Le Festival du Film Européen marque une nouvelle étape à Douala avec une ambition affirmée : participer activement à la structuration et à la professionnalisation du cinéma camerounais. Au programme de cette édition, des masterclass et panels animés par des professionnels locaux, engagés à transmettre leur expérience et à tracer les perspectives d’un secteur en pleine mutation.

Former pour transformer
Pour Franck Thierry Léa Malle, formateur, l’enjeu est avant tout éducatif et inspirant : « L’objectif est de créer et d’émuler chez les jeunes apprenants, les moins jeunes et tous ceux qui veulent faire du cinéma, surtout les passionnés, l’envie d’apprendre davantage et de se former. »
Il souligne également le rôle déterminant de l’Union européenne, initiatrice du festival, qui favorise les échanges entre praticiens du 7ᵉ art et aspirants cinéastes : « On remercie l’Union européenne qui, à travers ce festival, permet aux professionnels du métier comme nous de rencontrer les apprenants et de partager avec eux notre parcours, mais surtout nos expériences. »

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Selon lui, le cinéma camerounais demeure « embryonnaire », mais porté par une énergie et une passion indéniables. La priorité reste la structuration et la formation continue : « Il est important de se structurer, de former, de s’informer, mais surtout de se cultiver et de créer un espace qui est l’avant-scène de l’industrie qu’on souhaite tous. Il est important de se former davantage. »
Une industrie en quête de solutions
Même son de cloche chez Sandra Nelly Kom, formatrice, productrice et actrice, qui dresse un constat lucide : « Le cinéma camerounais aujourd’hui se porte très mal parce qu’on fait des productions et on ne sait pas où les vendre. »
L’absence de circuits de distribution solides constitue un frein majeur au développement du secteur. D’où l’intérêt des panels organisés pendant le festival pour réfléchir aux mécanismes de financement, de diffusion et de rentabilité.
Les masterclasses abordent également des thématiques stratégiques telles que la production à petit budget et l’intégration des nouvelles technologies. Sur l’intelligence artificielle, elle appelle à la prudence : « L’IA a sa place dans le cinéma, mais en même temps elle est aussi un danger, car il y a des émotions qu’on ne peut pas transmettre. C’est une technologie à prendre avec des pincettes. »

Un secteur en pleine dynamique
Présent à l’événement, l’acteur Hervé Nguetch affiche un optimisme mesuré : « Le cinéma camerounais est en train de prendre son envol. Les acteurs autour du métier continuent de se former et de performer pour atteindre l’excellence. »
Ces rencontres permettent, selon lui, de lever le voile sur les réalités du métier et d’apporter des réponses concrètes aux interrogations des jeunes passionnés.

L’intelligence artificielle, un levier maîtrisé
Pour Dominique Minyono, formateur, producteur et réalisateur, l’intelligence artificielle représente un outil d’accompagnement, non un substitut à la créativité humaine : « L’intelligence artificielle peut être utilisée dans les différentes actions pour arriver à réaliser un film, par exemple au niveau du scénario. Elle peut permettre de mieux assembler l’intrigue, les personnages. »

Il précise que l’IA peut faciliter le montage, la structuration du synopsis ou certaines étapes techniques, tout en rappelant que l’essence du cinéma demeure profondément humaine.
Vers une reconnaissance internationale
Tous les intervenants convergent : le cinéma camerounais est en pleine éclosion. Héritier d’une génération pionnière des années 80-90, il aspire désormais à s’aligner sur les standards internationaux, sans renier son identité.
À Douala, le Festival du Film Européen se positionne ainsi comme un véritable catalyseur d’idées et de compétences, contribuant à bâtir une industrie plus organisée, plus ambitieuse et tournée vers l’excellence.

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Benjamin NOAH





