Nathalie Makoma a décidé de ne plus laisser planer le doute. Dans une récente interview, l’artiste congolaise est revenue sur les rumeurs qui collent à sa carrière : recours aux fétiches, code vestimentaire chrétien et sa vision tranchée de la musique dite “mondaine”.
Nathalie Makoma dit ne jamais avoir eu recours aux fétiches
Interrogée sur l’éventualité d’avoir eu recours à des pratiques mystiques durant sa période de rupture avec le milieu chrétien, Nathalie Makoma a été catégorique. « Ces pratiques existent bel et bien dans le milieu artistique, mais je n’ai jamais cru aux fétiches ni à leurs prétendus pouvoirs. » Selon elle, l’absence de changement visible dans la vie des personnes qui y auraient recours suffit à la convaincre de leur inefficacité. Mais au-delà du scepticisme, la chanteuse revendique une explication spirituelle à son parcours.
« Je suis protégée, j’ai une « immunité » que me confère ma filiation avec Dieu, quel que soit l’éloignement temporaire que j’ai connu avec l’église. »
Pour illustrer son propos, elle utilise une image forte.
« C’est comme un prince qui a quitté son royaume, mais qui continue de bénéficier d’une sécurité mise en place à distance pour le protéger. »
Une manière pour elle de justifier qu’elle n’a jamais eu besoin de toucher aux fétiches pour réussir dans le milieu profane, faute d’attirance pour ce genre de pratiques.

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Tenue vestimentaire, Nathalie Makoma dénonce les clichés
Au-delà du volet mystique, Nathalie Makoma s’est aussi attaquée à un autre sujet sensible : l’apparence physique des chrétiens.
« La Bible n’impose aucune prescription sur la manière dont un enfant de Dieu doit s’habiller. Quel verset dans la Bible dit comment on doit s’habiller ? »
Elle invite plutôt les croyants à recentrer leur attention sur leur comportement, leur conduite et la qualité de leur relation avec Dieu, plutôt que sur des questions d’apparence extérieure. Nathalie appelle à davantage de discernement de la part des chrétiens, et rappelle que la foi ne devrait pas se réduire à une question de look ou d’apparence extérieure. Mais plutôt à la sincérité du cœur et à la cohérence des actes.
« Servir le diable », la sortie choc de Nathalie Makoma sur la musique mondaine
Le troisième volet de cette mise au point concerne le cœur du métier de Nathalie Makoma : la musique.
« Pratiquer la musique dite “mondaine”, donc celle destinée au monde profane, revient sur le plan spirituel à se mettre au service d’un système que j’assimile au diable. »
Une déclaration tranchée qui a suscité de vives réactions parmi les acteurs et amateurs de ce type de musique. Cette prise de position résonne particulièrement avec le propre parcours artistique de Nathalie Makoma, qui a évolué dans la musique mondaine avant de se tourner vers le gospel et de revenir à ses racines chrétiennes.

Gospel VS Mondain, le débat musical qui dépasse le cas Makoma
Au-delà de sa propre histoire, la sortie de Nathalie Makoma relance un débat récurrent dans le paysage musical africain, celui de la cohérence entre l’étiquette “gospel” revendiquée par certains artistes et leurs pratiques réelles sur scène ou dans leur vie. Sur le continent, plusieurs voix appellent régulièrement à plus de vigilance face à des artistes qui se présentent comme des chantres de la foi tout en multipliant les prestations, les tenues ou les collaborations typiques de la musique mondaine.
Cette tension traverse plusieurs pays d’Afrique francophone et anglophone, où le gospel occupe une place économique et symbolique importante, parfois convoitée pour son public fidèle plutôt que pour une conviction spirituelle sincère. La déclaration de Nathalie Makoma invite donc à regarder au-delà des étiquettes. Au Cameroun comme ailleurs sur le continent, le public est de plus en plus attentif à la cohérence entre le discours religieux affiché par un artiste et son comportement réel, sur scène comme dans la vie privée.
En clarifiant sa position sur les fétiches, la tenue vestimentaire et la musique mondaine, Nathalie Makoma referme un chapitre polémique de sa carrière. Sa sortie, au-delà de son cas personnel, relance un débat plus large sur l’authenticité des artistes se revendiquant du gospel, entre convictions affichées et pratiques réelles sur le continent africain.

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Eddy Senga








