Devenir mère ne signifie pas renoncer à ses aspirations personnelles. Si la maternité transforme profondément la vie d’une femme, elle ne devrait pas pour autant effacer ses envies, ses projets et son besoin d’indépendance. C’est la réflexion partagée par Sibylle, vidéaste, creatrice de Contenu et mère de trois enfants. Dans une vidéo, elle y explique les raisons qui l’ont poussée à louer un appartement à Paris pour y vivre seule, loin de son cadre familial, tout en revenant sur son expérience de la maternité précoce.
Maternité précoce : « Je ne regrette pas d’avoir eu des enfants jeunes »
Mère pour la première fois à 23 ans, Sibylle porte aujourd’hui un regard nuancé sur son choix de devenir maman relativement tôt. Avec le recul, elle reconnaît les avantages de cette expérience, notamment celui de voir ses enfants gagner progressivement en autonomie alors qu’elle entre dans la trentaine.
« Je ne regrette pas d’avoir eu des enfants jeunes. […] Maintenant, j’ai la trentaine, mes enfants commencent à être autonomes, je peux me permettre de faire d’autres choses, je peux me permettre de me redécouvrir, je peux me permettre aussi de vivre entre guillemets ma jeunesse. »
Pour autant, elle ne présente pas son parcours comme un modèle à reproduire.
« Un enfant, je suis désolée, ça change complètement la donne pour ta vie, ça change complètement par rapport à tes objectifs, par rapport à ce que tu fais. […] Un enfant, une fois qu’il est dans ta vie, si tu es fatiguée, si tu n’en peux plus, si tu n’arrives pas à suivre, tu vas le rendre à qui ? »

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L’implication du père, un soutien déterminant
Dans son témoignage, Sibylle insiste également sur la place du père dans l’éducation des enfants.
Elle évoque ainsi son compagnon Harold, qu’elle décrit comme un père présent et impliqué.
« Moi, je vous dis ça en ayant un homme qui est un père exceptionnel. Franchement, Harold, c’est un père vraiment… je n’aurais pas pu demander meilleur père pour mes enfants. »
Elle explique que cette implication lui a permis de continuer à développer ses activités sans avoir le sentiment que ses enfants constituaient un frein à ses projets.
« J’ai jamais eu de problème à partir en voyage. Harold a toujours mis un point d’honneur à ce que nos enfants ne m’empêchent pas de vivre. […] Il joue son rôle de père et pas juste un géniteur. C’est un père. »

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Un appartement pour retrouver son espace personnel
Au-delà de la question de la maternité précoce, Sibylle revient sur la décision qui suscite des interrogations : louer un appartement pour elle seule, sans y installer ses enfants.
Elle insiste sur le fait qu’elle continue de voir ses enfants quotidiennement et qu’ils bénéficient de la présence et du soutien de leurs deux parents.
« J’adore mes enfants, c’est la prunelle de mes yeux. Je mourrais pour eux. […] Mais néanmoins, ce n’est pas parce que je les aime à en mourir que ça veut dire que je m’oublie en tant que personne, en tant que maman, en tant que femme. »
Pour elle, cet appartement représente aussi la possibilité de vivre à son rythme, d’organiser son environnement selon ses envies et de profiter d’un espace qui lui appartient entièrement.
« Aujourd’hui, le fait de prendre cet appartement, c’est aussi un peu un moyen pour moi de réclamer, de reprendre mon indépendance de femme et de jeune fille, de dire que oui, je suis aussi capable d’être seule, de vivre seule, de kiffer la vie seule. »
Elle précise que cet espace est avant tout un lieu de ressourcement, où elle peut se retrouver sans avoir à organiser chaque détail autour des besoins des enfants.
« Une mère heureuse sera toujours une meilleure mère qu’une mère malheureuse »
Sibylle dénonce également ce qu’elle considère comme un double standard dans le regard porté sur les parents.
Elle refuse ainsi que son choix de vivre seule soit interprété comme un abandon de ses responsabilités maternelles.
« C’est OK de vouloir parfois couper de votre vie de mère. […] Ce n’est pas parce que j’ai des enfants que maintenant mes enfants sont collés à moi. […] Je ne veux pas m’oublier, je veux aussi vivre ma vie. »
Elle défend l’idée qu’une mère qui prend soin de son équilibre personnel peut aussi mieux profiter des moments passés avec ses enfants.
« Une mère heureuse sera toujours, enfin pour moi dans mon livre, une meilleure mère qu’une mère malheureuse. »

Sibylle refuse de renoncer à son « rêve niche »
Au-delà de son choix de logement, la vidéaste présente cet appartement comme la concrétisation d’un rêve personnel qu’elle nourrit depuis plusieurs années : avoir son propre espace dans le quartier de Paris qu’elle affectionne. Elle explique que ce projet accompagne également le développement de son activité et la création de nouveaux contenus.
Face aux critiques qu’elle dit recevoir, elle refuse de se sentir coupable de poursuivre ses ambitions.
« Je suis en train de vivre mon rêve niche. J’ai mon business, j’ai mon appartement, je kiffe, je vis mon rêve niche. Mais pourquoi est-ce que parce que je vis mon rêve niche, on commence à me critiquer ? Ne laissez pas la société et les gens vous empêcher de vivre vos rêves »
Son message à celles qui hésitent encore à réaliser leurs propres projets est sans détour :
« Les filles, ne lâchez pas votre rêve niche. […] Ne laissez pas la société et les gens vous empêcher de vivre vos rêves niches. Si vous avez un rêve, vous avez un objectif, vous avez un projet, quoi que ce soit, levez-vous, faites les actions. »

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Muriel Yanga










