À quelques jours de la Fête de la musique célébrée le 21 juin, la chantre gospel camerounaise Thenella a pris la parole lors d’un direct Facebook le 13 juin 2026. L’artiste a livré un message axé sur l’identité culturelle, la transmission et la nécessité pour les acteurs du gospel camerounais de valoriser leur propre patrimoine musical.
Une sortie placée sous le signe de la foi
C’est par la louange que Thenella a ouvert son direct Facebook. Dans une atmosphère de reconnaissance, la chantre a rappelé le sens de son engagement artistique et spirituel. « Ici Thenella, chantre, artiste gospel camerounaise et très fière de l’être par la grâce de Dieu », précisant que cette identité n’était pas une question d’orgueil mais une responsabilité. « Ce n’est pas un mérite, ce n’est pas une vantardise… c’est une grâce de pouvoir chanter pour Dieu et je suis reconnaissante pour ça ». Elle a ensuite salué les chorales, groupes de louange, ministres de Dieu et jeunes artistes qui participent au développement de la musique chrétienne au Cameroun.

📺𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Thenella veut préparer la nouvelle génération
Au cœur de son intervention, la chantre a insisté sur l’importance de la transmission.
Pour elle, la musique gospel ne doit pas être un espace où chacun cherche uniquement la visibilité. « On n’est pas là juste pour se faire voir. On est là parce que Dieu nous appelle aussi à préparer les générations futures à prendre le relais ». Ambassadrice et coach au sein de Mulema Gospel Talent, Thenella affirme vouloir contribuer à révéler les talents locaux. « Il n’y a pas de compétition là-dedans », a-t-elle insisté, ajoutant qu’il existe une place pour chaque personne appelée à servir dans le ministère.
Un parcours construit dans le service
Revenant sur son histoire, Thenella a expliqué avoir commencé son parcours musical en 2006. « J’étais une jeune chrétienne qui aspirait, mais je n’avais pas de plan pour devenir artiste. Tout ce que j’aimais, c’était chanter à l’église et diriger la louange ». Elle a évoqué les influences qui ont marqué son enfance, notamment des figures du gospel camerounais et international. Elle a également rappelé ses années comme choriste auprès de plusieurs artistes avant de se lancer dans sa propre carrière. « J’ai été choriste pendant 10 ans avant que Dieu ne me dise d’aller au studio en 2017 », a-t-elle confié. Pour elle, cette période d’apprentissage reste essentielle dans la construction d’un artiste.

« La culture, c’est ce qui reste quand un homme a tout perdu »
La question de l’identité culturelle a occupé une grande place dans son message. Thenella estime que la musique gospel camerounaise doit refléter les réalités du pays, ses rythmes et ses sensibilités. « La culture, c’est ce qui reste quand un homme a tout perdu. C’est ton âme ». De l’avis de l’artiste, chaque peuple possède une manière particulière d’exprimer sa foi. « Il y a une différence entre le Camerounais, le Congolais ou le Sud-Africain car chacun a grandi avec ses codes et sa culture », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté : « Dieu est content quand toutes les cultures le louent avec leur propre expressivité. »
Un appel à ne pas oublier les artistes camerounais
Pour illustrer son propos, Thenella a raconté l’anecdote d’un pasteur nigérian venu au Cameroun pour une conférence. Après avoir prêché, ce dernier aurait demandé à entendre un chant camerounais. Mais selon la chantre, la chorale aurait plutôt proposé un titre de Mercy Chinwo. « Le pasteur a dit : “Non, Mercy Chinwo c’est ma sœur, je la connais, je demande un chant de chez vous” ». Pour Thenella, cette situation révèle une perte de repères. « Ils ne connaissent pas “Cadeau Cadeau”, ils ne connaissent pas “Jésus même oh”. C’est une honte », a-t-elle regretté. Elle a également rejeté l’idée selon laquelle la musique gospel camerounaise serait absente des plateformes numériques. « Ne nous dites pas que la musique camerounaise n’est pas en ligne. Vous mentez ».

« Le chant, c’est le ministère, ce n’est pas le showbiz »
Dans la dernière partie de son direct, Thenella a dénoncé la recherche permanente du buzz au détriment du travail artistique. « Ce populisme, vouloir chanter ce qui fait le buzz sur les réseaux sociaux, n’est pas de Dieu ». Selon elle, certains artistes doivent accepter le temps de formation et de préparation. « Il y a une paresse qui nous habite. Vous ne voulez pas travailler, vous ne voulez pas apprendre ». La chantre a conclu en encourageant les artistes à rester authentiques : « Soyons nous-mêmes. Même si nous ne sommes pas encore suivis, soyons vrais. N’ayez pas honte de qui vous êtes. »
À l’approche de la Fête de la musique, Thenella appelle à un gospel camerounais enraciné dans sa culture et ouvert à la transmission. Son message : valoriser les talents locaux et construire un héritage musical durable.

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Benjamin NOAH








