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Oscars 2027 : Narcisse Wandji demande des comptes sur le choix de « Mabanda » pour représenter le Cameroun

Le choix de « Mabanda » pour représenter le Cameroun dans la course aux Oscars 2027 continue d’alimenter les échanges dans le milieu du cinéma. Dans une publication faite sur sa page Facebook le 22 septembre 2026, le cinéaste et producteur camerounais Narcisse Wandji appelle à recentrer le débat.

Narcisse Wandji veut comprendre les critères du choix

Pour Narcisse Wandji, le débat ne devrait pas être réduit à une opposition entre les partisans de « Mabanda » et ceux d’un autre film. Il insiste sur la nécessité de comprendre la méthode ayant conduit à la sélection.
« Je voudrais recentrer le débat. Personne ne réclame que le film soit changé sous la pression. Personne n’affirme qu’un film primé à Venise doit automatiquement représenter le pays. Là n’est pas la question. »
Il poursuit :
« La vraie question est celle-ci : sur quels critères ce choix s’est-il fondé, et quelle stratégie avons-nous pour permettre à notre candidature de franchir la présélection de l’Academy ? »
Le producteur estime notamment que le parcours international des films pouvait constituer un élément de réflexion pour la commission. Il cite « House of the Wind« , présenté à Venise sous le titre « La Maison du vent« , qui figurait dans la section Orizzonti et qui a remporté le Prix spécial du jury ainsi que le Prix Luigi De Laurentiis du meilleur premier film.

Oscars 2027 : Narcisse Wandji demande des comptes sur le choix de « Mabanda » pour représenter le Cameroun

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« Nous choisissons un film camerounais »

Dans sa publication, Narcisse Wandji revient également sur la question linguistique, après des propos attribués au président de la commission, Fred Takum, concernant le vote des membres francophones en faveur du film « Mabanda« .
Le cinéaste estime que cette lecture linguistique détourne l’attention de l’enjeu principal.
« Aux Oscars, nous ne choisissons ni un film anglophone ni un film francophone : nous choisissons un film camerounais pour représenter le Cameroun. »
Pour lui, l’objectif devrait donc être de dépasser les clivages liés aux appartenances linguistiques et de réfléchir d’abord à la capacité d’une œuvre à porter la candidature camerounaise sur la scène internationale.

Cinq ans sans présélection, Wandji questionne la méthode

C’est toutefois au-delà de la sélection de « Mabanda » que se situe sa principale préoccupation.
« Et mon inquiétude dépasse ce seul choix. Depuis cinq ans, aucun film camerounais n’a franchi la présélection des Oscars. Ce constat devrait nous alerter. »
À partir de ce constat, Narcisse Wandji interroge le rôle que devrait jouer une commission appelée à désigner la candidature du pays.
« Le rôle d’une commission de ce type ne devrait-il pas être aussi prospectif et stratégique ? Ne devrait-elle pas suivre les œuvres en amont, repérer celles susceptibles de porter le plus loin une candidature camerounaise, et évaluer leur potentiel au regard des critères de l’Academy ? »
Il résume ainsi la question qui, selon lui, devrait guider cette sélection :
« Quelle candidature camerounaise a le plus de chances de franchir la présélection ? »

 le cinéaste et producteur camerounais Narcisse Wandji appelle à recentrer le débat.

« Demander de la transparence, ce n’est pas exiger un autre résultat »

Narcisse Wandji prend également soin de distinguer sa demande d’explication d’une contestation du film retenu.
« Je ne dis pas que MABANDA n’aurait pas dû être sélectionné. Je demande simplement à comprendre pourquoi il a été jugé le meilleur choix stratégique. »
Le cinéaste rejette par ailleurs les accusations qui pourraient assimiler cette démarche à une volonté de déstabiliser la candidature camerounaise.
« Et poser cette question n’a rien à voir avec du sabotage, de la sorcellerie ou une tentative de pression. »
Pour lui, l’enjeu est celui de la transparence dans le fonctionnement d’une institution professionnelle :
« Demander de la transparence, ce n’est pas exiger un autre résultat. On peut parfaitement respecter une décision tout en souhaitant qu’elle soit expliquée. »

« Notre seul frère, c’est le cinéma camerounais »

Au terme de sa publication, Narcisse Wandji élargit le débat à l’ambition que le Cameroun devrait avoir lorsqu’il présente un film aux Oscars.
« Notre ambition ne devrait pas être de pouvoir dire chaque année : “Le Cameroun a envoyé un film aux Oscars.” Elle devrait être de pouvoir dire un jour : “Le Cameroun a bâti une candidature assez forte pour franchir la présélection.” »
Le cinéaste appelle ainsi à dépasser les divisions qui peuvent traverser le secteur.
« Participer ne suffit pas. Il faut avoir l’ambition de durer. Et quand il s’agit de représenter le Cameroun, dépassons enfin les réflexes de chapelle, de langue et d’appartenance. »
Avant de conclure par une formule qui résume l’esprit de sa prise de position :
« Notre seul “frère”, c’est le cinéma camerounais. »
Narcisse Wandji précise enfin qu’il s’exprime après avoir visionné les deux œuvres concernées et appelle à maintenir un débat contradictoire sans transformer les désaccords professionnels en attaques personnelles.
« Le débat peut être contradictoire, voire vif. Mais répondons aux questions plutôt que d’insulter ceux qui les posent. Le cinéma camerounais mérite mieux que ça. »

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Muriel Yanga

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