À 21 ans, Monique Ngock vient d’ajouter le plus beau chapitre à un parcours commencé au Cameroun. Formée au Canon de Yaoundé puis révélée à l’Éclair Football Filles de Sa’a, la milieu de terrain s’est imposée en France avant de prendre la direction des États-Unis. Quelques jours après avoir signé au Washington Spirit, elle a conduit les Lionnes Indomptables vers leur premier sacre dans l’histoire de la CAN féminine. Une consécration accompagnée d’une distinction individuelle majeure : Monique Ngock a été élue meilleure joueuse de la compétition.
Les premiers pas au Cameroun
Originaire de Mfou, dans la région du Centre, Monique Ngock fait ses premiers pas dans le football au Canon de Yaoundé. Elle rejoint ensuite l’Éclair Football Filles de Sa’a en 2019.
C’est dans ce club qu’elle va véritablement se révéler. Très jeune, elle découvre la Guinness Super League et attire l’attention par son activité au milieu de terrain.
En 2022, alors âgée de 18 ans, elle participe à sa première CAN féminine avec le Cameroun. Elle impressionne notamment lors de la rencontre face à la Tunisie. Placée devant la défense, elle affiche un gros volume de jeu, une capacité à récupérer les ballons et une maturité qui surprend pour son âge.
Cette première CAN lui permet surtout de côtoyer les cadres des Lionnes. Elle découvre un vestiaire qu’elle connaissait jusque-là principalement à travers les écrans.

Une jeune Lionne face à ses idoles
Monique Ngock raconte à la FIFA qu’elle abordait cette première grande compétition avant tout comme une occasion d’apprendre.
«Avant tout, j’y suis allé pour apprendre. »
Elle ne s’attendait pas à disposer d’autant de temps de jeu. La présence des anciennes joueuses va également l’aider à prendre confiance.
«Les filles plus âgées ont vraiment renforcé ma confiance en moi. Elles étaient très ouvertes. »
À seulement 17 ans lors de cette première aventure, elle se retrouve ainsi aux côtés de joueuses qu’elle regardait auparavant à la télévision. Une situation qu’elle décrit comme presque irréelle.
Le Ballon d’Or camerounais à 18 ans
L’année 2022 devient rapidement celle de la reconnaissance.
Après sa CAN au Maroc, Monique Ngock reçoit le Ballon d’Or féminin camerounais. Elle est également distinguée lors des Guinness Super League Awards.
Sa réaction traduit pourtant une certaine retenue.
« C’est une énorme surprise pour moi d’être élue Ballon d’or féminin camerounais, car je ne suis qu’au début de ma carrière et je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre. »
Elle insiste alors sur la dimension collective du football :
« Le football est un sport collectif et une récompense individuelle. »
Cette reconnaissance accélère son départ vers l’Europe.
Reims, le premier grand saut
En septembre 2022, Monique Ngock rejoint officiellement le Stade de Reims. Elle signe un contrat de trois ans et découvre la première division française. Le club présente alors son arrivée comme un nouveau défi pour la jeune Camerounaise.
Le changement est important. À 17 ans, elle quitte son environnement camerounais pour un football qu’elle doit apprendre à maîtriser rapidement.
Elle reconnaît elle-même cette dimension lorsqu’elle explique que rejoindre Reims représentait pour elle un moyen de sortir de sa zone de confort et de continuer à progresser.
À Reims, elle va progressivement gagner du temps de jeu et participer à la progression du club. Elle y reste trois saisons et compte 41 titularisations, tout en contribuant à la montée du Stade de Reims en Première Ligue.

Une joueuse qui aime la pression
Monique Ngock possède un profil qui ne passe pas inaperçu.
Son volume de jeu, sa capacité à couvrir le terrain et son engagement dans les duels constituent des éléments régulièrement relevés depuis ses débuts. Mais la Camerounaise revendique aussi un tempérament particulièrement compétitif.
«J’aime être poussé dans mes retranchements, j’adore les défis et je suis très performante sous la pression. »
Elle explique également qu’elle se met elle-même la pression lorsqu’elle n’est pas titulaire. Pour elle, la concurrence devient donc une source de motivation plutôt qu’un frein.
De Reims à Fleury
Après trois saisons à Reims, Monique Ngock rejoint le FC Fleury 91.
Lors de la saison 2025-2026, elle dispute 19 rencontres de Première Ligue et inscrit deux buts depuis le milieu de terrain. Fleury termine la saison dans le top 5 du championnat français.
Cette saison confirme sa progression. Elle n’est plus la jeune joueuse découverte à l’Éclair de Sa’a. Elle est désormais une internationale habituée au haut niveau européen, capable d’évoluer dans un championnat exigeant.
La Coupe du monde U20 comme nouvelle expérience
Monique Ngock poursuit également son parcours en sélection dans les catégories de jeunes.
En 2024, elle participe à la Coupe du monde féminine U20 en Colombie avec le Cameroun. Elle figure notamment dans la liste officielle de la compétition.
Les Lionnes U20 atteignent les huitièmes de finale avant de s’incliner face au Brésil après prolongation.
Cette compétition lui permet de franchir une nouvelle étape internationale et de continuer à accumuler de l’expérience avant de retrouver progressivement un rôle plus important chez les seniors.
Le Cameroun, une deuxième chance
L’année 2026 lui réserve pourtant un scénario inattendu.
Le Cameroun manque d’abord sa qualification traditionnelle pour la CAN féminine après son élimination face à l’Algérie. Monique Ngock pense alors que son aventure avec la compétition est terminée.
Puis vient l’annonce du repêchage du Cameroun, conséquence de l’élargissement du tournoi à 16 équipes.
La joueuse se trouve alors dans son club, Fleury. C’est sa partenaire, la Malienne Aïssata Traoré, qui lui annonce la nouvelle.
« J’étais de retour avec mon club, Fleury, quand j’ai appris la nouvelle. »
Au départ, elle croit à une plaisanterie.
Mais la nouvelle est bien réelle. Le Cameroun reçoit une seconde chance. Et Monique Ngock entend bien la saisir.

Le transfert aux États-Unis
Avant même le début de la CAN, Monique Ngock franchit un nouveau cap.
Le 9 juillet 2026, le Washington Spirit officialise son recrutement. La Camerounaise signe un contrat de trois ans, jusqu’à la fin de la saison 2028, assorti d’une option pour 2029. Le club américain verse une indemnité de transfert au FC Fleury 91.
Le choix du Washington Spirit n’est pas anodin.
Le club évolue en NWSL, l’un des championnats majeurs du football féminin mondial. Pour Monique Ngock, c’est donc une nouvelle étape dans sa progression.
« Avec le Spirit, je sais que je peux devenir la meilleure version de moi-même en tant que joueuse.»
La CAN qui change tout
Quelques semaines plus tard, Monique Ngock retrouve le Cameroun pour la CAN féminine au Maroc.
Le scénario est particulier. Repêchées après leur élimination initiale, les Lionnes vont finalement traverser toute la compétition sans connaître la défaite.
Ngock s’installe au milieu de terrain et devient l’une des joueuses importantes du dispositif camerounais.
Le Cameroun élimine le Nigeria en quarts de finale, puis le Maroc en demi-finale. La finale oppose les Lionnes au Malawi.
Le 16 août 2026, le Cameroun s’impose 3-0. Le pays décroche ainsi le premier titre de son histoire dans la CAN féminine.
Ngock, Meilleure joueuse de la compétition
Le sacre collectif s’accompagne d’une récompense individuelle.
Monique Ngock est désignée Meilleure joueuse de la de la CAN féminine 2026.

Quelques semaines après son transfert vers les États-Unis, la jeune milieu de terrain arrivera donc dans son nouveau club auréolée d’un titre continental et d’une distinction individuelle.
Une nouvelle vie commence à Washington
Son aventure américaine commencera désormais dans un contexte particulier : celui d’une joueuse de 21 ans qui a déjà connu le Cameroun, la France, une Coupe du monde U20, une CAN senior, un sacre continental et un transfert vers la NWSL. La suite se jouera loin de ses premiers terrains, mais avec le même goût du défi qu’elle revendique depuis ses débuts.
Bonne suite « La Lionne Indomptable« !
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Eve-Pérec N.BEHALAL








