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« Il n’y a pas que la misère dans le cinéma africain », la leçon d’Auguste Kouemo Yanghu

Quelques jours après avoir doublement triomphé à la Mostra de Venise, le réalisateur camerounais Auguste Kouemo Yanghu est revenu sur son parcours et sur la vision qu’il défend pour le cinéma africain. Un discours loin des clichés habituels sur le septième art du continent.

« Ancré dans le réel », un carton à Venise pour Auguste Kouemo

Le 12 septembre 2026 lors de la clôture de la 83e édition de la Mostra de Venise, « La Maison du vent« , premier long-métrage d’Auguste Kouemo Yanghu, a été doublement récompensé : le Prix Luigi De Laurentiis du meilleur premier film et le Prix spécial du jury dans la section Orizzonti. Un film inspiré de l’histoire de sa propre mère, décédée sans avoir pu le voir achevé. Mais pour le réalisateur, la reconnaissance du jury tient avant tout à l’authenticité du récit.
« C’est ancré dans le réel. Et quand quelque chose est vrai, ça touche forcément », a-t-il expliqué.

Insistant au passage sur le fait que le public ne s’y trompe pas quand une histoire sonne juste. Loin de s’attarder sur les honneurs vénitiens, Auguste Kouemo Yanghu profite de cette exposition inédite pour porter un message plus large sur la place et la diversité du cinéma africain dans le paysage international.

« Il n'y a pas que la misère dans le cinéma africain », la leçon d'Auguste Kouemo Yanghu

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Casser le mythe de la misère en Afrique dans le cinéma

C’est là le cœur de son propos. Le cinéma africain ne devrait plus être réduit à un seul registre. Le réalisateur raconte avoir lui-même douté avant le tournage, conscient que son sujet, celui d’une femme comblée matériellement mais rongée par l’absence de ses enfants, s’éloignait des attentes habituelles envers les films africains.
« La plupart du temps, on s’attend à ce qu’on ait de la misère dans le cinéma africain. Il n’y a pas que la misère dans le cinéma africain, il y a un autre cinéma africain qui peut traiter d’autres problèmes de l’ordre psychologique », a-t-il affirmé.

Un constat assumé comme une prise de position car pour lui, les besoins « secondaires », psychologiques, méritent une place à l’écran au même titre que les besoins primaires souvent associés au continent dans l’imaginaire occidental.

Le cinéma africain, au-delà des clichés

Diplômé de l’école supérieure d’audiovisuel de Toulouse, Auguste Kouemo Yanghu revendique aussi son héritage nourri d’influences venues d’ailleurs, sans complexe.
« On doit se nourrir, on ne doit pas avoir honte de se nourrir des autres », lance-t-il.

L’enjeu n’est donc pas de s’enfermer dans une définition figée du cinéma africain, mais de raconter des histoires universelles avec une sensibilité propre au continent. C’est cette conviction qui porte « La Maison du vent« , qu’il présente comme le miroir d’une réalité partagée par la majorité des familles africaines, entre ceux qui partent et ceux qui restent. Une œuvre qu’à Laura Dave Média on espère voir accueillie dans les salles du continent, après un passage par les festivals africains, pour prouver qu’un autre regard est possible.

Entre reconnaissance internationale et message assumé, Auguste Kouemo Yanghu trace une voie qui pourrait inspirer toute une génération de cinéastes africains à sortir des sentiers battus. Rendez-vous certainement dans les salles pour découvrir « La Maison du vent« .

Quelques jours après avoir doublement triomphé à la Mostra de Venise, le réalisateur camerounais Auguste Kouemo Yanghu

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Eddy Senga

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