Les diplômes ne suffisent pas toujours à ouvrir les portes du monde professionnel. Il faut aussi savoir mettre ses compétences en pratique, apprendre de ses échecs et saisir les occasions qui se présentent. Spécialisée en comptabilité, contrôle et audit, Rakia Boubé défend cette approche à partir de son expérience dans le milieu associatif. Dans un entretien, elle encourage les jeunes à s’engager dans leur communauté et exhorte particulièrement les femmes à dépasser leurs hésitations pour prendre leur place.
La vie associative, une école de compétences
Pour Rakia Boubé, l’engagement associatif constitue un cadre d’apprentissage qui dépasse les actions humanitaires.
Engagée dans la vie associative depuis 2014, elle explique que cette expérience a également influencé son parcours académique. Après une formation en comptabilité, contrôle et audit, elle a poursuivi ses études en gestion de projets afin de mieux répondre aux besoins de l’association dans laquelle elle s’investit.
« Il ne s’agit pas d’être sur le terrain, de mener les actions, mais quand il y a un problème, tu dois aussi réfléchir en tant qu’un gestionnaire pour savoir comment est-ce que tu vas contrecarrer X, Y ou Z », explique-t-elle.
Au fil des années, cette expérience lui a permis de prendre conscience de ses propres limites, notamment son impatience et sa tendance à vouloir tout gérer elle-même. Elle a ainsi appris l’importance de déléguer et de laisser les autres membres acquérir leurs propres compétences.

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Un CV doit refléter des compétences réelles
Au-delà des diplômes, elle insiste sur la nécessité de savoir présenter ses acquis. Une formation suivie ou une activité réalisée ne suffit pas : le candidat doit pouvoir démontrer ce qu’il sait réellement faire.
« Aujourd’hui, les diplômes seuls ne suffisent pas. Quelles compétences tu as ? Tu as suivi une formation en telle chose et ça t’a permis de faire telle chose. En fait, c’est ça qu’il faut voir », souligne-t-elle.
Elle recommande aux jeunes de valoriser leurs expériences scolaires, associatives et extrascolaires dans leur CV. Un poste de responsabilité au lycée, une participation à l’organisation d’un événement ou la réalisation de vidéos peuvent notamment révéler des compétences en leadership, en coordination, en travail d’équipe ou en attention aux détails.
L’essentiel est de traduire chaque expérience en aptitudes concrètes, sans exagérer ni inventer. « C’est bien d’être modeste, c’est bien d’être humble, mais il faut manger aussi, il faut faire manger les autres aussi », lance-t-elle, invitant les candidats à mieux présenter leur savoir-faire.
Elle rappelle toutefois qu’une compétence inscrite sur un CV doit pouvoir être défendue lors d’un entretien. La capacité à s’exprimer, à expliquer son expérience et à répondre aux questions reste déterminante.
Aux jeunes femmes : oser malgré les hésitations
Rakia Boube observe que certaines jeunes femmes hésitent à saisir des opportunités parce qu’elles estiment ne pas être suffisamment préparées. Là où certains se lancent et apprennent en cours de route, elles peuvent préférer attendre le moment idéal, au risque de laisser passer des occasions.
Son conseil est sans ambiguïté : « Il ne faut pas attendre d’être prête avant de vous lancer. On n’est jamais prêt, sincèrement. »
Elle les encourage à participer aux formations, à rejoindre des initiatives collectives et à prendre la parole lorsqu’elles ont quelque chose à apporter. Pour elle, l’apprentissage passe aussi par l’expérience, les erreurs et la capacité à se relever après un échec.
« Tu as l’idée, lance-toi. Ça va capoter, tu vas aller te buter à un mur, ce n’est pas grave. Tu vas te lever. On est tous passés par là », affirme-t-elle.
Cette démarche ne signifie pas agir sans réfléchir. Elle recommande plutôt de commencer à petite échelle, d’évaluer les résultats et de corriger ce qui ne fonctionne pas.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Les préjugés sexistes, un obstacle supplémentaire
Si l’expérience associative a contribué à son évolution, Rakia Boube reconnaît que son parcours professionnel a également été marqué par des préjugés liés à son genre. Elle raconte avoir été confrontée à des personnes qui doutaient de ses capacités parce qu’elle est une femme.
« Il est arrivé, dans certains domaines, dans certaines activités, que tu sois confrontée à des personnes qui minimisent la femme, qui vont se dire : “Ah, c’est une femme, elle n’est pas capable de faire ça.” »
Elle évoque notamment une expérience professionnelle au cours de laquelle ses déplacements fréquents dans le bureau d’un responsable ont alimenté des rumeurs sur une supposée relation avec celui-ci. Selon son récit, ces insinuations ont remis en question la légitimité de son travail et l’ont finalement poussée à quitter l’entreprise.
Cette expérience l’a affectée, mais elle dit avoir choisi de se défendre et d’expliquer sa position. Elle estime que les femmes doivent pouvoir faire reconnaître leurs compétences sans que leur réussite soit systématiquement attribuée à des relations personnelles.
À travers son témoignage, Rakia Boubé défend ainsi une conception de la réussite fondée sur les compétences, l’engagement et la persévérance. Son message aux jeunes est clair : se former, valoriser ce que l’on sait faire, accepter d’apprendre de ses erreurs et ne pas laisser la peur empêcher le passage à l’action.

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Muriel yanga










