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Princia Ntyam, 19 ans et déjà à la conquête des opportunités mondiales

À seulement 19 ans, l’entrepreneure camerounaise Princia Ntyam s’est déjà construit un parcours qui dépasse les frontières du Cameroun. Entre entrepreneuriat social, défense des droits des jeunes filles et accompagnement de la jeunesse africaine vers les opportunités internationales, la jeune camerounaise s’est ouverte le 18 Août 2026. Nommée parmi les 50 meilleurs élèves au monde en 2025, elle était la seule Camerounaise de ce classement. Derrière cette distinction se cache pourtant une histoire faite de questionnements, de doutes, de travail et surtout d’une volonté : prouver que les jeunes Africains ont leur place sur les grandes scènes internationales.

À 14 ans, une question devient un défi

Le parcours de Princia Ntyam commence très tôt. À 14 ans, elle découvre le volontariat et s’engage auprès de plusieurs organisations.
« J’ai commencé mon parcours à l’âge de quatorze ans en faisant du volontariat avec l’UNICEF Cameroun, le ministère de la Communication et Penasset. »
Mais c’est en observant les compétitions internationales destinées aux jeunes qu’une interrogation va progressivement devenir une ambition.
«Toute petite, je voyais des compétitions à la télévision, je voyais des jeunes petits blonds qui gagnaient, voyageaient gratuitement sur bourse. Je me demandais pourquoi il n’y a pas de Camerounais sur cette scène internationale. »
Cette question devient alors un véritable moteur.
« J’ai pris ça comme un défi à relever, en fait, de me positionner sur cette scène mondiale et je l’ai fait. »

Princia Ntyam, 19 ans et déjà à la conquête des opportunités mondiales

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Voir la précarité, puis décider d’agir

Son engagement prend également une dimension sociale. Sensibilisée aux difficultés auxquelles certains enfants sont confrontés, Princia Ntyam décide de créer sa propre fondation.
« Tu vois des enfants qui ne se nourrissent pas bien, qui manquent des choses basiques. C’est pour cela donc que j’ai fondé ma fondation Ascent Akihon Foundation, qui est là pour apporter des besoins aux gens qui sont les plus démunis. »
L’initiative s’appuie sur une équipe de bénévoles et plusieurs opérations destinées à soutenir les personnes vulnérables.
« Je travaille avec au moins trente bénévoles. Nous lançons des flyers, opération One Thousand Fans, Opération Support a Child. »
Au départ, elle finance elle-même une partie de ses activités.
« Surtout pendant la première année, ce sont mes économies que j’utilise. »

De son propre parcours à celui des autres jeunes Africains

Après plusieurs années d’apprentissage et d’expériences, Princia Ntyam décide de créer Renais Africa en 2025. L’objectif : permettre à davantage de jeunes camerounais et africains d’accéder aux opportunités internationales.
« En 2025, j’ai fondé Renais Africa, qui est une organisation qui aide les jeunes camerounais, les jeunes africains à accéder aux opportunités internationales. »
L’initiative a depuis pris une dimension continentale.
« Nous sommes dans dix pays africains et nous comptons plus de mille deux cents membres. »
Une responsabilité qu’elle estime avoir pu assumer grâce aux années consacrées à sa propre formation.
« Ça m’a pris cinq ans avant de fonder Renais Africa afin d’acquérir certaines compétences et avoir cette expérience qui me permet maintenant de gérer une équipe de près de cent personnes. »

À seulement 19 ans, l'entrepreneure camerounaise Princia Ntyam s’est déjà construit un parcours qui dépasse les frontières

Trop jeune pour être prise au sérieux ?

À 19 ans, porter des projets et solliciter des financements peut également exposer à certains préjugés. Princia raconte avoir été confrontée au regard de personnes qui doutaient de ses capacités en raison de son âge.
« Le premier défi serait le fait que beaucoup de personnes vont te mépriser quand tu vas aller présenter ton projet ou le financement. On se dit que tu n’es pas capable parce que tu ne peux pas donner le résultat qu’il désire. »
Face à ces doutes, elle a choisi de laisser les résultats parler à sa place.
« Ma façon de gérer ça, c’est vraiment de prouver au lieu de bavarder. »
Une philosophie qui contraste avec son parcours académique classique.
« Je n’ai que le bac et je n’ai même pas un diplôme en project management. »
Pourtant, son expérience et les formations suivies lui ont permis d’accumuler plusieurs certifications et de franchir une étape particulièrement symbolique.
« J’ai eu à recevoir les certificats des programmes à Oxford et Cambridge en project management business. J’ai été nommée parmi les cinquante meilleurs élèves au monde en 2025 et la seule Camerounaise sur le classement. »

Le doute derrière une reconnaissance mondiale

Être classée parmi les 50 meilleurs élèves au monde aurait pu sembler être une évidence au regard de son parcours. Pourtant, Princia confie avoir elle-même douté de sa légitimité.
« Déjà, moi, j’avais un peu honte de dire aux gens de me nominer pour un prix aussi grand comme le Global Student Prize. »
Elle ne pensait pas forcément mériter une telle reconnaissance.
« Je me disais que je ne mérite pas de faire partie des cinquante meilleurs élèves au monde. »
Une expérience qui lui a surtout permis de comprendre que les jeunes ont parfois tendance à minimiser leurs propres réalisations.
« On nous minimise vraiment les petites choses qu’on fait dans la communauté. »

La discipline plutôt que l’équilibre parfait

Entre les études, ses différentes initiatives et sa carrière, Princia Ntyam ne prétend pas avoir trouvé une formule parfaite.
« Il n’y a pas un équilibre parfait entre mes études et mes activités et ma carrière. »
Elle identifie toutefois une qualité qui lui permet de poursuivre ses différents objectifs.
« Mais j’aimerais dire qu’une chose qui me permet de faire les deux, c’est la discipline. »
Aux jeunes qui souhaitent s’engager mais ne savent pas comment commencer, elle conseille avant tout de chercher l’information et de multiplier les tentatives.
« Pour un jeune qui aimerait s’engager, mais ne sait pas par où commencer, déjà faire des recherches, parce que personne ne va finir de te sauver. »
Elle invite également la jeunesse à utiliser intelligemment les outils numériques disponibles.
« Faire de Google, ChatGPT, Gemini, votre meilleur allié, postuler quelque part, postuler. »

Dix mille jeunes dans le viseur

Princia Ntyam ne compte pas s’arrêter aux premières reconnaissances obtenues. Dans les prochaines années, elle nourrit déjà des ambitions internationales.
«Dans les cinq à dix prochaines années, je me vois sur la liste Forbes 30 Under 30, une jeune femme inspirante. »
Mais au-delà de son propre nom, son ambition se mesure surtout au nombre de jeunes qu’elle pourra accompagner.
« Et je me vois également impacter les dix mille jeunes que je me suis donné comme but. »
Car pour elle, la réussite prend une autre dimension lorsqu’elle produit des résultats chez les autres.
« Ça me fait tellement plaisir quand je vois des gens qui ont ce genre de résultat-là. »

À 19 ans, Princia Ntyam ne semble donc plus seulement chercher à décrocher une place sur la scène internationale. Elle veut désormais contribuer à y ouvrir davantage de places pour les autres jeunes Africains. Ouverte au micro de yoca Média.

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Muriel Yanga

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