Le 17 septembre 2026 paraît “Réparer le visible : La Cinémathèque Afrique, histoires d’une collection”, un livre qui retrace l’histoire d’un fonds de plus de 1700 films africains conservés en France et interroge sur qui détient les images du continent. Son auteure, la chercheuse béninoise Farah Clémentine Dramani-Issifou.
Un fonds de 1700 films africains et la question de leur avenir
La Cinémathèque Afrique a été créée en 1961 par le ministère français de la Coopération pour promouvoir et diffuser le cinéma africain dans le monde. Intégrée en 2011 au département Cinéma de l’Institut français, elle conserve aujourd’hui l’une des collections les plus complètes du cinéma du continent. Plus de 1700 titres issus de 45 pays, dont plus de 600 sont disponibles pour des projections publiques non commerciales.
Depuis 2018, l’Institut français mène, en partenariat avec le CNC, un programme de restauration et de valorisation de ce patrimoine cinématographique. C’est l’histoire de ce fonds que retrace le livre de Farah Clémentine Dramani-Issifou, préfacé par l’historienne de l’art Bénédicte Savoy, connue pour son rapport de 2018 sur la restitution du patrimoine culturel africain. Le lancement de l’ouvrage est prévu le 17 septembre 2026 à 18h30 à la boutique du cinéma Potemkine, à Paris.

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Farah Clémentine Dramani-Issifou, une commissaire au parcours entre Paris, Dakar et Cotonou
Née en 1982 à Caen d’une mère française et d’un père franco-béninois, Farah Clémentine Dramani-Issifou entame des études d’économie internationale et d’urbanisme entre Grenoble, Lyon et Paris avant de bifurquer vers la programmation cinématographique. En 2011, elle fonde à Cotonou le festival BeninDocs, dédié au premier film documentaire, puis co-crée le Festival des Nouveaux Cinémas Documentaires, qui se déploie ensuite entre Paris, Porto-Novo, Lomé et Phnom Penh. À partir de 2018, elle intègre le comité de sélection des longs métrages de la Semaine de la Critique, section parallèle du Festival de Cannes, avant d’en devenir coordinatrice artistique pour le comité des courts métrages.
Depuis 2020, elle est directrice adjointe du Centre Yennenga à Dakar, lieu de création et de formation cinématographique fondé par le réalisateur Alain Gomis. Elle a par ailleurs été commissaire de plusieurs expositions, dont “Un.e Air.e de Famille” pour la saison Africa2020 en France, et “Tofodji, sur les pas des ancêtres”, consacrée à la restitution de 26 objets rendus au Bénin par la France en 2022. En 2023, elle est faite Chevalier du Mérite des Arts, des Lettres et de la Communication du Burkina Faso, puis devient chercheuse invitée à l’université Harvard et au Harvard Film Study Center.
Une bataille pour la souveraineté des images de l’Afrique
Son livre s’inscrit dans un mouvement plus large. Alors que la restitution des objets et œuvres d’art africains occupe le devant de la scène, celle des archives filmiques reste largement méconnue du grand public. Ceci, alors que des milliers d’heures d’images tournées en Afrique demeurent conservées, cataloguées et diffusées depuis des institutions occidentales. Farah Clémentine Dramani-Issifou raconte elle-même être arrivée au cinéma presque par hasard, marquée par la découverte du documentaire d’une amie franco-sénégalaise à la Sorbonne.

De cette rencontre est née une vocation. Faire des festivals et de la recherche des outils de reconquête narrative pour le continent et ses diasporas. Son parcours illustre donc la possibilité pour de jeunes chercheurs et programmateurs africains, de devenir eux-mêmes gardiens et interprètes de leur propre patrimoine culturel. Plutôt, que de le laisser aux mains de ceux qui l’ont collecté.
En retraçant l’histoire de la Cinémathèque Afrique, Farah Clémentine Dramani-Issifou pose une question qui dépasse le seul cinéma. Celle de la souveraineté sur les images du continent. Un livre à suivre, disponible dès le 17 septembre 2026.

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Eddy Senga








