Depuis plusieurs semaines, les internautes suivent avec enthousiasme « Les Laure de Takam », la nouvelle web-série d’Ulrich Takam consacré à la vie de couple. Aux côtés de l’humoriste, Ange Laure Tchuenkam, metteure en scène et comédienne s’est imposée dans le rôle de « Laure la blanche », la deuxième épouse du personnage principal.

Si son personnage est notamment apprécié pour son amour des livres, cette passion est loin d’être un simple élément de scénario. Face aux nombreuses questions de ses abonnés sur ses lectures et ses recommandations, la comédienne a décidé de transformer cet intérêt en un véritable rendez-vous culturel.
𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Dans une vidéo publiée le vendredi 26 juin 2026, la lauréate du Prix Goethe Découvertes 2025 a annoncé la création d’un espace d’échange autour de la littérature camerounaise.
« De plus en plus, j’ai commencé à voir dans les commentaires des gens qui me demandaient des recommandations de livres. Je me suis dit : pourquoi ne pas créer un véritable espace où on peut parler de livres ensemble ? À partir de maintenant, chaque début de semaine, je vais vous présenter une œuvre camerounaise et à la fin de la semaine, on va revenir pour discuter du livre, parler de l’histoire, de ce qu’on a aimé, de ce qu’on a moins aimé. Si on fait un livre par semaine, à la fin de l’année, on est quand même à 20 livres lus. J’aimerais beaucoup que vous m’accompagniez dans cette aventure-là pour que tous ensemble, on donne la valeur qu’elle mérite à la littérature camerounaise, » a-t-elle annoncé.

« J’ai grandi avec les livres »
Interrogée par notre rédaction, Ange Laure Tchuenkam raconte que sa relation avec la lecture remonte à son enfance.
« J’ai une très belle histoire avec la lecture, parce que j’ai toujours aimé lire, d’aussi loin que je me souvienne. Mon père est quelqu’un de très cultivé et c’est lui qui m’a transmis cette curiosité. Il m’a appris qu’il fallait toujours chercher à comprendre, faire des recherches, se renseigner et ne jamais cesser d’apprendre. J’ai été initiée très tôt à la lecture grâce à lui, mais aussi grâce à mon oncle qui possédait une bibliothèque et me prêtait régulièrement des livres.»
La comédienne explique que le théâtre a renforcé son attachement à la littérature camerounaise.
« La première pièce dans laquelle j’ai joué était « La Mamie de Cocamba » de Guy Menga. À partir de ce moment-là, j’ai commencé à lire davantage d’auteurs camerounais. En entrant à l’université, j’ai étudié le théâtre camerounais et toute la littérature dramatique camerounaise. J’y ai découvert des œuvres d’une richesse incroyable. Des auteurs comme Kouam Tawa, Éric Delphin Kwegoue ou Gilbert Doho en sont de très beaux exemples. Plus je découvrais cette littérature, plus je me disais qu’elle n’avait rien à envier aux autres littératures du monde. »
Pour elle, il est aujourd’hui essentiel de mettre davantage en lumière ce patrimoine.
« C’est aussi pour cela que j’ai envie d’en parler aujourd’hui : parce que je pense que la lecture en général, et la littérature camerounaise en particulier, méritent d’être davantage mises en lumière. »

Créer une communauté de lecteurs
Au-delà des recommandations de livres, Ange Laure Tchuenkam souhaite bâtir une véritable communauté d’échange autour de la lecture.
« Le but de cette rencontre, c’est de redonner aux gens le goût de la curiosité. Un peuple curieux est un peuple qui se pose des questions, et lorsqu’on se pose des questions, on finit par chercher des réponses. Les livres sont extraordinaires pour cela. Ils nourrissent la réflexion et peuvent parfois transformer notre manière de voir le monde. »
Chaque semaine, elle présentera ainsi une œuvre camerounaise avant d’organiser des discussions avec ses abonnés.
« J’espère que cela donnera envie de découvrir nos auteurs et d’acheter leurs livres. Beaucoup écrivent des œuvres remarquables, mais peinent ensuite à les faire vivre au-delà de leur dédicace. Si, grâce à cette initiative, certains peuvent vendre davantage de livres et vivre un peu mieux de leur travail, j’en serai très heureuse. »
Son ambition ne s’arrête pas là.
« J’aimerais que, demain, nous puissions organiser des rencontres de lecture, réunir des auteurs et des lecteurs, créer de vrais espaces d’échange. Peut-être qu’un jour, cela donnera naissance à un grand festival du livre au Cameroun. Mais tout commence par une chose très simple : redonner aux gens le goût de lire et leur faire découvrir les merveilles qui se cachent dans les livres. »
Une initiative qui va au-delà des réseaux sociaux
Portée par ce nouveau rendez-vous littéraire, Ange Laure Tchuenkam entend mettre la visibilité que lui offre son personnage de « Laure la blanche » au service de la promotion de la lecture et de la valorisation des auteurs camerounais. Une initiative qui ambitionne de créer une communauté de lecteurs, de stimuler les échanges autour des œuvres locales et, à plus long terme, de contribuer au rayonnement de la littérature camerounaise auprès d’un public toujours plus large.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire
Ève-Pérec N.BEHALAL








