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Les confidences explosives de Benoît Assou-Ekotto sur sa carrière, la justice et le Cameroun

L’ancien international camerounais Benoît Assou-Ekotto s’est confié sans filtre dans un entretien d’une rare intensité. De ses démêlés judiciaires à son combat de père, de sa philosophie du football à son amour du Cameroun, sans oublier son regard sur les binationaux, l’ancien défenseur de Tottenham Hotspur F.C. livre une parole libre, assumée et profondément personnelle.

« J’ai été placé en garde à vue alors que je n’avais frappé personne »

Le passage le plus bouleversant de l’entretien concerne les accusations de violences conjugales dont Benoît Assou-Ekotto affirme avoir été victime. L’ancien Lion Indomptable raconte avoir été convoqué au commissariat sans même connaître le motif. « Le policier m’a dit : « Vous êtes là pour violences conjugales. » Je suis resté sans voix. Je ne savais même pas de quoi il parlait. » Il explique avoir passé une journée entière en garde à vue avant d’être entendu, tout en assurant n’avoir jamais levé la main sur son ancienne compagne. « Je lui ai dit : si je l’avais réellement frappée, elle ne serait pas venue déposer plainte dans cet état-là. »

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À l’issue de cette affaire, un policier lui aurait donné un conseil qui l’a profondément marqué. « Il m’a dit : « Si ça commence à crier, enregistre-toi. Que ce soit vrai ou faux, on viendra vous chercher. » » Depuis, l’ancien défenseur recommande de conserver toutes les preuves possibles. « Gardez tous vos messages. Même six ans après, ils peuvent ressortir contre vous. »

La bataille pour ses enfants : « Aujourd’hui encore, on est dans la reconstruction »

Au-delà de cette procédure judiciaire, Benoît Assou-Ekotto revient sur le combat qu’il a mené pour obtenir la garde de ses enfants. « Les enfants ont payé le prix fort. Aujourd’hui encore, on est dans la reconstruction. » Selon lui, les témoignages de ses propres enfants ont finalement permis de faire évoluer la situation.

« Le football était mon travail »

Comme tout au long de sa carrière, Benoît Assou-Ekotto revendique une vision très pragmatique du football. « Il faut que je gagne ma vie et la gagner convenablement. C’était mon objectif et c’est pour ça que je jouais. » Pour lui, il n’y a rien de honteux à reconnaître que le football était avant tout un métier. « Moi, je viens pour l’argent, mais je viens donner le meilleur de moi-même. » Une philosophie qui lui a souvent valu des critiques en France, alors qu’en Angleterre, où il a évolué pendant de nombreuses années, elle était selon lui parfaitement comprise.

Une carrière construite sur la discipline

L’ancien joueur de Tottenham attribue également sa longévité à une hygiène de vie irréprochable. « Jusqu’à aujourd’hui, l’alcool le plus fort que je bois, c’est du panaché. Je ne bois pas d’alcool, je ne fume pas. » À ses yeux, l’alcool reste l’un des principaux ennemis des footballeurs professionnels. « L’alcool fait vraiment des ravages. »

Une retraite vécue « avec un grand sourire »

Contrairement à de nombreux anciens joueurs, Benoît Assou-Ekotto affirme avoir très bien vécu la fin de sa carrière. « J’ai accueilli la retraite avec un grand sourire. » Retrouver une vie familiale normale a été une véritable satisfaction, même si ses difficultés personnelles ont ensuite bouleversé cette nouvelle étape.
Il raconte également avoir redécouvert le football sous un autre angle. « C’est là que j’ai vraiment aimé le football. On joue sans pression, juste pour le plaisir. »

Lens, Tottenham… et aucun regret

En revenant sur son départ du RC Lens vers Tottenham, Benoît Assou-Ekotto estime que sa carrière aurait pu prendre une toute autre direction. Il révèle même qu’il n’aurait probablement jamais quitté Lens si le club avait accepté de revoir son salaire. « J’ai remercié le président de ne pas m’avoir prolongé. Sinon, je serais probablement resté toute ma carrière à Lens. »

Pourquoi il a choisi le Cameroun

Né en France d’un père camerounais et d’une mère polonaise, Benoît Assou-Ekotto explique que son choix de défendre les couleurs des Lions Indomptables s’est imposé naturellement. « Quand tu es petit et que tu es métis, tu es rarement métis. Tu es noir. » L’ancien international reconnaît également que l’histoire entre la France et l’Afrique a pesé dans sa réflexion. « Je n’étais pas fan de porter ce maillot-là. »
Puis il ajoute : « Si le Cameroun avait eu le comportement qu’a eu la France envers l’Afrique, j’aurais choisi de jouer pour la France. » Pour lui, une fois sous les couleurs camerounaises, il n’existe aucune différence entre les joueurs nés au pays et ceux de la diaspora. « Une fois que tu mouilles le maillot, tu es Camerounais. »

Binationaux : « L’Afrique doit être plus dure »

Interrogé sur les joueurs qui hésitent entre une sélection africaine et une sélection européenne, Benoît Assou-Ekotto estime que les fédérations africaines devraient adopter une position plus ferme. « J’attendrais des pays africains qu’ils soient beaucoup plus durs vis-à-vis de ça. »
Pour lui, certains joueurs considèrent les sélections africaines comme une solution de repli. « Le pays africain sera toujours là. Alors ils tentent leur chance avec les pays européens et si ça ne marche pas, ils viennent. » Il rappelle toutefois que ces choix répondent aussi à des réalités économiques. « Business parlant, c’est mieux de jouer pour un pays européen. » Les sponsors, la visibilité et la valeur marchande des joueurs restent, selon lui, des facteurs déterminants.

Le football africain doit grandir

Pour l’ancien Lion indomptable, le véritable défi du football africain est désormais de construire des championnats suffisamment solides pour retenir leurs meilleurs talents. « Je souhaiterais que les pays africains aient des championnats afin de valoriser les joueurs africains. » Il cite notamment l’exemple de l’Égypte. « Les Égyptiens restent parce qu’ils sont bien payés. »

« Le joueur de foot est plus qu’un joueur de foot »

Enfin, Benoît Assou-Ekotto regrette que les footballeurs soient souvent réduits à leurs performances sportives. « Le joueur de foot est plus qu’un joueur de foot. » Et de conclure : « Il réfléchit, il a des sentiments, il a des avis. »

Une prise de parole fidèle à la personnalité de Benoît Assou-Ekotto : directe, assumée et sans filtre, qui relance plusieurs débats sensibles, de la présomption d’innocence à la place des binationaux, en passant par les réalités économiques du football et l’après-carrière des sportifs.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui-ci.

Diane Laure MISSEKOU

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