Contacté par la rédaction de Laura Dave Média le 19 août 2026, BEBA BIKILA Franck Bartime, connu du public sous le nom d’El Toxico Contorsionniste, se livre sur son parcours artistique, de la danse à la contorsion, en passant par l’équilibre et la création de tendances. Entre les critiques de ses débuts, les heures d’entraînement et son utilisation des réseaux sociaux, l’artiste camerounais nourrit aujourd’hui de grandes ambitions pour sa discipline.
Derrière le nom d’El Toxico Contorsionniste se cache BEBA BIKILA Franck Bartime, un artiste camerounais qui a choisi de faire de son corps son principal moyen d’expression. Danseur, contorsionniste, équilibriste, danseur interprète et créateur de tendances, il s’est construit un univers à la croisée de plusieurs disciplines.
Pour comprendre le personnage, il faut d’abord comprendre son pseudonyme. « Derrière “El Toxico” se cache un gars du Cameroun, passionné, têtu et un peu fou », explique-t-il. Le terme « Toxico » renvoie à son addiction à l’adrénaline et au dépassement de soi. « Mon but c’est d’empoisonner les esprits… mais avec l’art », affirme-t-il.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
De la danse à la contorsion
Son histoire artistique commence pourtant avec la danse. Enfant, il danse partout : à l’école, dans la rue et à la maison. Cette passion va progressivement l’amener vers d’autres formes d’expression corporelle.
La découverte de la contorsion sur YouTube constitue un tournant. Face aux performances qu’il découvre, une question lui vient à l’esprit : « Et si mon corps pouvait raconter plus ? » Il commence alors à intégrer la contorsion à son univers, avant d’y ajouter l’équilibre et la création de tendances. « La danse a été la première. Les autres sont venues pour rendre la danse plus forte », résume-t-il.
« Ça, c’est pour le cirque » : les préjugés face à son choix
Le chemin n’a cependant pas été sans obstacles. Au début, son entourage ne comprend pas forcément son choix et certains tentent même de le dissuader. « On me disait : “ça, c’est pour le cirque”, “trouve un vrai travail” », raconte-t-il.
Mais une anecdote va particulièrement renforcer sa détermination. Lors de sa première performance de contorsion devant un public, la musique s’arrête soudainement en plein numéro. Plutôt que de paniquer, il décide de continuer malgré le silence.
« Au lieu de paniquer, j’ai continué en silence, juste avec mon corps. À la fin, les gens se sont levés », se souvient-il. Une expérience qui lui fait prendre conscience de la puissance de son art : « C’est là que j’ai compris que le corps parle même sans musique. »
Des heures de travail pour quelques secondes de performance
Derrière la souplesse et les figures spectaculaires visibles lors de ses prestations, se cache une préparation particulièrement exigeante. El Toxico consacre chaque jour plusieurs heures à son entraînement. « Échauffement 1h, étirements 2h, renforcement musculaire, équilibre sur les mains », détaille-t-il. Une routine à laquelle s’ajoutent des sacrifices dans sa vie quotidienne : dormir tôt, réduire les sorties, manger sainement et accepter la douleur nécessaire à la progression.
Pour lui, la performance ne doit toutefois jamais être réduite à une simple démonstration physique. Il part d’abord d’une émotion : la colère, l’amour ou la résilience.
« Chaque mouvement est un mot. Une torsion, c’est une douleur. Un équilibre, c’est l’espoir », explique-t-il. Son ambition est de créer une connexion avec le public : « Je ne danse pas juste pour montrer que je suis souple. Je danse pour que quelqu’un dans le public se dise : “c’est moi, ça”. »

Les réseaux sociaux, un tremplin vers le monde
Aujourd’hui, les réseaux sociaux occupent une place majeure dans son développement. Instagram et TikTok sont devenus de véritables scènes pour l’artiste. « Les réseaux c’est 80 % de mon travail aujourd’hui. Sans Insta, TikTok, je serais encore dans mon quartier », reconnaît-il.
Pour se démarquer, El Toxico mise sur des vidéos courtes, visuelles et surprenantes. Il investit des lieux inattendus, participe à des challenges et ajoute régulièrement une touche camerounaise à ses contenus.
Son objectif est de provoquer immédiatement la curiosité des internautes : « Je veux que quand les gens voient une vidéo d’El Toxico, ils s’arrêtent de scroller. »
Une discipline qui réclame encore plus de reconnaissance
Si le regard porté sur les artistes du corps commence à évoluer, El Toxico estime que la contorsion et les disciplines similaires doivent encore gagner en reconnaissance au Cameroun. « Avant, on nous prenait pour des clowns. Aujourd’hui, les jeunes commencent à respecter », observe-t-il. Pour aller plus loin, il estime nécessaire de développer les scènes, les formations et les partenariats avec des sponsors.
Il souhaite également que les familles comprennent que les arts du corps peuvent représenter une véritable carrière professionnelle. « On a besoin d’écoles d’arts du corps au Cameroun et de plus de visibilité à la télé », plaide-t-il.
Représenter le Cameroun et former la prochaine génération
El Toxico ne cache pas ses ambitions internationales. Il veut participer à des compétitions internationales sous les couleurs du Cameroun, se produire sur les grandes scènes africaines et poursuivre son expansion vers l’Europe, l’Amérique et le reste du monde.
Mais l’artiste pense également à l’après. Son projet est de créer El Toxico Academy, une école dédiée à la contorsion qui permettrait de former de nouveaux talents. « El Toxico ne veut pas juste être connu. Il veut inspirer », affirme-t-il.
Dans cinq ans, son objectif est clairement défini : « Je veux que quand on dit “contorsionniste africain”, le premier nom qui vient soit le mien. »
De la danse découverte pendant l’enfance aux ambitions internationales, BEBA BIKILA Franck Bartime veut désormais transformer son nom d’artiste en véritable référence et contribuer, à son échelle, à donner une place plus importante aux arts du corps dans l’industrie culturelle camerounaise.

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Benjamin NOAH










