Débutée le 10 septembre 2026, La Fashion Week de New York se termine le 15 septembre. Et contrairement à une idée reçue, la mode africaine était bel et bien présente et pas seulement en marge ! Elle a occupé une place au cœur du calendrier, tout en se créant en parallèle, ses propres espaces à elle.
L’Afrique au cœur de la New York Fashion Week 2026
Le coup d’envoi symbolique de la Fashion Week revient chaque année à Harlem’s Fashion Row (HFR), qui organise son défilé d’ouverture le premier soir. Cette année, le 8 septembre au Glasshouse de Manhattan, c’est le créateur nigérian Chuks Collins qui a ouvert le bal avec sa collection Archival of Love, mêlant héritage africain et silhouettes contemporaines. Il faisait partie des trois designers sélectionnés pour la bourse Runway Ahead, financée par la fondation PVH, avec à la clé un prix de 100 000 dollars pour accélérer leur marque.

Le 13 septembre, la créatrice camerounaise Kibonen Nfi a organisé son brunch signature autour de la robe MAFO qui signifie “Reine Mère” en culture bamiléké, réunissant une centaine de femmes portant toutes la même pièce. L’événement était animé par Claire Sulmers, fondatrice de Fashion Bomb Daily, référence de l’industrie.

Enfin, du 9 au 11 septembre, le salon professionnel COTERIE New York, au Javits Center, a pour la première fois noué un partenariat avec CANEX (Creative Africa Nexus), le programme de la banque africaineAfreximbank dédié aux industries créatives. Des marques comme Rich Mnisi (Afrique du Sud) ou Margaux Wong y ont présenté leurs collections directement aux acheteurs internationaux.
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Les créateurs africains qui créent leur propre scène à la Fashion Week
D’autres initiatives africaines, elles, ne figuraient pas au calendrier officiel et ont choisi de s’inventer leur propre vitrine. La plateforme ivoirienne Afrikrea via son initiative ANKA, a ouvert un pop-up de trois jours, du 11 au 13 septembre, au 124 West 36th Street à Manhattan. On y retrouvait des marques indépendantes noires et africaines, des vêtements, des bijoux et accessoires, avec la possibilité de rencontrer les créateurs et de commander des pièces sur mesure.

Au même moment, la marque KAHINDO fondée par Kahindo Mateene, organisait son propre pop-up à Greenwich Village, les 12 et 13 septembre en format “Sip & Shop” accessible gratuitement. Née en Ouganda de parents congolais et révélée par Project Runway avant de lancer sa griffe à New York en 2017, sa philosophie est une création contemporaine ancrée dans une production réalisée sur le continent africain.
Deux chemins, une même ambition
Ce qui frappe durant cette semaine de Fashion Week est que la visibilité ne s’est pas jouée sur un seul terrain. D’un côté, des créateurs comme Chuks Collins ou Kibonen Nfi ont montré qu’on pouvait décrocher une place légitime au cœur même du calendrier officiel, financée et soutenue par de grandes institutions de la mode. De l’autre, Afrikrea et KAHINDO ont prouvé qu’on pouvait tout aussi bien construire sa propre scène, sans attendre une invitation.
Pour la jeunesse africaine qui rêve de mode et de reconnaissance internationale, le message est double. Il existe une place à conquérir dans les circuits établis, et il existe aussi la liberté de créer son propre espace quand cette place tarde à venir. Les deux chemins mènent à New York, et les deux ont fonctionné cette semaine.
Défilés officiels ou pop-up indépendants, la mode africaine n’a pas eu besoin de choisir entre s’intégrer et s’imposer. À New York cette semaine de Fashion Week 2026, elle a fait les deux à la fois.
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Eddy Senga








