Du 17 au 22 septembre 2026, le siège de l’UNESCO à Paris accueille “Héritages et contributions de l’Afrique et de ses diasporas à la marche de l’Humanité”, une exposition tirée de plusieurs décennies de recherches scientifiques. Derrière ce chantier historique se trouve un nom peu connu du grand public, l’archéologue camerounais Augustin Holl.
Une exposition qui réécrit le récit du continent Africain
L’exposition “Heritage” sera inaugurée le 17 septembre 2026 à 18h et se tiendra jusqu’au 22 septembre au siège parisien de l’UNESCO. Elle s’appuie directement sur les travaux et les acquis de l’Histoire générale de l’Afrique, le vaste programme scientifique lancé par l’UNESCO, ainsi que sur les contributions du continent et de ses diasporas à l’histoire mondiale. Le parcours abordera successivement les apports africains aux sciences, aux savoirs et aux civilisations, ainsi que les grandes dynamiques historiques qui ont façonné le continent.
Une place centrale est également réservée aux diasporas, envisagées comme un continuum entre les luttes, les savoirs et les réalisations des Africains et des Afrodescendants à travers le monde. Le 21 septembre 2026, un événement de haut niveau viendra inscrire ce travail dans une réflexion plus large sur la culture de la paix. Pour l’UNESCO, la paix ne se réduit pas à l’absence de conflit, elle repose aussi sur le dialogue, le respect de la diversité et la cohésion sociale, que l’histoire et la mémoire contribuent à construire.

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Augustin Holl, le “vagabond apatride” de l’archéologie africaine
Formé à l’histoire sous l’influence et les traces du père jésuite et historien Engelbert Mveng, Augustin Ferdinand Charles Holl a très tôt refusé de limiter sa carrière à son pays d’origine. Contrairement à de nombreux archéologues africains qui, faute de moyens, restent cantonnés à leur région natale. Lui se décrit comme un “vagabond apatride” de la science. Il a mené des travaux de terrain sur des sujets et des zones extrêmement variés. Notamment, la civilisation néolithique de Dhar Tichitt en Mauritanie, le chalcolithique du Negev en Israël, le site de Houlouf dans le nord du Cameroun, la région de la Boucle du Mouhoun au Burkina Faso, et les célèbres mégalithes de Sénégambie.
Il a enseigné à l’université Paris-Nanterre jusqu’en 1997, puis à l’Université de Californie à San Diego, avant de devenir conservateur de la division Afrique du musée d’anthropologie de l’Université du Michigan à Ann Arbor. Il enseigne aujourd’hui à l’université de Xiamen, en Chine. Ses recherches ont notamment contribué à démontrer l’origine africaine de l’agriculture et de la métallurgie du fer, longtemps attribuées à des influences extérieures. Depuis plusieurs années, il préside le Comité scientifique international de l’Histoire générale de l’Afrique de l’UNESCO. C’est à ce titre qu’il a annoncé, le 17 octobre 2025 à Paris, l’achèvement des trois derniers volumes (IX, X et XI) de cette collection en onze tomes. La matière scientifique même sur laquelle s’appuie l’exposition de septembre 2026.

Une leçon pour la relève africaine
Le parcours de Augustin Holl dépasse le cadre académique. Il illustre la possibilité pour un chercheur africain de s’affranchir des frontières nationales et disciplinaires imposées par le manque de financement de la recherche sur le continent. Alors que les débats sur la restitution du patrimoine matériel africain (objets, œuvres d’art) occupent une large place dans l’actualité, son travail rappelle qu’une autre bataille se joue au niveau des récits eux-mêmes.
Qui raconte l’histoire de l’Afrique ? Et à partir de quelles sources ? En plaçant des chercheurs africains à la tête d’un chantier scientifique mondial financé et porté par l’UNESCO, ce projet ouvre une voie pour une nouvelle génération d’historiens et d’archéologues du continent, appelés à documenter leur propre passé plutôt que de le voir raconté par d’autres.
L’exposition parisienne sur l’histoire africaine est donc bien plus qu’une simple présentation muséale. C’est la mise en lumière publique de plusieurs décennies de recherche scientifique portées par un chercheur camerounais. Pour qui s’interroge sur l’histoire derrière les images exposées à l’UNESCO du 17 au 22 septembre, un nom mérite d’être retenu : Augustin Holl.


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Eddy Senga








