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Derrière le rire de Saboulou se cache un entrepreneur qui fait vivre des centaines de familles

Connu du grand public pour ses rôles humoristiques, Inspecteur Saboulou, de son vrai nom Vincent Batanken, mène pourtant une vie bien loin des plateaux de tournage. Derrière le comédien se cache un chef d’entreprise, propriétaire d’hôtels, de plantations et promoteur de plusieurs activités économiques. Au cours d’un entretien accordé le 3 août 2026, l’acteur est revenu sur son parcours, marqué par une expulsion douloureuse, une reconstruction progressive et une discipline de vie qui lui permet aujourd’hui de financer ses productions cinématographiques tout en créant des emplois.

« La casse m’a libéré » : comment une expulsion a changé sa vie

L’acteur raconte que son histoire a pris un tournant après la destruction de son domicile à Mboppi, où il vivait avant une opération de déguerpissement. « J’ai été victime de la destruction à Mboppi où j’étais chef de bloc. Quand on m’a détruit, je me suis dirigé ici (Bonabéri, ndlr), où j’ai acheté ce terrain. C’est ici que j’ai commencé à reconstruire. Je veux seulement dire que la casse m’a libéré. C’est comme si j’étais attaché par des chaînes. Après cette épreuve, j’ai bénéficié de la confiance de certaines personnes qui m’ont donné ma première chance. Petit à petit, j’ai commencé à développer des partenariats avec les mairies à travers le GRACOM, le Groupe d’appui aux actions communales. »

Pour lui, cette épreuve s’est finalement transformée en point de départ d’une nouvelle aventure entrepreneuriale.

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« Ma maison est devenue un point de repère » : une popularité qui dépasse les écrans

À Douala, retrouver la résidence de Saboulou ne nécessite même pas de GPS. Son nom suffit à orienter les visiteurs. « Tout le monde connaît où j’habite. Vous demandez à n’importe quel enfant ou à n’importe quel conducteur de moto : « Sabou habite où ? », il vous amène directement ici. Les gens frappaient constamment à mon portail pour demander leur chemin. J’ai donc installé une plaque « Chez Sabou » afin que chacun puisse facilement s’orienter. Je suis devenu un véritable point de repère dans le quartier. » Une notoriété qui amuse l’acteur, même s’il regrette toujours le mauvais état des routes menant à son domicile.

« L’hôtel nourrit le cinéma » : pourquoi il investit en dehors des plateaux

Si beaucoup ne connaissent que le comédien, Saboulou explique que ses activités économiques lui permettent avant tout de continuer à produire des œuvres ambitieuses. « Le cinéma ne peut pas tout financer. Aujourd’hui, tout le monde peut prendre un téléphone, filmer une vidéo et dire qu’il fait du cinéma. Mais produire une vraie série demande énormément de moyens. Quand je produis « La Cola du Lion », c’est plus de 70 millions de francs CFA. Si je compte même mon propre salaire, on dépasse largement les 100 millions. Il faut donc une activité génératrice de revenus. C’est pour cela que j’ai investi dans l’hôtellerie, les plantations et d’autres secteurs. Ce sont ces activités qui soutiennent le cinéma. » L’acteur reconnaît toutefois qu’il préfère rester discret sur l’étendue de son patrimoine afin d’éviter les jugements.

« Je suis resté longtemps dans l’ombre » : l’humilité avant tout

Malgré ses investissements, Saboulou affirme ne jamais avoir voulu mettre sa réussite en avant. « Je suis resté longtemps dans l’ombre. Je n’aime pas trop exposer tout ce que je possède. Beaucoup ignorent même l’ensemble de mes activités parce que je préfère que l’on me connaisse pour mon travail plutôt que pour mes biens. La feuille de bananier qui s’agite en disant sans cesse : « Me voici, me voici », finit toujours par se déchirer. Je préfère avancer dans la discrétion. »

Au-delà du personnage comique qui fait rire les téléspectateurs depuis plusieurs décennies, Inspecteur Saboulou apparaît ainsi comme un entrepreneur qui a transformé une épreuve en moteur de réussite, tout en utilisant ses activités économiques pour soutenir le cinéma camerounais et créer des emplois.

Lire aussi cet article : Esther Naah revient sur son parcours atypique de l’économie et de la pharmacie au management de Cysoul

Muriel Yanga

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