Grâce à ses reprises de chants chrétiens en langues locales, Joseph Metogo s’est imposé comme l’une des figures qui remettent en lumière le patrimoine musical camerounais sur les réseaux sociaux. Si son initiative est largement saluée, certaines de ses interprétations ont toutefois suscité des critiques sur la prononciation de certains mots en Ewondo. Dans une vidéo publiée ce 4 août 2026 sur ses réseaux sociaux, l’artiste camerounais est revenu avec humilité sur ces remarques, expliquant l’origine de ces erreurs et réaffirmant sa volonté de transmettre fidèlement cet héritage aux générations futures.
« Mon cerveau d’enfant remplaçait les mots que je ne comprenais pas »
Joseph Metogo explique que ces chants remontent à son enfance, lorsqu’il les apprenait aux côtés de son arrière-grand-mère. « Lorsque j’allais à l’église avec mon arrière-grand-mère, j’étais encore très petit. Il y avait des mots en Ewondo que je ne comprenais pas. Mon cerveau d’enfant faisait simplement en sorte de remplacer ces mots par d’autres qui comblaient le vide. Ces mots n’avaient parfois aucun sens. J’ai grandi avec ces habitudes et, lorsque j’enregistre mes vidéos, je ne prends pas toujours le temps de consulter les aînés pour vérifier chaque prononciation. »

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« Chaque mot porte un sens profond »
L’artiste reconnaît que certaines erreurs peuvent complètement modifier le message d’un chant. « J’ai prononcé certains mots de manière incorrecte. Pourtant, il existe une vraie différence entre « Akoré », qui signifie sauver, et « Koré », qui désigne le Sauveur. De la même manière, j’ai confondu certains termes comme « Abolo » et « Aboï », alors que chacun possède un sens totalement différent. Ces détails peuvent sembler anodins, mais ils changent profondément le message spirituel du chant. » Il prend également le temps d’expliquer la signification de certains passages et des expressions traditionnelles Beti afin de mieux faire comprendre leur richesse.
« Je veux honorer les auteurs et laisser un héritage »
Loin de se contenter de présenter des excuses, Joseph Metogo annonce vouloir reprendre ces œuvres avec davantage de rigueur. « Je tiens sincèrement à m’excuser auprès des puristes, des auteurs qui sont encore vivants et de ceux qui nous ont déjà quittés. J’aurai l’occasion de reprendre ces chants avec les bonnes paroles, que ce soit sur Internet ou en concert. Mon objectif est d’honorer leur mémoire, mais aussi de laisser un véritable héritage aux générations futures. »

« Il n’y a pas de chants catholiques ou pentecôtistes, il y a seulement des louanges à Dieu »
Au-delà des questions linguistiques, l’artiste rappelle la vision qui guide son projet musical. « Mon objectif est de sensibiliser ma génération à la richesse de nos langues maternelles et de montrer qu’elles peuvent magnifiquement servir à louer Dieu. Il n’y a pas de chants catholiques ni de chants pentecôtistes. Il y a simplement des chants de louange et d’adoration. Au début, certains catholiques me reprochaient de reprendre leurs chants, tandis que certains pentecôtistes se demandaient pourquoi je chantais des cantiques catholiques. Mais aujourd’hui, je constate que ces reprises sont accueillies avec le même enthousiasme, quelle que soit l’obédience chrétienne. C’est cela qui me réjouit. »
Par cette mise au point, Joseph Metogo réaffirme sa volonté de préserver le patrimoine musical chrétien camerounais avec davantage d’exigence, tout en poursuivant son engagement en faveur de la valorisation des langues locales.
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Muriel Yanga










