La TikTokeuse camerounaise Sonia Abanda, malade de cancer, a poussé un coup de gueule le 2 septembre 2026 sur son compte TikTok. Alors que des internautes commentent sa situation personnelle, évoquent ses relations et vont jusqu’à se réjouir de sa possible disparition, la créatrice de contenu a choisi de répondre frontalement. Entre provocation, colère et réflexion sur la mort, elle appelle surtout son public à la laisser vivre sa vie sans lui imposer un scénario.
Sonia Abanda face aux commentaires qui annoncent déjà sa mort
Sonia Abanda dit observer les commentaires qui accompagnent les rediffusions de ses lives et ne semble pas particulièrement impressionnée par les moqueries.
« Bref, les gens qui font le repartage de mes lives, je vois les rires, vous faites à vous-mêmes. Vous me faites tellement rire. D’autres disent : « quelle insulte encore, ça va changer quoi ? Tu m’insultes, je t’insulte. » C’est ça qui va faire quoi, en fait ? C’est ça qui va faire quoi ? Vos moqueries » La TikTokeuse estime surtout que les internautes accordent trop d’importance à des choses qui, selon elle, n’en valent pas la peine.
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« Tout le monde va mourir »
Au cœur de sa réponse, Sonia Abanda revient sur la mortalité. Pour elle, les moqueries liées à sa situation ne changent rien au fait que chaque être humain est appelé à mourir.
« On ne meurt pas, ou bien que je ne meure pas ? Tout le monde va mourir, tout le monde est censé mourir un jour. Il y a quoi qui ne finit pas dans la vie ? Vous me faites tellement rire. »
Elle poursuit en rappelant que personne ne peut prévoir les circonstances de sa disparition.
« Est-ce que vous êtes éternel ? Vous n’êtes pas éternel. Personne n’est éternel. Il y a toujours quelque chose qui va arriver pour que tu meures. Il y a des gens qui meurent par accident, des gens qui meurent quand ils sont malades, des gens qui tombent dans le WC. Des gens qui dorment et ne se réveillent plus. Qu’est-ce qu’il y a de nouveau sur la terre qui ne finit pas ? Et un début et une fin. »

« Si mon heure n’a pas encore sonné, je vis ma vie »
Sonia Abanda refuse ainsi de vivre dans la peur de la mort ou de laisser les commentaires déterminer son quotidien.
« Donc, si mon heure n’a pas encore sonné, je vis ma vie. Et vous allez souffrir de voir mon visage. Et vous allez même encore avoir plus mal que je vais aller bien. »
Dans la même logique, elle assume également sa manière de vivre ses relations sentimentales, estimant qu’une relation, même courte, mérite d’être vécue tant qu’elle apporte du bien-être.
« Je peux commencer une relation. Même si ça fait deux semaines, je vis la relation. Les gens se séparent. C’est moi qui mets un terme à mes relations. Quand tu m’énerves, déjà, je me sépare de toi. Quand je vois que tu ne m’en parles pas, on se sépare dans la paix du Seigneur. »
« Laissez les gens mourir en paix »
La créatrice de contenu s’en prend ensuite à ceux qui se moquent d’une personne qui choisit d’exprimer ses émotions sur les réseaux sociaux. « Parce que quelqu’un va peut-être prendre son téléphone et dire : « Ouais, peut-être que comme je suis sur les réseaux, je vais peut-être exprimer ce que je ressens. » Vous allez vous moquer de la personne. Vous allez même inventer des histoires. »
Elle demande également aux internautes de ne pas attendre sa disparition pour venir lui témoigner une compassion qu’ils ne lui accordent pas aujourd’hui.
« Donc, quand vous faites les republications du live, je ne veux pas de pitié. Ne venez plus m’écrire. Pardon, laissez-moi tranquille. »

« Je ne veux plus voir ma photo quelque part. »
Dans la dernière partie de son intervention, Sonia Abanda s’attarde particulièrement sur les hommages qui pourraient lui être consacrés après sa mort. Elle refuse que des personnes qui l’ont détestée de son vivant changent soudainement de discours lorsqu’elle ne sera plus là. « Nous tous sommes appelés à quitter la terre. On se dit que quelqu’un va partir, quelqu’un va mourir. Vous allez faire les panels, vous allez parler, vous allez faire les débriefings de ma mort, de mon passé, mon présent et mon futur. Qu’est-ce que vous n’allez pas dire ? »
Elle poursuit, dans un ton toujours aussi ferme :
« Ne faites pas que je vais partir et me faire des panneaux. Si tu m’as toujours détesté, continue à monter la haine que tu veux, moi. Je ne veux pas voir ma photo quelque part. Laissez-moi tranquille. Chacun attend son heure dans la paix du Seigneur. Amen. On attend le frère et la sœur. »
À travers cette sortie, Sonia Abanda transforme donc les attaques dont elle fait l’objet en une réflexion plus large sur la manière dont les internautes traitent les personnes exposées sur les réseaux sociaux : les juger et les accabler de leur vivant, avant parfois de les célébrer une fois disparues.
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Muriel Yanga








