Confidences intimes et convictions tranchées, ce 30 juin 2026, le général Camille Makosso, figure particulièrement connue pour sa présence remarquée et très active sur les réseaux sociaux, estime que TikTok et, plus largement, les plateformes numériques exercent une influence préoccupante sur la jeunesse, dénonçant leurs dérives, leur impact sur les comportements et la perte de repères, tout en appelant à une prise de conscience collective face aux enjeux de la spiritualité, du leadership et de la responsabilité individuelle dans un monde numérique en pleine mutation.
« TikTok est un instrument qui va détruire l’Afrique »
Pour Camille Makosso, TikTok représente aujourd’hui l’un des plus grands dangers pour la jeunesse africaine. « TikTok est un monde où tu peux gagner beaucoup d’argent, mais aussi perdre ta vie. Beaucoup d’influenceurs ont fait des alliances avec la magie noire pour obtenir la célébrité. » Selon lui, les réseaux sociaux favorisent la haine, les insultes, la désinformation et détournent les jeunes des études. « Si j’étais président, à partir de 23 heures je couperais TikTok et tous les réseaux sociaux jusqu’à 7 heures du matin. C’est l’instrument qui va détruire l’Afrique.»

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Il estime également que l’intelligence artificielle et les fausses informations risquent d’alimenter des crises politiques sur le continent. « On invente des choses avec l’intelligence artificielle pour faire croire que c’est vrai. Si on ne régule pas cela, ça va détruire l’Afrique. »
« Les réseaux sociaux sont une addiction pire que la cocaïne »
Loin de se présenter uniquement comme un observateur, Makosso reconnaît avoir lui-même été prisonnier des réseaux sociaux. « Les réseaux sociaux sont une drogue pire que la cocaïne. C’est une addiction. » Le prédicateur raconte avoir longtemps passé ses nuits sur TikTok à suivre les statistiques de ses publications.
« Avant, je dormais à 3 ou 4 heures du matin parce que j’étais sur les réseaux. Aujourd’hui, je me discipline. » Il explique avoir engagé un coach afin de reprendre le contrôle de son temps et affirme être engagé dans une véritable « cure » de six mois.
« J’ai perdu des millions et des fidèles à cause de mon comportement »
Camille Makosso reconnaît que ses nombreux clashes sur internet lui ont coûté très cher. « J’ai perdu beaucoup de fidèles à cause des réseaux sociaux. »
Il illustre ses propos avec un calcul. « Si 300 fidèles me donnaient chacun 100 euros par mois, cela représente près de 20 millions de francs CFA. Regardez ce que je perds à cause de mon comportement. » Au-delà de l’aspect financier, il regrette surtout d’avoir éloigné certaines personnes de son ministère. « Dieu m’utilise, mais mes erreurs ont amené des gens à douter de moi. Si je continue ainsi, je vais m’autodétruire. »

Mabio, Aya Robert : « Celle qui a le plus à perdre, c’est Mabio »
Interrogé sur le conflit opposant les créatrices de contenus Mabio et Aya Robert, le général appelle à l’apaisement.
« Si elles ne se parlent pas maintenant, cela va très mal finir. » Pour lui, la commerçante Mabio risque davantage de subir les conséquences de cette exposition médiatique. « Aya Robert est déjà connue pour les clashes. Mabio fait du business. Elle a beaucoup plus à perdre. » Il estime que certaines personnalités n’ont pas besoin des polémiques pour exister.
« Nous ne sommes pas des stars »
Camille Makosso estime que de nombreux influenceurs se trompent sur leur véritable statut. « Nous ne sommes pas des stars. Nous sommes des amuseurs publics. »
Pour lui, une véritable star se distingue avant tout par son humilité. « Les vraies stars sont modestes. L’orgueil précède toujours la chute. » Il cite notamment DJ Arafat comme une figure exceptionnelle de la scène africaine. « Arafat était un cinq-en-un : chanteur, danseur, influenceur, communicateur. »
Une foi assumée face au monde spirituel
Le prédicateur est également revenu sur sa conception du combat spirituel. Il affirme croire à l’existence des démons, des anges et de phénomènes surnaturels, tout en rejetant catégoriquement les pratiques occultes. « Aucun féticheur ne peut s’amuser avec moi. J’ai le supérieur avec moi : Jésus-Christ. » Selon lui, les croyances traditionnelles africaines n’ont jamais constitué une véritable réponse spirituelle.
« Nos ancêtres cherchaient Dieu, mais ils le cherchaient au mauvais endroit. » Il soutient également que les chrétiens devraient davantage comprendre le rôle des anges dans leur vie quotidienne.
Des modèles politiques et culturels bien identifiés
Au cours de l’entretien, Makosso a également cité plusieurs personnalités qu’il admire. En politique, il salue l’intelligence stratégique de Charles Blé Goudé et considère l’ancien président béninois Patrice Talon comme « un véritable panafricaniste ». Sur le plan religieux, il désigne l’évangéliste Tommy Osborn comme sa plus grande référence. Côté musique, DJ Arafat demeure pour lui une figure irremplaçable.
« Je veux qu’on retienne que je suis un guerrier qui ne recule jamais »
Camille Makosso est revenu sur les épreuves qui ont marqué sa vie, notamment les accusations ayant suivi le décès de son épouse. « On m’a accusé d’avoir sacrifié ma femme. J’ai vécu des attaques que personne ne devrait vivre. »
Malgré les polémiques, il affirme vouloir laisser l’image d’un homme debout face aux difficultés. « Je veux qu’on retienne de moi le guerrier qui ne recule jamais. »
À travers cette prise de parole, le général Camille Makosso mêle autocritique, convictions religieuses et avertissements sur les dérives du numérique. Tout en reconnaissant les erreurs qui ont fragilisé son image, il affirme vouloir tourner une nouvelle page, plus disciplinée, afin de replacer son influence au service du leadership, de la foi et de la jeunesse africaine.

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Diane Laure MISSEKOU








