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Jean Emmanuel Pondi prend la défense du Kaba Ngondo : « Il y a un problème »

Après la fête, la robe. Le Ngondo est inscrit depuis 2024 au patrimoine immatériel de l’UNESCO ; c’est maintenant au tour du Kaba, la tenue des femmes du peuple sawa, de viser cette reconnaissance. Une conférence-plaidoyer s’est tenue le 8 octobre 2026 à Douala, en prélude au festival Kab’Attitude. Jean Emmanuel Pondi prend la défense de ce précieux vêtement.

Kaba Ngondo : l’histoire et l’ambition d’une tenue

Organisée par l’Amicale des Femmes Deïdo (AFED) au Krystal Palace d’Akwa, la conférence du 8 octobre a mis sur la table la documentation de l’histoire du Kaba, sa préservation et les voies d’une reconnaissance patrimoniale. Notamment, la protection auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), puis inscription visée au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, sur les pas de la fête Ngondo elle-même, classée en décembre 2024.

Le Kaba Ngondo n’est pas un simple vêtement. Né de la contrainte, il est devenu l’identité des femmes sawa, un héritage que l’AFED fait connaître depuis la première édition du festival en 2017. La vice-présidente de l’AFED assume une méthode par étapes :


« Avant d’arriver à la labellisation, on a fait des carnavals dans la rue. On porte les kabas. Ça signifie que ce Kaba, c’est une histoire. Il faut déjà commencer par poser des jalons, les bases. C’est réveiller les consciences. »

Mais la styliste Anne Delphine Kwete pointe un frein interne :
« Jusqu’à présent, nous-mêmes, les Sawa, nous n’avons pas encore intégré le Kaba Ngondo. Pour nous, c’est encore une tenue occasionnelle. Or, qui dit tradition dit répétition. »

L’objectif est aussi économique, faire du Kaba un vecteur du Made in Cameroon, en l’installant dans le quotidien et en soutenant stylistes et artisans.

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Le levier diplomatique du Kaba Ngondo pour Jean Emmanuel Pondi

Invité à traiter des dimensions transnationales et diplomatiques du patrimoine vestimentaire, le professeur de relations internationales Jean Emmanuel Pondi a relié la cause du Kaba à un dossier plus large, la pression des vêtements de seconde main sur le textile camerounais, en évoquant 42,7 milliards de FCFA par an d’importations.
« Il y a un problème », a-t-il insisté, appelant les pouvoirs publics à légiférer.
« Nous suggérons qu’il y ait une loi au niveau de l’Assemblée nationale, qui mette en termes de proportions ces entrées au Cameroun. »

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

Il a aussi dénoncé la dévaluation des créations africaines.
« Beaucoup trop d’Africains pensent que, par définition, tout ce qui vient d’Afrique, tout ce qui est inventé par les Africains […] est, par définition, mauvais. »

Parmi ses propositions pour porter le dossier à l’international, la promotion du Kaba par les missions diplomatiques camerounaises et un festival annuel à l’étranger, en s’appuyant sur la diaspora, autant de relais pour une candidature à l’UNESCO.

Rendez-vous du 27 au 30 octobre à Douala pour la quatrième édition du festival Kab’Attitude, sous le thème « Fashion Week Kab’Attitude – Back to Africa ». Avec au programme : exposition-vente de créations locales, défilé de prestige, concours de la meilleure collection et dîner de gala, sous le haut parrainage du gouverneur du Littoral, Samuel Ivaha Diboa. La robe a déjà conquis sa fête, elle vise désormais le monde.

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Eddy Senga

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