À Paris, les 21 et 22 mars 2026, le Salon du livre africain a mis en lumière le dynamisme de la scène littéraire camerounaise, portée par des voix féminines engagées et ancrées dans les réalités contemporaines. Auteures, éditrices et actrices culturelles ont captivé un public nombreux lors de rencontres et échanges célébrant la littérature africaine.
Bibiche Kound : une rencontre intense avec ses lecteurs
Parmi les figures marquantes, Bibiche Kound a su créer une véritable connexion avec son public à travers ses ouvrages « Libre » et « Afrique en Larmes ». « C’était au-delà de mes espérances… j’ai vécu des moments d’échange intense avec le public venu nombreux. » Entre dédicaces, échanges et témoignages de lecteurs venus parfois de loin, l’auteure a été touchée par l’intérêt suscité par la littérature africaine : « C’est très gratifiant… le plus important pour un auteur, c’est d’être lu. » Engagée pour la santé mentale et la dignité humaine, elle voit dans cette expérience un tournant :
« C’est un tournant décisif dans mon parcours… ça va m’inspirer dans mon écriture. »


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Hélène Maliga : transmettre la langue, transmettre l’identité
Avec « Apprendre le Bassa’a« , Hélène Maliga a touché une corde sensible auprès des familles de la diaspora. « Ce n’est pas juste un livre, c’est un pont entre les générations. » Son constat est sans appel :
« Il y a une véritable soif… une soif de retour aux racines, de réappropriation. »
Face aux regrets exprimés par certains parents, son engagement prend une dimension encore plus forte : « Aujourd’hui, les langues africaines deviennent un acte conscient, presque un engagement. » Son ambition dépasse largement le livre : créer des expériences immersives pour faire vivre la langue et renforcer la fierté identitaire chez les plus jeunes.

Irène Maben : des thématiques universelles qui touchent
De son côté, Irène Maben a marqué les esprits avec « J’étais une femme riche » et « L’Ailleurs« . « La solitude est une question générale… nous sommes parfois très entourés, mais en réalité seuls. » Une thématique qui a particulièrement résonné auprès du public parisien : « Les populations ici vivent une grande solitude… elles veulent parfois juste être écoutées. » À travers ses œuvres, l’auteure interroge les relations humaines, l’isolement et les quêtes intérieures, des sujets universels qui expliquent le succès rencontré.

Yvette Nouga : l’émotion au cœur du récit
Avec son roman « Amnésique« , Yvette Nouga a une nouvelle fois captivé les lecteurs. Entre péripéties amoureuses et brassages culturels, son œuvre agit comme un véritable « champ magnétique », attirant un public curieux et ému. Sa présence le 22 mars a confirmé l’intérêt croissant pour des récits mêlant identité, amour et introspection.

Christelle Noah et Éclosion : une vitrine pour la littérature camerounaise
Derrière cette visibilité, le travail éditorial joue un rôle clé. Christelle Noah, directrice de Éclosion Éditions, se réjouit de l’accueil réservé à ses auteurs : « Le salon est une vitrine pour valoriser nos auteurs… et porter leurs livres à l’international. »
Le succès est au rendez-vous : « Tous les auteurs ont fait des ruptures de stock… l’accueil a été très favorable. » Une dynamique qui ouvre de nouvelles perspectives : « C’est une grande porte pour la visibilité de nos auteurs. »


Une vitrine éditoriale camerounaise remarquée
Au Salon du livre africain de Paris, le Cameroun s’est illustré à travers une présence éditoriale dynamique et structurée. Des maisons telles que « Éditions Cerfotola » et « Éclosion Éditions » ont porté haut les couleurs de la littérature nationale, en mettant en avant des œuvres riches et engagées. Cette visibilité a été renforcée par l’implication institutionnelle de la « ville de Douala« , représentée par son maire, témoignant d’un soutien affirmé à la promotion du livre et des talents camerounais sur la scène internationale.
Une littérature féminine engagée et en pleine expansion
Au-delà des chiffres et des ventes, ce sont des voix, des combats et des identités qui se sont exprimés à Paris. Santé mentale, transmission culturelle, solitude, mémoire ou encore condition féminine : les auteures camerounaises imposent une écriture engagée, humaine et universelle. Le Salon du livre africain de Paris aura ainsi été le théâtre d’une véritable affirmation : celle d’une littérature féminine camerounaise forte, inspirante et résolument tournée vers le monde.

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Diane Laure MISSEKOU




