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Nikanor : 13 ans de carrière, des leçons fortes et une vision pour l’avenir de la musique africaine

Depuis plus de dix ans, Nikanor figure parmi les artistes les plus populaires du Bénin. Derrière ses nombreux succès se cache un parcours marqué par les doutes, les échecs et la résilience. Dans un entretien publié le 29 juin 2026 par Cotonou Boy, l’interprète de Nico revient sur les grandes étapes de sa vie.

« J’ai grandi dans une famille modeste »

Nikanor évoque une enfance simple dans un quartier populaire de Cotonou. Issu d’une famille chrétienne, il grandit entre école, église et vie de quartier. « J’ai grandi dans une famille modeste. Tout le monde se connaissait dans le quartier. Cette proximité avec la nature et les gens a façonné la personne que je suis devenue. » Très tôt, il découvre la musique à travers les groupes folkloriques avant de rejoindre la chorale de son église comme percussionniste puis batteur.

Nikanor : 13 ans de carrière, des leçons fortes et une vision pour l’avenir de la musique africaine

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La musique plutôt que la biochimie

Rien ne le destinait pourtant à la musique professionnelle. Passionné de sciences, il envisageait une carrière en biochimie. « J’étais très bon en chimie. Je voulais faire de la biochimie. Mais quand mon premier contrat est arrivé, j’ai dû choisir entre les études et la musique. »

« Mon père voulait que je parte travailler à l’étranger »

Son père avait d’autres projets pour lui, notamment une opportunité de départ à l’étranger. Mais Nikanor choisit la musique. « Il m’a dit : “Si la musique ne marche pas, tu te débrouilles.” » Le premier contrat échoue, il rate son année universitaire et traverse une période difficile. « J’avais raté le voyage, le contrat n’a pas marché, j’ai échoué en première année. J’ai énormément douté. »

« Je n’ai jamais douté de mon talent »

Malgré tout, une conviction reste intacte.
« Je n’ai jamais douté de mon talent. Je savais que j’avais quelque chose de particulier. » Il devient répétiteur pour survivre, tout en poursuivant ses études grâce à une bourse. Une seconde maison de production lui ouvre ensuite les portes du succès.

L’église et la rupture

Son entrée dans la musique urbaine provoque des tensions avec son église après la sortie de son premier clip.
« Le comité de l’église m’a appelé. On m’a dit : “Vous ne pouvez plus toucher à la batterie.” » Il fait alors un choix définitif.
« Je suis resté connecté à Dieu, même si j’ai quitté cette église. »

Depuis plus de dix ans, Nikanor figure parmi les artistes les plus populaires du Bénin. Derrière ses nombreux succès se cache

Polémiques et silence

Face aux critiques, l’artiste adopte une posture constante. « Personne ne peut juger ton chemin sans avoir marché dans tes chaussures. » Il préfère se concentrer sur sa musique. « Ce que les gens voient n’est pas forcément la vérité. » « Le regret peut détruire une personne » Pour lui, avancer reste essentiel. « Le regret peut te ronger de l’intérieur. Il faut apprendre et continuer. »

« Nico », un tournant majeur

La chanson « Nico« , écrite après la perte de son père, marque un moment fort de sa carrière. « Il y avait beaucoup de moi dans cette chanson. Je sentais qu’elle avait quelque chose de spécial. » L’émotion est immédiate lors des premières écoutes. « La première personne à qui je l’ai fait écouter a fondu en larmes. »

Une carrière construite sur la résilience

Pour l’artiste, aucun hit ne peut être prédit.
« Personne ne peut dire avec certitude qu’un morceau sera un hit. » Les années ont forgé sa vision. « Le plus important, c’est de rester fidèle à soi-même. » « Il y a beaucoup d’argent dans la musique » Avec le temps, Nikanor découvre les enjeux économiques du secteur.

« Il y a beaucoup d’argent dans la musique.

Le vrai succès, c’est de comprendre le business. » La vente de son premier album marque un déclic. « J’ai compris qu’il fallait apprendre à gérer sa carrière. » Aujourd’hui, il privilégie la qualité à la course aux hits. « Aujourd’hui, je recherche la qualité. » Il travaille sur un nouvel album et refuse parfois des prestations pour se concentrer en studio.

L’international sans renier ses racines

Il vise désormais l’ouverture mondiale.
« Je veux emmener mon public avec moi. »
Mais pour lui, l’évolution est indispensable.
« Le vrai défi, c’est de s’ouvrir au monde. »
Avec son équipe, il privilégie désormais des résidences créatives. « On reste une semaine ensemble et on ne fait que créer. »
Objectif : évoluer artistiquement. « Je veux que les gens se disent : ce n’est plus le Nikanor qu’on connaissait. »

Streaming et avenir de l’industrie

Il insiste sur l’importance du digital.
« Plus le public streamera, plus les artistes prendront de la valeur. » Il veut avant tout inspirer. « Je veux laisser une vision sur le long terme. » « Je suis heureux, mais pas satisfait » À 13 ans de carrière, Nikanor se dit reconnaissant mais ambitieux. « Je suis très heureux, mais je ne suis pas satisfait. »
Et de conclure : « Je n’ai pas de regrets, seulement des expériences. ».

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Diane Laure MISSEKOU

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