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« Les vrais problèmes de fond sont ailleurs », Rostand Taguela appelle Les Artistes à dépasser les trophées

Invité au micro de Laura Dave Média TV, Rostand Taguela, professionnel de l’événementiel et de la communication, a livré son regard sur les vingt ans des Canal d’Or, la place de cette cérémonie dans l’industrie musicale camerounaise et les difficultés persistantes des artistes. Fort de près de 22 ans d’expérience dans le secteur culturel, il estime que les récompenses constituent avant tout un moment de célébration, sans pouvoir, à elles seules, transformer les conditions de vie des artistes.

Les Canal d’Or, un rendez-vous de célébration musicale

Pour Rostand Taguela, les Canal d’Or constituent avant tout un moment de rassemblement autour de la musique camerounaise et africaine.
« Je prends le Canal d’Or beaucoup plus comme une célébration, d’un moment où on s’arrête pour célébrer la musique camerounaise ou la musique africaine. Je crois que c’est une soirée qui est extraordinaire, qui est magnifique, que les gens adorent, que les gens attendent. Et que moi aussi, j’aime bien voir. Donc, c’est un moment de joie. »

Il poursuit :
« Au début, moi, je pense quand même qu’au début, le Canal d’Or a été un peu comme un baromètre. Où les gens se disaient, si on a gagné le Canal d’Or, ça peut nous ouvrir ça. Mais est-ce que, réellement, ça a boosté ? Je crois que les problèmes de la musique camerounaise ou de l’environnement sont au-dessus du Canal d’Or dans l’ensemble. »

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Les conditions de vie des artistes dépassent les trophées

Pour le pour lui, les récompenses ne suffisent pas à améliorer durablement la situation des artistes. Il évoque plusieurs facteurs.


« Non, je ne crois pas que les awards ou les trophées peuvent changer la condition des artistes. La condition des artistes, je crois que c’est légèrement au-dessus du Canal d’Or. C’est tout un ensemble. »

Il relève notamment la disparition progressive des tournées musicales, autrefois importantes pour les revenus des artistes.
« D’ailleurs, ce matin, on en parlait. On en parlait, par exemple, que les artistes ne font plus de tournées. Comment, à l’époque, vous avez des artistes qui, quand ils arrivaient, faisaient des tournées. Ils étaient à Douala, Bafang, Edéa… Jusqu’à quand on est aujourd’hui, on ne fait plus de tournées. Mais comment on gagne de l’argent si on ne fait plus de tournées, si ça n’existe plus ? »

Il conclut sur ce point :
« Le problème de l’artiste ne peut pas être résolu par Canal d’Or. C’est pour ça que pour moi, si Canal d’Or restait un moment, elle m’arrêterait dans la vie artistique. Ou on s’arrête, ou on célèbre. Mais les vrais problèmes de fond sont ailleurs. »

Les nominations et les critères de présélection au cœur des débats

Concernant les catégories, Rostand Taguela estime que le nombre de nominés pourrait être réduit afin de renforcer la compétition.
« Moi, personnellement, j’aurais voulu… j’aurais pensé qu’il faut réduire. Il faut que les gens sentent qu’il y a une vraie compétition. Si vous réduisez, vous avez la crème des crèmes, en fait. Ça peut booster les autres. Mais plus on est là, plus les gens se sentent un peu plus confortables. »

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

Les contestations autour des nominations constituent également un sujet de préoccupation. Il appelle à davantage de clarté sur les critères de présélection, tout en reconnaissant l’autonomie du comité d’organisation.
« Je pense qu’il y a un problème au niveau des présélections. Je ne sais pas si les conditions à remplir pour être présélectionné sont vulgarisées. Je crois que si les gens savent quelles sont les conditions pour être présélectionné, peut-être que ça peut davantage rassurer les gens. Mais généralement, quand il y a des flous, après l’interprétation, ça peut aller dans tous les sens. »

Il ajoute toutefois :
« Un comité d’organisation est autonome parfois sur ses choix. Il y a des choses comme ça, où le comité n’a pas vraiment besoin de dire pourquoi on a choisi un tel ou un tel. Il reste autonome dans ce qu’il fait. »

Une cérémonie qui a évolué en vingt ans

Depuis les premières éditions organisées au Cinéma le Wourri en 2004, Rostand Taguela observe une évolution du spectacle et de son contenu artistique.
« En dehors du lieu, je crois qu’il y a eu plus, par exemple, le côté artistique qui a quand même beaucoup évolué. Au-delà de l’espace, il y a le côté artistique. J’adore, par exemple, les entrées, tout le spectacle qu’on a en entrée, le spectacle qu’on a à la fin. »

Il apprécie aussi l’ouverture de la cérémonie au-delà du Cameroun.
« Canal d’Or a réussi quand même à s’internationaliser, à s’exporter. C’est devenu un rendez-vous que tout le monde attend, qui est connu même dans d’autres pays. Si vous allez en Guinée ou au Congo, les gens vous parlent de Canal d’Or. »

Les récompenses en nature, une question de moyens et de partenariats

Interrogé sur les récompenses parfois offertes aux lauréats, Rostand Taguela explique:
« Le plus souvent, on est face à des réalités quand on est dans un projet comme celui-là. C’est qu’on a un budget. On a des charges. Et on doit avoir des budgets de réalisation. Et en face, on a des gens qui sont souvent des partenaires qui vont nous aider à supporter ou pas. »

Il illustre cette réalité par les différentes formes de contributions possibles :
« Parfois, un partenaire vous dit : “Moi, je n’ai pas l’argent à vous donner, je vous donne des terrains.” Vous faites quoi ? Vous dites non ? Eh bien, vous prenez les terrains. […] Ce n’est pas le comité d’organisation qui décide, c’est souvent le partenaire qui se prononce. Et c’est à vous de prendre ou de ne pas prendre. »

« Faites les études », le conseil aux jeunes

Au cours de l’entretien, Roustan Taguela est également revenu sur son parcours scolaire. Il reconnaît n’avoir pas toujours apprécié l’école,
« Je n’ai pas aimé l’école. Parce que je suis quelqu’un qui est, il s’avère, comme on le dit, hyperactif. Ça, je l’ai découvert il y a quatre ou cinq ans. Donc l’école pour moi était très compliquée parce qu’il fallait s’asseoir pendant des heures pour apprendre. Et ça, je supportais difficilement. »

Avec le recul, il estime pourtant que ses études ont contribué à son parcours professionnel et lui ont permis d’accéder à certains contrats.
« Quand je suis arrivé dans le milieu professionnel, je me suis rendu compte que j’arrivais énormément à… j’avais facilité certaines choses. Et quand je rentre en arrière, je me rends compte qu’en fait, je pense aussi que c’est parce que j’avais fait de bonnes études. »

Son conseil aux jeunes est sans équivoque.
« Les études, c’est déterminant. C’est important. […] Faites les études. Poussez vos études aussi loin que possible. Et les diplômes, vous ne perdez qu’à avoir les diplômes. »

À travers cet entretien accordé à Laura Dave Média TV, Rostand Taguela distingue la portée symbolique des Canal d’Or des défis économiques et structurels qui continuent de peser sur la carrière des artistes camerounais.

Si cet article vous a interessé, n’hésitez pas à lire celui ici👇👇👇

Muriel yanga

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