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Ces stars africaines à l’assaut des clubs sportifs

Le leader de Magic System, A’Salfo, a récemment racheté le Racing Club de Koumassi. Une reconversion qui n’a rien d’isolé car partout sur le continent, des célébrités venues de la musique, des médias, de la télé-réalité ou des affaires ont, elles aussi troqué les projecteurs, contre un fauteuil de dirigeant de club.

A’Salfo, le déclic du football ivoirien ?

C’est l’info qui a fait parler ces derniers jours en Côte d’Ivoire. A’Salfo, leader du groupe Magic System, est officiellement devenu propriétaire du Racing Club de Koumassi (RCK) le 27 août 2026, un club évoluant actuellement en troisième division ivoirienne. Cette opération marque une nouvelle étape dans la diversification de l’artiste, déjà actif dans l’événementiel et l’immobilier. Le projet ne se limite pas à un simple rachat.

A’Salfo compte adosser le RCK à l’Académie Magic System, sa structure de formation dédiée au football, avec l’ambition de faire émerger de jeunes talents et de faire remonter le club vers l’élite. Pour l’accompagner dans cette mission, il a confié la direction sportive à Denis Goavec, ancien sélectionneur du Bénin. A’Salfo n’est cependant pas la seule personnalité du continent à s’être offert un club sportif. Tour d’horizon.

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Cameroun : quand les artistes prennent les rênes des clubs mythiques

Le Cameroun est sans doute le pays où la tendance est la plus ancienne et la plus marquée, avec plusieurs générations d’artistes ayant dirigé des clubs historiques de Douala.

Petit-Pays, star incontournable du makossa, a présidé aux destinées du Caïman Club de Douala entre 2009 et décembre 2010. Sous sa direction, le club a réussi la remontée en première division en une seule saison.

Ben Decca, doyen du makossa camerounais, a lui aussi répondu à l’appel de son canton. En 2020, il est devenu directeur des opérations des Léopards Sportif de Douala, un club historique du canton Deïdo. Brièvement limogé fin 2021, il est rapidement réintégré à son poste en 2022 puis radié en 2023 par le président du conseil d’administration, Louison Bingi.

Dinaly, chanteuse et femme de médias, a marqué l’histoire en devenant en janvier 2012 la première femme à diriger le Dynamo FC de Douala en 64 ans d’existence du club. Un poste qu’elle a occupé jusqu’à sa démission en 2016 invoquant des difficultés financières. Elle reste par ailleurs propriétaire de Cyclone, une école de football féminin, et siège depuis fin 2025 au Comité exécutif de la Fecafoot en tant que représentante du football féminin.

Enfin, dans un registre plus entrepreneurial, Kingsley Pungong, PDG de Rainbow World Group, est propriétaire du Rainbow FC, à la fois au Cameroun et au Kenya.

Nigeria : la nouvelle génération mise sur le foot

Au Nigeria, c’est toute une génération de stars de l’entertainment et de personnalités des réseaux sociaux qui s’est récemment tournée vers la propriété de clubs, portée notamment par l’essor de la Lagos Liga, une compétition privée et amateure entre équipes de célébrités lancée en 2024.

Davido a lancé son propre club pour cette compétition, 30BG Sports Club, baptisé en hommage à son fanclub. Don Jazzy, producteur et patron du label Mavin Records, a fondé Supremos FC dans le même cadre. Tacha, animatrice et entrepreneure révélée par la télé-réalité, possède quant à elle Tacha FC. Deux Nigérianes ont par ailleurs fait entrer le pays dans l’histoire du football africain à l’international, cette fois dans de vrais clubs professionnels.

L’entrepreneure Nneka Ede, est devenue en 2020 la première femme africaine propriétaire d’un club de football en Europe en rachetant le club portugais Lusitano Ginásio Clube. Plus récemment, la chanteuse Tems, lauréate d’un Grammy Award, est devenue actionnaire minoritaire au sein du groupe de propriétaires de San Diego FC, en Major League Soccer américaine, via sa société The Leading Vibe.

Afrique du Sud : l’ascension et la chute retentissante de MaMkhize

Impossible de parler de célébrités propriétaires de clubs sans évoquer Shauwn Mkhize, alias « MaMkhize« , femme d’affaires et star de télé-réalité sud-africaine. Propriétaire du Royal AM FC de 2019 à 2025, elle a connu une aventure aussi spectaculaire que tumultueuse, marquée par des soucis financiers qui ont fini par coûter au club son statut en Premiership. Sans se décourager, elle a rebondi en rachetant un club voisin, le Mbabane Highlanders AM, en Eswatini.

Le football, sport roi et ciment social en Afrique

Si la grande majorité de ces célébrités investissent précisément dans le ballon rond, ce n’est pas un hasard. Sur le continent, le football occupe une place à part. Il dépasse largement le cadre du divertissement sportif pour devenir un véritable ciment identitaire, communautaire et national. Un club de quartier ou de canton comme les Léopards Sportif de Deïdo ou le Dynamo FC de Douala, porte souvent l’histoire et la fierté de toute une communauté transmise de génération en génération. Ce qui explique que des artistes y reviennent presque naturellement, portés par un sentiment d’appartenance autant que par la passion du jeu.

La liesse qui a suivi le tout premier sacre des Lionnes Indomptables du Cameroun à la CAN féminine 2026, le 16 août à Rabat, illustre parfaitement cette ferveur. Scènes de joie dans tout le pays, réception des joueuses au Palais présidentiel à Yaoundé, une nation tout entière suspendue à une finale de football féminin. Ce genre d’engouement, capable de mettre tout un continent sur pause le temps d’un match, n’a pas d’équivalent dans les autres disciplines sportives africaines. Et il n’échappe évidemment pas aux célébrités souvent en quête de visibilité, de reconnaissance populaire ou d’ancrage durable dans le cœur du public.

Au-delà de la passion, ces incursions de célébrités africaines dans le sport répondent souvent à une même logique. Diversifier des revenus liés à des carrières parfois instables, renforcer un ancrage communautaire ou patriotique, participer à la formation de jeunes talents, ou entretenir une visibilité publique qui dépasse le seul cadre artistique ou médiatique. De Koumassi à Douala, en passant par Lagos et Durban, la tendance est loin de s’essouffler. Après A’Salfo, à qui le tour ?

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Eddy Senga

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