible qu’il y ait des belles filles qui ne parlent pas. J’ai beaucoup d’amis sourds qui ne parlent pas. Je fais comprendre aux gens que le fait que la langue des signes existe, c’est un moyen de parler. »

En repensant à son parcours, elle mesure le chemin parcouru. « Je considère mon parcours comme excellent et je suis très contente. Jusqu’ici je ne savais pas que je pouvais arriver là et je dis merci à Dieu parce que j’ai fait des efforts. C’était un peu compliqué mais ça va jusqu’ici. »

À travers son histoire, Fabiola Batchayo rappelle qu’une langue peut aussi s’exprimer avec les mains et que l’inclusion commence souvent par la volonté de comprendre l’autre.

Si cet article vous a intéressé n’hésitez pas à cliquer

Muriel Yanga

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nous recrutons
Notre Newsletter
Téléchargez Notre Application

Les plus Populaires

Téléchargez Notre Application

Commentaires recents

CLIQUER ICI POUR PROFITER DE L'OFFREspot_img