L’Institut Français du Cameroun de Douala vibre ce vendredi 20 mars 2026 au rythme du Mbolé à l’occasion de la projection du court métrage « TOUT L’OR DU KWATT », réalisé par Éric AKAM, dans le cadre du CADAWEE. Pendant 48 minutes, le public a été plongé dans un univers musical en pleine expansion, reflet des réalités sociales d’une jeunesse camerounaise en quête de voix et de reconnaissance.
Le Mbolé, une expression née des quartiers populaires
Originaire des quartiers populaires de Yaoundé parmi lesquels Nkolndongo, Anguissa, Mvog-Ada, Mokolo, Anguissa, Efoulan ou encore Melen, le Mbolé s’impose comme une forme d’expression directe des réalités quotidiennes. Entre chômage, débrouillardise et marginalisation, ce genre musical donne une voix à ceux que la société tend à invisibiliser.


Dans son film, Éric AKAM retrace le parcours des pionniers et met en lumière une jeunesse qui s’approprie ce mouvement pour transformer ses difficultés en création artistique.

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Une esthétique ancrée dans l’authenticité
Pour le réalisateur, capter le Mbolé suppose de rester fidèle à son essence, loin des artifices du studio ou des formats commerciaux.
« Il y a d’abord une double question esthétique. On s’est rendu compte que le Mbolé, quand il quitte le kwatt ou le studio, ce n’est plus vraiment le Mbolé, c’est une autre musique qui marche mieux en club. Le Mbolé, c’est taper les mains, c’est bouger le corps, c’est la voix. »
Cette approche souligne la dimension organique du Mbolé, incarnée notamment par des artistes comme Maître Cosmos.
« Cette énergie-là, comment on peut traduire ce qu’il joue électroniquement sans perdre quelque chose ? »
Entre stigmatisation et affirmation identitaire
Souvent caricaturés comme des délinquants ou des jeunes en échec, les acteurs du Mbolé souffrent d’une image sociale négative. Le film s’attache à déconstruire ces préjugés en révélant la richesse et l’intelligence de leur expression artistique.
« Quand vous avez une performance de Mbolé, vous avez un corps qui est exploré de manière très, très, très intelligente. »
À travers cette mise en lumière, « TOUT L’OR DU KWATT » apparaît comme un plaidoyer pour la reconnaissance d’une culture urbaine authentique et engagée.

Un récit social au cœur du film
Au-delà de la musique, le court métrage s’inscrit dans une narration plus large, centrée sur les tensions sociales et familiales, notamment à travers le personnage de Willy.
« Le format que vous regardez aujourd’hui est destiné davantage au drame social, la caméra va dans les quartiers pour recueillir la vie d’autres personnes qui vivent cette même aventure. »
Le réalisateur précise également qu’une version plus riche en danse existe :
« On a de très, très belles scènes de danse. Elles existent dans une version plus amplifiée. »
En choisissant de privilégier le drame social, Éric AKAM propose une lecture sensible et engagée du Mbolé, bien au-delà de sa dimension musicale.
À travers « TOUT L’OR DU KWATT », présenté au CADAWEE, Éric AKAM signe une œuvre forte, à la croisée de l’art et du témoignage social, qui participe à redéfinir le regard porté sur toute une génération.
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Benjamin NOAH








