Danseur, chorégraphe et coach de fitness, Coach Salvador (Whiledick Aurel) s’est confié au micro de “L’Invité” sur Laura Dave Media TV. Entre passion, galères financières et coup de gueule contre les cérémonies de récompense, il livre un témoignage sans filtre sur la place du danseur au Cameroun.
Le cri d’alarme de Whiledick Aurel contre le mépris envers les danseurs au Cameroun
Sur le fauteuil de “L’invité” chez Laura Dave Média Télévision, le Coach Salvador s’est confié. Plus encore, il a dénoncé et fait un constat amer sur la place réservée aux danseurs au Cameroun.
« Le danseur est beaucoup, beaucoup marginalisé dans ce pays »
Lance-t-il d’entrée, avant d’enchaîner sur les cachets dérisoires que touchent certains artistes lors de parades ou de publicités d’entreprises. Il cite l’exemple d’une prestation payée 10 000 francs alors qu’il faut ensuite se soigner, s’habiller, se déplacer.
« 10 000, honnêtement je dis la vérité, c’est rien pour un danseur… après une prestation il faut se soigner car ça arrive qu’on se blesse, s’habiller, se coiffer… tout ça Dans 10 000, c’est minable », confie-t-il.
Le chorégraphe s’en prend aussi frontalement au Canal 2’Or, la plus grosse cérémonie de récompense artistique du pays, qui ne consacre aucune catégorie aux danseurs alors que ce sont eux, selon lui, qui assurent l’ouverture des shows et font le succès de nombreux titres sur les réseaux sociaux.
« Je ne comprends pas comment, quand on parle de la catégorie musique, on oublie le danseur.»
L’artiste chanteur est nominé au Canal 2’Or, mais celui qui a fait la promotion de sa musique n’est pas nominé », déplore-t-il.
Mais il refuse de blâmer uniquement les organisateurs.
« la faute revient à nos artistes musiciens aussi », estime-t-il, regrettant qu’aucun chanteur n’ait encore publiquement pris position pour défendre la reconnaissance des danseurs.

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De Nkongsamba aux Titans, le parcours d’un danseur autodidacte
Originaire de Nkongsamba, Whiledick Aurel, aka Coach Salvador, découvre la danse dès l’enfance, avant de représenter sa localité à “Challenge Vacances” en 2013. C’est là qu’il rencontre les futurs membres du groupe “Les Titans” du Cameroun, avec qui il enchaînera plusieurs titres de champions. Il évoque avec une émotion palpable sa relation avec l’artiste Cabrel Nanjip, qu’il connaît depuis le collège et qui l’a introduit dans le showbiz camerounais.
« Si je suis dans ce showbiz aujourd’hui, c’est grâce à lui… Chaque fois que je parle de Cabrel Nanjip, mes larmes veulent couler », confie-t-il, la voix nouée.
Après la disparition de son mentor, il réoriente sa carrière vers le fitness, tout en gardant la danse comme fil conducteur, jusqu’à fonder son académie, la “Salva Dance Academy”, destinée aux enfants et adolescents. Son parcours illustre donc une trajectoire encore trop rare sur le continent, celle d’un danseur qui transforme une passion marginalisée en véritable écosystème économique.
« Créer le besoin en autrui », la formule de Coach Salvador pour vivre de sa passion
Loin de se limiter à la dénonciation, Coach Salvador propose une véritable méthode pour quiconque veut vivre de son art en Afrique et au Cameroun en particulier. Sa formule tient en une phrase.
« Pour pouvoir vivre de sa passion, il faut apprendre à créer le besoin en autrui ».
Autrement dit, faire comprendre à son entourage, à son public, à ses clients, qu’ils ont concrètement besoin de ce que l’artiste propose. Il insiste sur trois piliers : l’organisation, l’innovation constante pour éviter la monotonie, et la persévérance face aux obstacles.
« Il y a tellement de combat là-dedans… malgré tout cela, je ne lâche pas »
Confie-t-il, tout en reconnaissant humblement qu’il est encore en chemin. Son message dépasse donc le cadre de la danse, il s’adresse à toute une jeunesse camerounaise en quête de moyens pour transformer un talent artistique en source de revenus durable. Ceci, dans un environnement où les structures d’accompagnement font encore défaut.
Entre plaidoyer pour la reconnaissance des danseurs et leçon de résilience, Coach Salvador rappelle que derrière chaque chorégraphie virale se cache un travail encore trop invisible. « On ne va pas se décourager, on va continuer à danser », conclut-il, déterminé à faire bouger les lignes.

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Eddy Senga








