Révélée au grand public grâce à The Voice France, la chanteuse belgo-congolaise Mentissa ouvre une nouvelle page de son histoire avec « Enfants difficiles », son deuxième album. À 27 ans, l’artiste, née en Belgique au sein d’une famille d’origine congolaise, choisit de mettre des mots sur les blessures qui ont marqué son enfance, son rapport à l’identité et son long chemin vers l’acceptation de soi.
Entre deux cultures, une voix qui s’est imposée
Issue d’une famille congolaise installée en Belgique dans les années 1990, Mentissa grandit entre deux cultures. À l’école, elle parle néerlandais ; à la maison, le français. Une double identité qui nourrit autant sa richesse que ses questionnements. « J’ai un rapport compliqué à mon identité. Petite, j’avais l’impression de n’être à ma place nulle part. Je serai toujours cette petite fille qui cherche sa place. »

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Une enfance marquée par les épreuves, portée par une mère courage
Principalement élevée par sa mère, qu’elle décrit comme « le pilier de ma famille », Mentissa évoque une enfance traversée par des tensions familiales et un sentiment de solitude. Très jeune, elle trouve dans la musique un refuge. « Les gens me regardaient enfin pour quelque chose de positif. » Le chant devient alors bien plus qu’une passion : une manière de reprendre confiance et d’exister autrement.
De The Voice à une carrière qui s’affirme
Après avoir remporté The Voice Kids Belgique à seulement 15 ans, Mentissa poursuit son rêve à travers plusieurs concours. C’est finalement en 2021, dans The Voice France, qu’elle conquiert le public. Portée par « Et Bam », chanson écrite par Vianney, elle atteint la finale et lance véritablement sa carrière. Son premier album, « La Vingtaine« , certifié disque de platine, lui ouvre les portes des plus grandes scènes, des Victoires de la Musique, des NRJ Music Awards, ainsi que des Enfoirés.
Avec « Enfants difficiles », Mentissa ouvre les blessures de son passé
Dans son nouvel album, la chanteuse abandonne les faux-semblants pour raconter ce qui l’a construite. « Je serai toujours cette petite fille qui cherche sa place. Mais j’ai passé un cap dans le fait d’assumer cette pluralité dans mon identité. Ce sont les gens qui me font me sentir chez moi. » Au fil des morceaux, elle évoque le manque de confiance en elle, les difficultés d’intégration, mais aussi les violences intrafamiliales qui ont marqué son enfance. Sur le titre « Comme un loup », elle raconte : « Le désespoir d’une enfant qui se sent démunie face à ces violences et cette injustice. Ce sont ces épreuves qui m’ont poussée à grandir vite. »

Transformer les traumatismes en force
Mentissa aborde également les injonctions faites aux femmes, la reconstruction personnelle et la difficulté d’aimer après les blessures. « Est-ce qu’on peut aimer quand même, quand on n’a pas le cœur en place ? », s’interroge-t-elle dans l’un des titres de l’album. Pour l’artiste, ce projet est avant tout un travail de guérison. « J’avais la volonté de vaincre ma peur de parler de mon passé pour tendre la main à d’autres. » Elle reconnaît que certaines blessures restent encore présentes. « J’ai du mal à faire confiance, à ne pas être en hypervigilance, à ne pas être trop dure envers moi-même ou avec les autres. J’y travaille. »
Une artiste qui assume enfin toutes ses facettes
Musicalement, Enfants difficiles reste fidèle à l’univers pop qui a révélé Mentissa tout en s’ouvrant à des sonorités plus rock et électroniques. Mais au-delà de la musique, ce deuxième opus marque surtout une évolution personnelle. Plus qu’un album, il raconte le parcours d’une jeune femme qui accepte désormais toutes les facettes de son identité et espère que son histoire résonnera auprès de celles et ceux qui portent encore les blessures de l’enfance. « Être une enfant traumatisée n’est pas facile tous les jours. Mais avoir le bon entourage aide. »

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Diane Laure MISSEKOU








