La vie ne suit pas toujours le chemin que l’on imagine. Certaines vocations naissent des détours, des épreuves et des rencontres qui finissent par donner un sens à un parcours. Le 12 octobre 2026, Anzata Ouattara s’ouvre sur son histoire, marquée par la passion des contes, la création de la célèbre rubrique « Les coups de la vie » et une détermination qui l’a conduite à reprendre ses études à l’âge adulte.
Les contes, premières leçons de vie

Bien avant de devenir une figure reconnue de l’écriture urbaine en Côte d’Ivoire, Anzata Ouattara découvre le pouvoir des histoires à travers les récits de sa tante. Élevée entre Bondoukou et Bingerville, elle trouve dans les contes africains bien plus qu’un divertissement : une école de la vie.
« Les contes à l’africaine, il y a toujours une leçon de morale, des valeurs qu’on nous enseigne », explique-t-elle.
Ces récits forgent sa personnalité et lui transmettent le sens du bien et du mal. « Quand tu es une mauvaise personne, tu payes », résume-t-elle, convaincue que ces histoires ont contribué à construire ses valeurs.

Mariée à 20 ans, malgré les réserves de sa tante qui souhaitait la voir poursuivre ses études, elle emprunte d’abord une voie professionnelle qui ne lui correspond pas. Après une formation de déléguée médicale, elle s’oriente vers la communication, tout en conservant son goût pour le dessin, l’écoute et les histoires humaines.
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« Les coups de la vie », une rubrique née d’une conviction
En 2003-2004, alors qu’elle travaille au sein du magazine Go Magazine, Anzata Ouattara propose une rubrique consacrée aux épreuves vécues par des anonymes. Son idée : raconter des situations difficiles afin d’aider d’autres personnes à en tirer des enseignements.
Le nom s’impose naturellement : « Les coups de la vie ». Au départ, elle ne se considère pas comme journaliste. Pourtant, les témoignages affluent et la rubrique prend une place centrale dans le magazine.
« Je suis devenue la confidente malgré moi de toute la société », confie-t-elle.
Les lecteurs lui racontent leurs difficultés familiales et personnelles, souvent dans l’anonymat. Pour elle, l’écriture devient aussi un moyen d’écoute et d’accompagnement : « J’ai compris que c’était une thérapie que de parler. »
Son approche repose sur l’authenticité, l’émotion et la simplicité. Elle ne cherche pas à embellir les récits, mais à restituer leur vécu et à susciter la réflexion. La rubrique évolue ensuite vers des livres, puis vers d’autres projets culturels.
𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Retourner à l’école pour mieux avancer
Le succès ne fait pas disparaître ses doutes. Face aux critiques sur son absence de formation journalistique, elle décide de reprendre les études, alors qu’elle est déjà mère de deux enfants et engagée professionnellement.


À près de 40 ans, elle rejoint l’Institut des sciences et techniques de la communication (ISTC). Une décision qu’elle assume malgré les moqueries : « Une amie m’a dit à l’époque : “La vieille mère, tu n’as pas honte ?” J’ai dit non du tout, parce que je sais ce que je veux. »
Cette formation lui permet d’acquérir de nouveaux outils et de renforcer ses compétences. Elle poursuit ensuite son parcours universitaire, obtient un master et s’engage dans un doctorat en management. Une démarche qui illustre sa conviction : la réussite exige de continuer à apprendre.
La rigueur, l’humilité et la patience comme boussoles
Pour Anzata Ouattara, la constance repose sur la rigueur, l’organisation et des valeurs personnelles fortes. « Je suis une personne très rigoureuse », affirme-t-elle, tout en insistant sur l’importance de la foi, du respect et de l’humilité.
À la jeunesse, son conseil est clair : « La jeunesse est trop pressée. Moi, je demande à la jeunesse d’aller doucement. Aujourd’hui, on veut tout et tout de suite », conseille-t-elle. Ne pas vouloir tout obtenir immédiatement ni céder aux raccourcis. Elle invite chacun à prendre le temps d’apprendre, de travailler et de croire en ses capacités.
Le parcours de Anzata Ouattara rappelle qu’une vocation peut émerger d’un détour, à condition de rester fidèle à ses aspirations et de se donner les moyens de progresser.
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Muriel yanga








