Scientifique, écrivaine, entrepreneure sociale et engagée sur les questions de société, Sara TIMB avance sur plusieurs terrains. Pourtant, elle refuse de considérer ses premières réussites comme un aboutissement. « Il y a tellement de choses à faire », confie-t-elle dans L’INVITÉ sur Laura Dave Média Tv.
UNE JEUNE FEMME QUI REFUSE DE SE LIMITER
À 26 ans, Sara TIMB possède déjà plusieurs vies professionnelles. Doctorante en biotechnologie végétale, elle s’est spécialisée en microbiologie des sols. Ses recherches portent sur une bactérie bénéfique aux sols agricoles.
Mais Sara ne voit aucune contradiction entre son laboratoire et ses livres.
« Ce sont les facettes d’une même vocation qui brillent ensemble pour servir une même ambition, celle d’être utile à moi-même, aux autres aussi, d’agir pour le vivant et pour la dignité humaine », explique-t-elle.
La littérature occupe une place particulière dans cet univers. Sara écrit depuis l’âge de 12 ans.
« L’écriture m’a donné beaucoup de choses : l’esprit critique, l’imagination, la créativité, la capacité à m’exprimer, à dialoguer », raconte-t-elle.
Son premier livre, « Les Confidences d’une muse« , traduit déjà son regard sur la société. Elle y porte, selon ses mots, « un regard candide » sur le monde, tout en cherchant déjà à « dénoncer et chercher des solutions ».
Son deuxième ouvrage, « Les Mémoires d’une Terre camerounaise« , prend une dimension plus historique.
Elle y revient notamment sur les blessures liées à la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
« J’ai écrit pour que ces pertes qui ne sont pas remédiables, qui ne sont pas quantifiables, puissent au moins être remémorées », explique-t-elle.

ÉCRIRE, MAIS AUSSI TRANSMETTRE
Pour Sara, la réussite ne consiste pas uniquement à produire. Elle doit aussi transmettre.
C’est notamment le sens de son initiative « J’écris au Cameroun« , qui la conduit dans les établissements scolaires.
« On va dans les écoles chercher ces jeunes qui sont peut-être des philosophes, des poètes, des rêveurs, des citoyens engagés », explique-t-elle.
Elle reprend notamment une pensée d’Edgar Morin qui l’accompagne dans cette démarche : « Chacun cache en lui un poète, un philosophe, un enfant. »
Sara veut justement aider ces différentes dimensions à émerger.
« Tenir une lumière entre ses mains et la transmettre au suivant est un acte difficile dans notre contexte mais extrêmement béni », affirme-t-elle.
Cette philosophie nourrit également « The Poetbuilders« , une autre initiative tournée vers la transmission et l’expression des jeunes.
PARIS, UNE ÉTAPE QUI CHANGE D’ÉCHELLE
Du 30 juin au 2 juillet 2026, Sara participe au 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris. Son intérêt pour cette cause remonte à un atelier de renforcement de capacités auquel elle avait été invitée.
« J’ai découvert énormément de vérités autour de cette question », raconte-t-elle.
L’expérience l’amène ensuite à poursuivre son engagement jusqu’à sa sélection comme Jeune Ambassadrice contre la peine de mort. Elle fait partie des neuf jeunes choisis pour rendre hommage à Robert Badinter.
« Cette responsabilité m’honore et m’engage », confie-t-elle.
Mais l’un des moments les plus symboliques de son séjour reste son choix de réciter en Tunen une citation de Robert Badinter.
« Je suis issue du peuple Banen. Je me sens héritière de cette richesse linguistique et culturelle camerounaise », explique Sara.
Pour elle, ce geste allait bien au-delà de la langue.
« C’était une joie de voir une langue issue du patrimoine linguistique du Cameroun avoir sa place dans un événement international de cette envergure », poursuit-elle.
EMMANUEL MACRON, UNE RENCONTRE INATTENDUE
À Paris, Sara participe également à un échange restreint avec Emmanuel Macron.
Elle lui présente son engagement autour du droit à la vie et des droits humains.
« Je lui ai dit que la question de la peine de mort au Cameroun n’était pas seulement une question juridique, mais aussi une question éthique », raconte-t-elle.
Selon Sara, le président français lui aurait répondu partager pleinement ses propos et salué son engagement.
L’expérience ne s’arrête toutefois pas à cette rencontre.
« Nous avons travaillé pendant le congrès et après le congrès pour essayer de structurer un réseau de jeunes ambassadeurs contre la peine de mort », explique-t-elle.
L’objectif est désormais de rendre ce réseau autonome.

LES DISTINCTIONS S’AJOUTENT AUX EXPÉRIENCES
Ces derniers mois, les reconnaissances se multiplient.
Sara TIMB figure parmi les 31 femmes africaines mises en lumière par la Fondation de l’Innovation pour la Démocratie dirigée par Achille Mbembe, dans le cadre de la campagne « 31 voix pour les féminismes africains ».
Elle est également lauréate des 35 Under 35 Youth Awards Cameroon. La cérémonie de remise des distinctions est prévue le vendredi 4 septembre 2026.
Ces reconnaissances pourraient donner le vertige. Sara, elle, préfère regarder devant.
« Le début est très charmeur », reconnaît-elle.
Mais elle refuse de s’installer dans la satisfaction.
« Il y a tellement de choses à faire », répète-t-elle.
À 26 ans, elle garde ainsi la même ligne directrice : continuer à apprendre, agir et transmettre.
« Je ne sais pas combien de temps il me reste à vivre, mais je crois que les années qui me restent sont déterminantes pour la mission de ma vie », confie-t-elle.
Puis cette phrase, peut-être la plus révélatrice de son état d’esprit : « Je ne suis qu’au tout début du chemin. »
LE CHEMIN CONTINUE
Pour Sara TIMB, les distinctions ne semblent donc pas constituer une destination. Elles deviennent plutôt des étapes.
Science, littérature, transmission, engagement et action sociale continuent de se croiser dans son parcours.
Son parcours et ses confidences sont à découvrir en intégralité dès le vendredi 4 septembre 2026 sur Laura Dave Média TV et en replay sur la chaîne YouTube de Laura Dave Média.

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Eve-Pérec N.BEHALAL








