Ouverte au cours d’un entretien accordé le 19 juillet 2026 à un média de la place, la slameuse camerounaise Elsymphoni est revenue sur son parcours, sa découverte du slam et les combats qu’elle porte à travers ses textes. De par ses confidences personnelles, ses ambitions artistiques et son engagement social, l’artiste affirme vouloir faire de la parole un véritable outil de sensibilisation.
Une passion née d’un simple appel à candidatures
Si elle écrivait déjà des poèmes depuis son enfance, c’est en 2022 qu’Elsymphoni découvre véritablement le slam. Un an plus tard, un appel à candidatures de l’Institut français du Cameroun va définitivement changer sa trajectoire. « J’écrivais déjà des poèmes quand j’étais toute petite, mais je découvre le slam en 2022. » Après avoir découvert des figures du slam camerounais, elle décide de se lancer et tombe progressivement amoureuse de cet art. « C’est un peu comme quand tu tombes amoureux pour la première fois. Tu ressens des choses, mais tu ne sais pas exactement quoi. »

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Des textes inspirés de sa vie et de celle des autres
Aujourd’hui, l’artiste affirme avoir écrit entre cinquante et cent textes. Si certains puisent dans ses expériences personnelles, d’autres abordent des réalités sociales ou racontent des destins qui résonnent avec ceux de nombreuses femmes et jeunes Camerounais. « Je peux dire qu’il y a des textes que j’écris parce que ça raconte à peu près mon histoire. » Pour elle, chaque texte est avant tout un moyen de transmettre une émotion et de faire réfléchir.
Le texte « Divine », une performance qui a bouleversé toute une salle
Parmi les moments les plus marquants de son parcours, Elsymphoni évoque son premier spectacle solo, présenté le 3 juillet 2026 à l’Institut français. Ce jour-là, l’interprétation de son texte consacré à la petite « Divine » a profondément ému le public « J’ai vu des personnes en larmes pendant que je slamais. Moi-même également, j’étais en larmes. Je ne comprenais pas ce qui se passait. » À travers cette œuvre, la slameuse souhaite rappeler que les violences faites aux enfants ne doivent jamais être banalisées.
Faire reconnaître le slam et vivre de son art
Au-delà de son parcours personnel, Elsymphoni nourrit une ambition plus large : contribuer à donner au slam la place qu’il mérite dans le paysage culturel camerounais. « Dans cinq ans, j’aimerais que le slam ne soit plus vu comme un art mineur, que je puisse vivre de mon art et être une artiste slameuse connue et reconnue. » Elle conclut son témoignage en adressant un message à tous ceux qui hésitent encore à suivre leur passion.
« Dans la vie, si tu n’oses pas, tu perds. Mais quand on essaye, on gagne toujours. »
À travers son parcours, Elsymphoni montre que le slam ne se limite pas à des mots récités sur scène. Il peut devenir un espace de mémoire, de dénonciation et d’espoir, où chaque texte cherche à éveiller les consciences autant qu’à toucher les

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Muriel Yanga










