Dans une publication diffusée ce lundi 20 juillet 2026, Françoise Puene, plus connue sous le nom de « Mami Nyanga », livre un témoignage qui dépasse le simple récit de réussite. La femme d’affaires, sénatrice et promotrice du Franco Hôtel retrace un parcours marqué par un mariage précoce, une répudiation, la pauvreté, la prison et le commerce ambulant. Autant d’épreuves qui, selon elle, ont forgé la femme qu’elle est devenue. Avec son franc-parler habituel, elle adresse également un message fort à la jeunesse camerounaise et aux femmes qui doutent encore de leur capacité à réussir.
« Moi, je suis mon père, je suis ma mère, je suis mon mari »
L’une des phrases les plus marquantes de cet échange résume toute la philosophie de vie de Françoise Puene. « Moi, je suis mon père, je suis ma mère, je suis mon mari. Donc je suis trois en un. Je sais ce que c’est qu’une femme trois en un. » Répudiée très jeune après un mariage précoce alors qu’elle n’avait que 14 ans, elle raconte avoir connu la stigmatisation, la précarité et le rejet. « J’ai été programmée pour échouer, mais j’ai programmé ma vie pour réussir. » Pour elle, cette souffrance est aujourd’hui la source de son engagement auprès des femmes veuves, des mères célibataires et des femmes rurales.

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Une enfance modeste qui lui a appris le goût du commerce
Bien avant de devenir une figure de l’entrepreneuriat camerounais, « Mami Nyanga » vendait déjà du tapioca et des beignets pendant les vacances scolaires.
Elle affirme que son instinct commercial remonte à l’enfance. « J’étais la meilleure vendeuse de toute notre famille. Les autres revenaient avec des invendus, moi je vendais toujours tout. » Selon elle, entreprendre n’a jamais été un choix de carrière, mais une manière de survivre.
Le voyage clandestin vers Cotonou qui a changé sa vie
L’un des passages les plus saisissants de son témoignage reste son premier voyage vers le Bénin. Après avoir économisé 80 000 FCFA, elle décide seule de partir acheter de la marchandise. Sans passeport ni laisser-passer, elle traverse plusieurs frontières grâce aux conseils de parfaits inconnus. « Je suis partie de Bafang avec 80 000 francs CFA sans connaître Cotonou. Je voulais simplement offrir du pain et de la sardine à mes enfants. » Ce voyage marquera le début de son ascension dans le commerce de tissus et de la friperie.
« Les jeunes n’ont plus de modèle »
La sénatrice s’inquiète de la vision qu’une partie de la jeunesse entretient vis-à-vis de la réussite. Selon elle, beaucoup rêvent uniquement d’intégrer la fonction publique. « Les jeunes n’ont plus de modèle. Ils veulent tous devenir fonctionnaires alors qu’il faut aussi apprendre à entreprendre. » Elle insiste sur l’importance d’avoir une personne inspirante. « Si vous n’avez pas de modèle qui vous inspire, il est très difficile de réussir. »

« J’ai bâti toute ma vie sur l’échec »
Pour Françoise Puene, les échecs ne sont pas des freins mais des fondations. « L’échec est toujours orphelin et le succès a toujours des parents. » Elle poursuit :
« C’est en échouant que j’ai réussi. J’ai bâti toute ma vie sur l’échec. » À ses yeux, ceux qui craignent l’échec se privent eux-mêmes de toute possibilité de réussir. « Ceux qui ont peur d’échouer ne peuvent pas réussir. L’échec est le fondement de la réussite. »
Treize mois de prison : « J’y ai rencontré Dieu »
L’entrepreneure revient également sur l’une des périodes les plus difficiles de son existence : son incarcération. Pendant treize mois, elle dit avoir complètement transformé sa manière de voir le monde.
« Avant la prison, je ne connaissais pas Dieu. C’est là-bas que j’ai découvert la foi. »
Elle explique avoir profité de cette période pour étudier le droit, lire la Bible, le Coran et approfondir sa connaissance des textes religieux. « Je suis sortie de prison transformée, riche humainement, riche intellectuellement et riche moralement. » Elle affirme aujourd’hui conserver une confiance totale dans la justice camerounaise.
« Le bonheur des autres est devenu ma devise »
Au-delà de ses succès dans les affaires, Françoise Puene affirme que sa plus grande satisfaction réside désormais dans l’aide qu’elle apporte aux autres. « Ma devise aujourd’hui, c’est le bonheur des autres. » Elle reconnaît toutefois que la philanthropie n’est pas toujours récompensée. « Il est très difficile d’aider les autres, parce que souvent ceux à qui vous avez tout donné sont les premiers à vous trahir. » Une déclaration qui illustre sa vision parfois lucide, parfois désabusée des relations humaines.
Le message qu’elle adresse aux jeunes entrepreneurs
Avant de conclure, « Mami Nyanga » lance un appel à la jeunesse camerounaise. Selon elle, le manque d’argent n’est pas le principal obstacle. « Vous êtes 95 % de talent et seulement 5 % de financement. » Elle encourage les jeunes à miser avant tout sur leur discipline, leur rigueur et leur confiance en eux. « De l’impossible vers le possible, il y a la détermination, la discipline et la confiance en soi. »
Une vie transformée en message d’espoir
À travers ce témoignage, Françoise Puene rappelle qu’aucun destin n’est figé. Partie d’une enfance modeste, marquée par un mariage précoce, la pauvreté, le rejet social et la prison, elle a construit un empire entrepreneurial tout en s’imposant dans la sphère politique. Son histoire résonne aujourd’hui comme une invitation à transformer les épreuves en moteur de réussite et à croire qu’avec du travail, de la persévérance et de la foi, l’impossible peut devenir possible.

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Diane Laure MISSEKOU










