« N’attendons pas qu’il soit tard, agissons maintenant. » L’appel de Destin Bell résume l’urgence autour de Black Napoléon, de son vrai nom Stéphane Mbengbong, alias Lordy Le Clochard, figure du rap underground camerounais. Le rappeur traverse actuellement une période difficile, marquée par un important amaigrissement, un épuisement physique et une fragilité morale, selon les témoignages recueillis. Face à son état préoccupant, Immortah de Golgotha, Destin Bell, Lanuit Derap et Le Master rappellent son influence sur le hip-hop camerounais et appellent à une mobilisation pour lui apporter un soutien médical et humain.
Immortah de Golgotha : « Nous devons lui venir en aide »

Après avoir rencontré Black Napoléon, l’artiste musicien Immortah de Golgotha décrit un homme traversant une période difficile, affaibli physiquement et moralement. Il affirme toutefois que le rappeur reste conscient et garde espoir.
« Son état de santé s’améliore un peu, un peu », rapporte-t-il, avant d’insister sur la nécessité de l’accompagner : « Nous devons lui venir en aide normalement. » Il évoque également le soutien de la Mutuelle des artistes professionnels et la solidarité des proches qui viennent lui apporter de la chaleur humaine.
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Le Master : un rappeur qui a marqué plusieurs générations
profondément touché par une vidéo du rappeur, la Master rappelle la place de Black Napoléon dans le rap camerounais. Connu sous les noms de Black Napo, Lordji le Clochard, L’Ordi ou Le Loup, il s’est notamment distingué par sa maîtrise du freestyle.

« Il ne faut pas tester Black Napoléon en freestyle », insiste-t-il, en évoquant sa réputation dans le milieu. Il rappelle que le rappeur a influencé plusieurs générations des années 1990 et 2000, avant de citer des exemples de cette empreinte artistique : Le Jaffa aurait déclaré à Montréal que Black Napoléon avait influencé sa manière d’écrire, tandis que Dark Light lui aurait fait un clin d’œil dans son titre Rappel à l’autre. Le créateur de contenu rappelle également sa participation au premier album de feu Terror Black Alice, ainsi que la sortie de son titre Je veux ma part.
Ému par les images, il confie : « Pour moi, c’était une vision triste que de le voir dans cet état. » Il précise avoir découvert la vidéo sur le compte d’un autre créateur de contenu et indique qu’un contact a été partagé pour les personnes souhaitant lui venir en aide. Son hommage se termine par un rappel : « Je tenais aussi d’une certaine façon à dire qu’on ne l’oublie pas. C’était le Master. »
𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Destin Bell : « Le seigneur du rap underground va mal »


Pour Destin Bell, créateur de contenu, l’hommage doit se traduire par une action concrète. Il qualifie Black Napoléon de « seigneur du rap underground » et de « freestyler d’élite », avant de lancer un appel aux rappeurs de sa génération.
« N’attendons pas qu’il soit tard, agissons maintenant. Les rappeurs de ma génération doivent se bouger now », écrit-il. Il invite ceux qui se trouvent à Douala à rencontrer rapidement la famille de l’artiste afin de coordonner l’aide nécessaire. Selon lui, une prise en charge dans un hôpital spécialisé est urgente.
À l’appui de son message, Destin Bell partage également une photo datant de 2003, prise au collège De La Salle, sur laquelle figurent Jack Napier, Black Napoléon et Neg Bello.
Lanuit Derap : « Ensemble, nous allons le ramener sur la scène »
Lanuit Derap rend, lui aussi, hommage au rappeur en revenant sur ses débuts. Il raconte avoir d’abord connu Stéphane Mbengbong comme basketteur, avant de le voir découvrir le rap lors d’un spectacle à l’espace Mirapolis, à Bonamoussadi.

Marqué par la prestation du groupe BROOK’IN, Black Napoléon lui aurait alors confié : « Grand, je vais rapper.» Quelques semaines plus tard, Lanuit Derap dit avoir appris la naissance du groupe S.A.D.I., auquel le rappeur aurait participé.
Face aux difficultés qu’il traverse aujourd’hui, son message se veut porteur d’espoir : « Ensemble, nous allons le ramener sur la scène. »
Comment aider Black Napoléon ?
Face à l’inquiétude suscitée par les images et les témoignages, un appel SOS est lancé à la communauté hip-hop camerounaise, aux artistes, rappeurs, beatmakers, producteurs, managers, promoteurs culturels, médias, mélomanes et à la diaspora.
La priorité annoncée est de faciliter rapidement son accès aux soins, avec une évaluation médicale adaptée. La mobilisation peut également prendre la forme d’une contribution financière, d’une aide pour les soins médicaux, de vêtements, d’un accompagnement, d’une mise en relation ou du partage de l’appel.
Les personnes de bonne volonté souhaitant participer sont invitées à se manifester afin qu’une aide concrète et transparente puisse être coordonnée.
Contact communiqué pour la mobilisation : OM – Mama G : +237 6 970 184 68.
« C’est maintenant qu’il a besoin de nous », rappelle l’appel SOS, qui invite à ne pas attendre qu’un artiste disparaisse pour organiser des hommages. Si son état le permet, les initiateurs souhaitent aussi l’accompagner progressivement vers le studio.
Au-delà des rivalités, des clashs et des célébrations, cette mobilisation pose la question de la solidarité au sein du hip-hop camerounais. Black Napoléon fait partie de son histoire musicale. Aujourd’hui, ses proches et plusieurs acteurs de la culture urbaine appellent à lui montrer qu’il n’est pas oublié.
Un artiste en vie mérite notre soutien, pas seulement nos hommages après sa mort.
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Muriel yanga










