L’écosystème de la musique gospel continue de susciter des débats autour des pratiques, des sonorités et des méthodes de transmission de l’Évangile. Le 3 septembre 2026, le musicien Manassé Biaka a pris la parole sur les réseaux sociaux pour questionner le regard porté sur la nouvelle génération et dénoncer une mentalité qu’il qualifie de « vieux prophètes ».
« Les vieux prophètes », une mentalité plus qu’une question d’âge
Manassé Biaka précise d’emblée que son expression ne renvoie pas à l’âge biologique, mais à une manière de penser. Selon lui, certains acteurs qui ont longtemps évolué dans le milieu finissent par considérer leur expérience comme une référence absolue, y compris lorsqu’il s’agit de déterminer ce qui serait acceptable dans la musique gospel. « Ce qui m’interpelle davantage, ce sont ceux qui, parce qu’ils sont là depuis longtemps, finissent par penser qu’ils détiennent le monopole de la connaissance, de l’expérience et même de ce que Dieu veut ou agrée. Moi, je les appelle LES VIEUX PROPHÈTES. » Pour lui, chaque génération peut porter une expression différente de sa foi, sans que cette différence soit automatiquement synonyme de perte de profondeur.
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« Vous n’êtes pas une génération pop-corn »
C’est justement contre cette perception que Manassé Biaka prend la défense de sa génération. Il rejette les qualificatifs régulièrement utilisés pour décrire les nouveaux artistes gospel, notamment ceux qui associent leurs créations à la superficialité ou au manque de profondeur.
« Vous n’êtes pas une génération de pop-corn. Vous n’êtes pas une génération de fast-food. Vous êtes simplement une génération dont la grâce s’exprime différemment. »
L’artiste estime que l’évolution des pratiques musicales et des moyens de communication ne signifie pas nécessairement un éloignement de Dieu.

Entre innovation et fidélité à l’Évangile
Nouveaux sons, nouvelles technologies, nouveaux formats ou encore nouvelles stratégies de diffusion : Manassé Biaka considère ces transformations comme des outils que la nouvelle génération peut utiliser pour transmettre son message.
« La rapidité avec laquelle nous créons, apprenons, nous adaptons et diffusons l’Évangile ne signifie pas que nous sommes superficiels. Le fait que nous utilisions de nouveaux sons, de nouvelles technologies, de nouveaux formats et de nouveaux moyens de communication ne signifie pas que Dieu est absent. »
Il estime surtout que Dieu ne peut être enfermé dans les codes d’une seule époque.
« Dieu n’est pas limité à une époque, à un style musical, à une méthode ou à une génération. »
« Honorez les anciens, mais ne laissez pas leurs limites devenir les vôtres »
Loin d’appeler les jeunes à rejeter leurs prédécesseurs, Manassé Biaka les encourage au contraire à apprendre de leur expérience tout en développant leur propre rapport à la foi et à la création.
« Ne méprisez pas ceux qui vous ont précédés, mais ne laissez pas non plus leurs limites devenir les vôtres. Honorez les anciens, apprenez de leur expérience, mais développez aussi votre propre relation avec Dieu. »
Son message repose ainsi sur un équilibre entre héritage et renouvellement. Pour lui, respecter les générations précédentes ne devrait pas empêcher les suivantes de chercher leur propre manière de servir.

Le message de Manassé Biaka à la nouvelle generation
À travers cette sortie, Manassé Biaka invite finalement sa génération à ne pas se laisser définir uniquement par les critiques dont elle fait l’objet. Il l’encourage à créer, innover et transmettre, tout en gardant Christ au centre de sa démarche.
« La grâce n’est pas morte avec une génération. La révélation de Dieu ne s’est pas arrêtée avec une époque. Et le Saint-Esprit n’a pas besoin de notre permission pour faire une chose nouvelle. »
Une prise de parole qui pose ainsi une question essentielle au gospel camerounais : comment préserver l’héritage des générations précédentes tout en laissant de l’espace aux nouvelles expressions de la foi ?
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Muriel Yanga








